SVM n°205 juin 2002
SVM n°205 juin 2002
  • Prix facial : 3,80 €

  • Parution : n°205 de juin 2002

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Excelsior Publications

  • Format : (204 x 280) mm

  • Nombre de pages : 200

  • Taille du fichier PDF : 160 Mo

  • Dans ce numéro : photo numérique... le bon déclic.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Images : Bill Gates sur un marché en or 1 Face aux exigences de rentabilité, les agences françaises ont dü se repositionner sur le marché des photos "people", notamment Sipa qui a signé un accord d'exclusivité avec "Loft Story". Corbis arrive juste derrière, avec un fonds de 68 millions d'images et un chiffre d'affaires de 116 millions d'euros en 2000, dont 15 millions via sa filiale française. Une base de photos constituée au fil de rachats successifs : la collection d'archives historiques américaine Bettman, le fonds de reportages des frères David et Peter Tumley et, côté illustrations, Digital Stock, Westlight et Sharpshooters. En 1999, Corbis affiche une croissance de 200% ! Le résultat, notamment, de l'acquisition de six agences françaises : Sygma (qui était à l'époque la première agence mondiale de photojournalisme, avec 40 millions de documents), Kipa, Tempsport (l'agence officielle du Comité olympique Les Drix des photos magazines Entre 400 et 500 € : c'est le prix moyen pour 100 photos "libres de droits" (c'est-à-dire achetées pour une somme forfaitaire et utilisables à souhait) stockées sur un CD-Rom. Entre 100 et 250 : une photo "libre de droits" achetée en ligne à l'unité. 80 SVM Juin 2002 français, des Fédérations de football, athlétisme, judo et sports de glace, avec 1,8 million de clichés sportifs), Saba, Outline et Stockmarket. Ce qui rappelle que la France a longtemps été l'un des bastions de la photographie avec, dans les années 70, les "trois A'(les agences de photojournalisme Sygma, Sipa et Gamma). Créées par des photographes soucieux de mettre en commun leur travail et de partager les problèmes de logistique (loyers, matériels, comptabilités...), ces agences se sont attachées à créer des fonds photographiques, à rassembler des documentalistes et des vendeurs. Mais les récentes acquisitions réalisées par les grands groupes internationaux mettent en lumière 1 525 € : l'abonnement mensuel à un stock d'images en ligne d'une grande agence, pour un usage illimité dans un magazine mensuel. Mais l'abonnement peut aller jusqu'à 15 245 € par mois pour une revue à diffusion hebdomadaire, avec offre de service personnalisé. la grave crise que traversent aujourd'hui les agences françaises de photo. La photo échappe aux photographes Gamma est passée dans le giron du groupe Hachette- Filipacchi, pour gonfler son pôle Hafimage devenu, au passage, la troisième banque mondiale d'images. Sipa ne vit que grâce aux capitaux du groupe pharmaceutique Fabre. Et, même si c'est la seule agence française à avoir gardé son fondateur en son sein, le célèbre photoreporter Gôksin Sipahioglu (seul photographe a avoir pénétré à Cuba pendant la crise de 1962 entre les Etats-Unis et l'URSS), elle a dû opérer un violent basculement éditorial, de l'ac- 380 € : prix moyen d'une journée de reportage commandée à un photographe, hors frais. 190 € : les droits à payer pour la republication d'une photographie achetée à 380 € à un photographe (traditionnellement, le magazine paie 50% du prix de la photo en droits de repasse). tualité vers le "people" (Sipa a, pour exemple, signé des exclusivités avec Loft Story et Star Acadamy)... Quant à Sygma, son rachat par Corbis a provoqué le licenciement de ses quarante-deux photojournalistes salariés... Franck Perrier, directeur général de Corbis France, explique : "D'abord, je précise que Corbis France continue de produire des photos. Mais dans un environnement concurrentiel fort, les photographes salariés avaient pris une place trop importante dans les agences. Du fait de leur coût salarial, du fait aussi qu'iLs cherchaient à vendre toujours plus leurs propres photos pour toucher des pourcentages, les agences s'étaient coupées des reportages venus de l'extérieur ! Aujourd'hui, nous ne travaillons certes plus avec des salariés, mais avec près de 1000 journalistes indépendants, à qui nous passons des commandes pour des missions précises, et ça marche très bien ! " En attendant, le message a du mal à passer auprès des photojournalistes de Sygma mis à la porte. Dix-sept d'entre eux ont édité un hors-série, Photojournalisme, une mort annoncée. Le premier tirage fut épuisé en quelques jours. Henri Cartier-Bresson le préface ainsi : "La compilation d'une banque d'images, aussi fournie qu'elle soit, n'égalera jamais un travail d'auteur". Globalement, la profession s'indigne de voir les agences reprises par des gestionnaires, leur reprochent de ne rien savoir du métier et de balayer la dimension journalistique à coups de ratios financiers. Plusieurs causes expliquent la débâcle qu'ont connue les "trois A'. D'abord un affaiblissement du secteur presse (avec une baisse de 15 à 40% des pages publicitaires dans la presse mondiale). Ensuite, une concurrence nouvelle autour de l'actualité "chaude", due à la puissance financière
des agences dites filaires (telles que l'AFP, Reuters, Associated Press...) et des chaînes de télévision. Autre facteur de crise, le coût du passage à la photographie numérique : investir dans les réseaux, les serveurs, les transmissions, le stockage, le traitement, le matériel, obsolète au bout de deux ans... nécessite au moins la surface financière d'un Corbis. "Dans les nouvelles technologies, il n'y a pas de secret : soit tu grossis, soit tu es racheté ! ", entend-on d'ailleurs régulièrement dans le milieu. L'objectif : arriver à une taille critique, c'est-à-dire être propriétaire d'un fonds suffisamment volumineux pour proposer suffisamment de choix et d'originalité aux clients (et donc les fidéliser) et s'assurer un retour rapide sur investissement. Et ça change tout. Nouvelle gestion de l'entreprise, nouvelle culture, nouveaux systèmes de production et de distribution. "C'est très important ça, explique Franck Perrier. Pour rentabiliser les investissements, il faut s'assurer une distribution mondiale. Nos photographes doivent être représentés sur tous les plus gros marchés du monde, et cela systématiquement." Corbis a ainsi installé cinq bureaux, dans les cinq pays les plus consommateurs d'images, dans l'ordre : les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne, l'Angleterre et la France. L'image comme produit de masse Emmanuel Prat, fondateur de PR Direct (propriétaire du portail librededroits.com et de l'agence de photojournalisme Globalphoto), est entré sur le marché en 1994 : "On est en train d'industrialiser le métier pour faire de l'image un produit de masse. L'automatisation, le volume, nous permettent de baisser les prix, d'intéresser de plus en plus de clientèles. De plus, Interrzet est un canal de distribution idéal pour la photo, simple et efficace : on cherche l'image sur le site, on l'évalue à l'écran, on la paye en ligne, on la télécharge en quelques clics et on peut même la retravailler sur son ordinateur ! " Chez Corbis aussi, la numérisation est devenue une priorité straté- gigue : déjà 3 millions d'images des fonds Corbis sont numérisées, dont 1,2 million d'images françaises. La présidente marketing et produit du groupe promet de numériser en 2002 "plus d'images que les concurrents". Dans ce but, le groupe a mis en place une plate-forme de distribution de photos en ligne, Corbis Newsroom, qui regroupe aujourd'hui l'ensemble des productions. Déjà, le marché répond : une photo commandée sur deux a d'abord été repérée sur un portail Web, et chez Corbis France, 50 grands clients ont choisi de s'abonner au portail de l'agence. La numérisation, d'abord à travers la commercialisation de photos sur support CD- Rom, et maintenant via le Web, a développé aussi un nouveau créneau de consommation : le "libre de droits", qui permet à un acheteur de s'acquitter d'une somme forfaitaire pour une utilisation totalement libre. Alors que, tra- ditionnellement, les images se payent à l'achat et que, pour chaque réutilisation, il faut demander l'autorisation de l'auteur et s'acquitter des droits. "A elles seules, les images libres de droits représentent un marché de 222 millions d'euros", s'enthousiasme Emmanuel Prat. Son portail rassemble, à ce jour, 300 000 photos numérisées libres de droits, venues de différents fonds. Corbis, pour sa part, réalise près de 10% de son chiffre d'affaires avec la vente de photos "libres de droits". Reste un autre gros chantier, auquel ont commencé à s'atteler les banques d'images : numériser leurs archives argentiques. Mais, même si les ambitions sont aussi grandes que le laisse entendre la directrice marketing de Corbis, toutes les photos n'auront pas cette chance. Ne seront numérisées que celles qui ont les atouts pour être vendues plusieurs fois. Ainsi, certaines seront jetées dans les poubelles de l'Histoire, faute de promettre un retour sur investissement suffisant. Quand d'autres se verront cantonnées à des marchés marginaux. Les numérisables, on le devine aisément, sont celles dont le succès est "Internet est un canal de distribution idéal pour la photo : on cherche l'image sur le site, on l'évalue à l'écran, on la paye en ligne, on la télécharge en quelques clics, et on peut même la retravailler sur son ordinateur ! " Emmanuel Prat déjà acquis : photos "people" et de pubs en tête. Quelles seront les conséquences sur le travail même des photojoumalistes ? Vontils désormais privilégier le cliché qui vend à celui qui informe ? Et si cela était, qui pourrait alors leur en vouloir ? Delphine Sabattier Les images d'archive, aussi belles soient-elles, risquent d'être vouées à l'oubli si leur impact auprès du grand public s'avère trop faible. -)nn,) Qum R1



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