SVM n°19 jui/aoû 1985
SVM n°19 jui/aoû 1985
  • Prix facial : 16 F

  • Parution : n°19 de jui/aoû 1985

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Excelsior Publications

  • Format : (203 x 280) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 200 Mo

  • Dans ce numéro : la micro-informatique expliquée par Bill Gates, le pape du logiciel.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 26 - 27  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
26 27
plus graphiques possible, afin que ses logiciels pour Macintosh se vendent aussi, une fois adaptés, aux possesseurs d'IBM. Personne n'a très bien compris la signification de l'accord que vous avez signé avec ATT sur Unix. Pouvez-vous nous éclairer là-dessus ? Vous touchez là un point important. Cela fait cinq ans que nous nous intéressons à Unix par l'intermédiaire de notre produit Xenix. Nous pensions qu'il existait une demande sur le marché pour des systèmes multi-utilisateurs comportant les caractéristiques d'Unix. Nous avons donc fait Xenix pour les microordinateurs. 70% des systèmes Unix vendus sont des systèmes Xenix. De son côté, ATT a apporté un certain nombre de modifications à Unix. Les gens n'ont pas bien compris que Xenix serait toujours un sur-ensemble d'Unix, et qu'il refièterait tous les changements apportés à Unix. L'accord avec ATT contient deux choses. D'abord, il dit que Xenix System V est un sur-ensemble d'Unix System V, compatible à 100% avec Unix System V. Ensuite, ATT adaptera Xenix à son micro-ordinateur 6300, ce qui est un engagement de poids. Le nouvel écran très haute définition et la carte graphique EGA donnent enfin à l'IBM PC un graphisme de haut niveau. Ils ont annoncé en même temps MS-NET pour leurs machines MS-DOS, et Multiplan et Word pour leurs machines Unix. Nous faisons beaucoup de choses ensemble. Notre marchepied : Unix est un système d'exploitation créé par ATT pour des miniordinateurs, à usage scientifique et universitaire. Il est beaucoup plus lourd et complexe que ses équivalents conçus pour les micros. Le 6300 d'ATT n'est autre que le M 24, un compatible IBM fabriqué par Olivetti, allié à ATT. MS-NET est le logiciel de réseau de Microsoft. Notre commentaire : Il y avait jusqu'ici de nombreuses versions d'Unix, toutes différentes. Cet accord unifie les principales, Xenix de Microsoft et System V d'ATT. Les avis sont très partagés sur l'avenir d'Unix sur les micro-ordinateurs. Cela fait longtemps qu'on lui prédit un futur brillant, qui ne vient toujours pas. Pensez-vous qu'Unix pourrait être, un jour, le système d'exploitation dominant pour les micro-ordinateurs ?. Certainement pas. MS-DOS sera encore longtemps le système d'exploitation dominant pour les micros. Xenix jouera un rôle très important sur certaines portions du marché. Mais la création de logiciels, l'innovation pour les stations de travail de bureau individuelles se feront autour de MS-DOS. Le rôle de Xenix sera confiné aux systèmes multi-utilisateurs, ou aux utilisateurs qui travaillent aussi sur de gros ordinateurs sous Unix. Nous prévoyons une forte croissance du marché de Xenix l'année prochaine, gràce à l'apparition d'ordinateurs basés sur le microprocesseur 80286 d'Intel. Mais il n'approchera jamais, et de loin, l'ampleur du marché de MS-DOS. Regardez ATT ! Ce sont eux qui ont créé Unix. Or, quel a été leur premier micro ? Le 6300, une machine MS-DOS. Voilà l'aveu éclatant, de la part de la société qui a inventé Unix, que c'est MS- DOS, aujourd'hui, qui est le système d'exploi- tation prédominant pour les stations de travail. Et cela, alors même que certaines fonctionnalités, en cours de développement, ne sont pas encore disponibles. MS-DOS ne possède pas encore de version multitâche, par exemple. Quant au réseau, il n'est sorti que depuis trois mois. Notre marchepied : Les partisans d'Unix apprécient sa puissance et son caractère multitâche ; ses adversaires le trouvent trop• informatique » et déplorent la rareté des logiciels. Avec le processeur 80286, Bill Gates fait allusion à l'IBM PC-AT et aux compatibles qui apparaissent dans son sillage. Station de travail désigne, ici, un t micro dans une entreprise capable d'être/connecté à un ordinateur central. (Notre commentaire : Le verdict est 1 sans équivoque : Unix restera marginal. Quittons les produits particuliers pour parler du futur. Quelles seront, selon vous, les grandes directions de la L'Unix PC d'ATT emploie le système d'exploitation Unix System V. recherche pour les logiciels de demain ? L'intelligence artificielle, par exemple, peut-elle vraiment avoir des applications pratiques sur un micro-ordinateur ? Absolument. Mais nous n'employons pas le terme d'intelligence artificielle. Nous parlons de » softer software » (logiciel plus adaptable, plus intelligent). Un logiciel intelligent apprend au fur et à mesure de son utilisation. Il comprend vos habitudes de travail, et après une période de rodage, il est beaucoup plus efficace. C'est exactement comme si vous embauchiez une nouvelle secrétaire. Le premier jour, elle ne comprend pas vos habitudes de classement, elle ne sait pas si tel de vos clients doit être traité avec des égards particuliers, elle est incapable de rattraper des erreurs que vous faites. Mais après un an de travail commun, son efficacité devient extraordinaire. Quelques notes griffonnées sur un bout de papier lui suffisent pour reconstituer une lettre. Vous lui dites : » Monsieur Machin est aussi important que Monsieur Truc et elle sait tout de suite dans quel restaurant elle doit réserver pour le déjeuner. Les micros d'aujourd'hui sont aussi bêtes le premier jour où vous les utilisez que cinq ans plus tard. Nous utiliserons des techniques d'intelligence artificielle pour créer nos logiciels intelligents. Mais nous évitons de parler d'intelligence artificielle, car bien que les techniques d'apprentissage utilisées soient les mêmes, on ne peut sérieusement envisager aujourd'hui de disposer sur ordinateur du genre de base de connaissances dont un homme dispose, même sur un système à disque dur. Nous nous fixons des objectifs fondamentaux. Il y a trois ans, c'était la transition des ordinateurs 8 bits à ceux de 16 bits. Aujourd'hui, ce sont les réseaux et le graphisme. Demain, ce sera le logiciel intelligent. Avant de fonder Microsoft, je faisais des recherches en intelligence artificielle. Aujourd'hui, je peux reprendre les directions de recherche que j'avais alors et les mettre en application. Le logiciel intelligent est l'une de ces recherches qui me passionne le plus, et j'y consacre une part significative de mon temps. J'ai bon 26 SCIENCE & VIE MICRO N » 19 - JUILLET-AOÛT 1985
espoir que d'ici deux ou trois ans, nous pourrons en faire l'une des caractéristiques fondamentales des logiciels que nous vendrons. Notre marchepied : Les disques durs peuvent stocker bien davantage de données que des disquettes ; mais cela reste dérisoire par rapport à l'expérience d'un homme. Notre commentaire : Bill Gates avait déjà annoncé ses recherches sur le logiciel intelligent au Comdex de novembre 1983 à Las Vegas (mais il n'a forgé l'expression softer software » que plus tard). A l'époque, il espérait parvenir à des produits commerciaux dès 1984. Participez-vous vous-même à l'écriture des logiciels chez Microsoft, ou vous cantonnez-vous à des tâches de direction ? J'ai écrit une bonne partie du Basic Microsoft. Les trois premières années de l'entreprise, je crois bien avoir écrit la moitié des lignes de programme que nous avons réalisées. Il y a deux ans et demi, j'ai écrit une partie des logiciels du portable de Tandy, le TRS 80 modèle 100. C'est la dernière fois que j'ai dit : « Laissez-moi faire, c'est moi qui vais l'écrire, revenez me voir demain matin.. Et personne n'est passé derrière, parce que c'était mon code à moi. Aujourd'hui, je passe beaucoup de temps à relire le code des autres et à revoir leurs projets. Je surveille aussi de très près les caractéristiques des logiciels et les algorithmes pour voir, par exemple, si on ne peut pas accélérer les calculs dans Multiplan, ou l'affichage des mots dans Word. J'ai un président, Jon Shirley, qui a travaillé 25 ans chez Tandy. C'est lui qui dirige les opérations au jour le jour, et tous les viceprésidents sont sous ses ordres. Moi, je n'ai qu'un groupe de prévision et un groupe de recherche directement sous mes ordres. Notre commentaire : Bill Gates fait partie de cette catégorie de capitaines d'industrie, dans la micro-informatique, qui ont fondé leur entreprise grâce à leur génie de techniciens. Aujourd'hui, se trouvant à la tête de puissantes sociétés, ils mettent souvent encore les mains dans les circuits ou les lignes de programmes. Aujourd'hui, les catégories de logiciels semblent figées : on n'arrive pas à sortir des éternels traitements de texte, tableurs, bases de données... Voyezvous venir de nouveaux types de logiciels, en dehors des logiciels intelligents dont nous parlions tout à l'heure ? D'abord, les catégories dont vous parlez ne sont, pas si ennuyeuses que cela. Voyez Excel ; voyez comme nous avons rendu amusant le travail sur les chiffres. Avec les tableurs d'aujourd'hui, il est si facile de perdre des données, il est si difficile de savoir comment démarrer, comment créer des formules, comment éviter des séquences de touches répétitives... Il y a encore une marge incroyable de créativité pour les auteurs de tableurs. Voyez les traitements de texte : là aussi, il y a une marge d'innovation avec les feuilles de style, ou, bientôt, les tables des matières dynamiques, l'inclusion de schémas dans les textes... Cela dit, je crois que d'autres sociétés inventeront des catégories entièrement nouvelles. Mais on en revient toujours au fait que dans un bureau, la plupart des tâches se résument soit à un travail sur les chiffres, soit à un travail sur les mots. Je crois que le plus gros marché sera celui des logiciels centrés autour de ces deux notions. Notre marchepied : Les. feuilles de style « sont une fonction du traitement de texte Word, de Microsoft : des fiches sur mesure rassemblent tous les attributs d'un type de texte : caractère utilisé, position des titres, en-tête... Il suffit d'appeler la feuille de style « note de service «, par exemple, pour obtenir d'un seul coup la présentation désirée. Les tables des matières dynamiques se retrouvent sur les logiciels Thinktank et Framework : le logiciel est commandé par un squelette de titres, sous-titres, sous-sous-titres, etc, chacun d'eux étant lié à un document qu'on peut faire apparaître ou disparaître à volonté. Vous opposez la notion de logiciels intégrés promue par certains de vos concurrents, comme Lotus avec Jazz, à votre propre approche avec Excel. Vous parlez à ce sujet de logiciels qui fonctionnent en profondeur. Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est une notion fondamentale dans la stratégie de Microsoft. Celui qui s'appréte à écrire un logiciel doit répondre à une question préli- é File [Mt Gallery Chari Format Macro Window mifflaidavp Ead.f abeath I S 148.44 2 145 11 3 141 74 4 138 33 5 134 88 S 280.30 283 63 287 00 290 41 2e.7. S 12,219.70 11,936 07 11,649 07 11..358 E.E. 11 u:.481 So much for deduchores A• nopal Le logiciel Excel de Microsoft peut traduire en graphique les chiffres de son tableur. minaire : doit-il écrire une application qui fait tout, c'est-à-dire une application intégrée, ou une application plus pointue ? Ceux qui choisissent l'intégration font un produit unique qui peut manipuler aussi bien des mots, que des nombres ou des bases de données. Mais, pour un ordinateur d'une génération donnée, vous avez toujours des ressources limitées : le stockage sur disque est limité, la mémoire interne est limitée, et l'épaisseur du manuel ne peut excéder certaines limites. Donc, ceux qui suivent trois chemins à la fois sont obligés de faire des compromis importants : le traitement de texte ne sera pas très bon, le tableur ne sera pas très bon, et la base de données ne sera pas très bonne. Nous avons observé les travailleurs dans les bureaux. Nous nous sommes aperçus que lorsqu'ils manipulaient des nombres, ils voulaient le meilleur tableur possible ; et quand ils manipulaient des mots, ils voulaient le meilleur traitement de texte possible. Méme si vous travaillez dans les deux domaines, si vous avez un poste dans une entreprise, vous prenez votre travail très au sérieux, et vous exigez de pouvoir tirer le maximum de votre ordinateur. La philosophie d'Excel, et de toutes nos applications futures, est ce que nous appelons la profondeur. Nous ne ferons pas de logiciel fourre-tout, tout en un. Regardez le marché américain : il a plébiscité un tableur spécialisé au détriment d'un logiciel fourre-tout. Lotus pensait que Symphony se vendrait mieux que 1-2-3 ; en réalité, 1-2-3 se vend quatre fois plus que Symphony 1 Jadis, il y avait trois raisons de faire un logiciel intégré : une interface-utilisateur commune, des possibilités d'échange de données, et une exécution simultanée. Avec un produit fourretout, vous pouviez vous assurer que chaque module aurait la même interface, qu'il pourrait échanger des données avec les autres, et que vous pourriez passer d'une application à l'autre d'une simple touche. Nos activités avec les logiciels systèmes et avec le Macintosh nous ont amenés à décider que ces fonc- 4, tions ne devaient pas être fournies par le logiciel d'application, mais par le logiciel système, sans compromis. Regardez le Macintosh : il possède bien une interface-utilisateur commune à toutes les applications, une superbe fonction d'échange de données, et maintenant, avec ce programme appelé Switcher, on peut passer d'une application à l'au- SCIENCE & VIE MICRO N°19 -JUILLET-AOÛT 1985 27



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 1SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 2-3SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 4-5SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 6-7SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 8-9SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 10-11SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 12-13SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 14-15SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 16-17SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 18-19SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 20-21SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 22-23SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 24-25SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 26-27SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 28-29SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 30-31SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 32-33SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 34-35SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 36-37SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 38-39SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 40-41SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 42-43SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 44-45SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 46-47SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 48-49SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 50-51SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 52-53SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 54-55SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 56-57SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 58-59SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 60-61SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 62-63SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 64-65SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 66-67SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 68-69SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 70-71SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 72-73SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 74-75SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 76-77SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 78-79SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 80-81SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 82-83SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 84-85SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 86-87SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 88-89SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 90-91SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 92-93SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 94-95SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 96-97SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 98-99SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 100-101SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 102-103SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 104-105SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 106-107SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 108-109SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 110-111SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 112-113SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 114-115SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 116-117SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 118-119SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 120-121SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 122-123SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 124-125SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 126-127SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 128-129SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 130-131SVM numéro 19 jui/aoû 1985 Page 132