SVM n°18 juin 1985
SVM n°18 juin 1985
  • Prix facial : 16 F

  • Parution : n°18 de juin 1985

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Excelsior Publications

  • Format : (203 x 280) mm

  • Nombre de pages : 188

  • Taille du fichier PDF : 195 Mo

  • Dans ce numéro : l'amour par Minitel / l'Amstrad CPC 664 enfin un ordinateur à prix réaliste.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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C'est pourquoi les fabricants doivent faire attention, non seulement au matériel de production, mais aussi aux employés qui les utilisent. La taille du marché mondial des mémoires à semi-conducteurs est de dix milliards de dollars par an. Le prix moyen d'un bit (la plus petite unité de mémoire) est 10-4 dollars (un dixième de centime). Le nombre de bits produits chaque année est de 1014. Pour comprendre ce que ça veut dire, il faut se souvenir que le cerveau humain possède 1014 synapses, ou jonctions nerveuses. Bien sûr, il y en a plus ou moins selon les individus ! Ainsi, chaque année, on ne produit dans le monde entier, en semi-conducteurs, que l'équivalent d'un cerveau humain. Le bon Dieu, lui, produit ces 1014 synapses sans avoir de main-d'oeuvre qualifiée à sa disposition ! SVM : Comment s'est élaborée la conception des puces VLSI ? Dr Hellemeir : Vers la moitié des années 60, on concevait des ordinateurs et des puces qui n'avaient qu'un niveau moyen d'intégration, avec quelques centaines de transistors. Concevoir une puce à cette époque était aussi compliqué que de dresser la carte d'un arrondissement de Paris. Avec les microprocesseurs d'aujourd'hui, ça n'est plus seulement un arrondissement de Paris, c'est la métropole toute entière ! L'élaboration de puces d'une capacité d'un mégabit relève de la technologie du micron : une tàche aussi complexe que la cartographie d'une capitale d'Europe de l'ouest. Que l'on poursuive vers la technologie du quart de micron (ce qui semble être la limite pour les circuits intégrés en silicium) et cela deviendra aussi laborieux que de dresser la carte des rues d'une zone plus grande que le continent européen. C'est là que résident les défis architecturaux de la VLSI. Un microprocesseur aussi perfectionné que le Texas Instruments Tl 32000 est composé à 70% d'interconnexions. La plupart des puces sont reliées entre elles par du fil électrique. Voilà la difficulté. On est par conséquent obligé, à l'époque de la VLSI, de développer une nouvelle discipline : celle des interconnexions, puisque c'est la partie la plus complexe dans la conception des puces électroniques. Un produit tel que notre mémoire vive statique (S-RAM), de 64 K-bits met en oeuvre une technologie de 1,25 micron. En 1986, avec la sortie sur le marché de notre mémoire vive dynamique (D-RAM) d'une capacité d'un million de bits (sur lequel nous travaillons avec acharnement), la taille minimale sera le micron. SVM : Cette tendance à la miniaturisation se poursuivra-t-elle au XXle siècle ? Dr Heilemeir : Non, en tout cas pas sur la base actuelle de la technologie du silicium. Il existe des limites fondamentales : on ne fera pas de circuits intégrés en silicium d'une dimension inférieure au micron. En utilisant de nouvelles technologies et de nouveaux matériaux, la limite sera-t-elle un quart ou un tiers de micron ? Tout le monde n'est pas d'accord sur ce point. Mais la barre se situe dans cette zone-là. On en prend le chemin depuis 1970. En 1990, on en sera à 0,25 micron. A ce moment-là, il devra y avoir une rupture. Actuellement, nous recherchons très activement ce qui succédera au silicium et aux puces électroniques. Outre l'évolution des procédés technologiques, il y aura forcément une révolution dans la façon de concevoir les circuits, car la miniaturisation a eu pour effet d'abaisser le seuil du défaut de construction tolérable. SVM : A quoi serviront ces puces ayant chacune des centaines de milliers de transistors ? Dr Heilemeir : L'homme disposera de ca- Les nouveaux circuits sont créés à l'aide de systèmes experts. pacités informatiques de plus en plus grandes. Elles augmentent chaque année de 44 °/0. Au début des années 50, presque toute la capacité d'un ordinateur était utilisée à traiter des chiffres. Aujourd'hui, elle est de plus en plus utilisée à simplifier des problèmes d'interface. Vers 1990, 15% seulement des capacités de chaque machine serviront à faire des calculs. Le reste sera consacré à simplifier l'interface avec l'ordinateur. La technologie qui permet d'en arriver là est la VLSI associée à l'intelligence artificielle. Ce qui nécessite l'existence de puces de près d'un demi-million de transistors dans l'unité centrale dé traitement et une mémoire de grande capacité. L'industrie du semi-conducteur a crû de manière exponentielle, ces vingt dernières années. Imaginez ce que serait l'industrie automobile aujourd'hui si elle avait connu une progression identique, tant en ce qui concerne la technologie que les coûts : une Rolls-Royce coûterait moins de 30 F. Elle pourrait parcourir un million de kilomètres avec un litre d'essence, et développerait suffisamment de puissance pour entrainer le paquebot Queen Eliszabeth II. Aucun problème de parking puisque six de ces Rolls-Royce tiendraient sur la tète d'une aiguille ! SVM : Et pour celui qui utilise l'informatique, que va changer cette innovation dans l'industrie des semi-conducteurs ? Dr Heilemeir : La VLSI signifie une ère d'abondance informatique. Avec des ordinateurs qui s'adapteront à l'utilisateur. Tous les systèmes actuels exigent un apprentissage. Dans le futur, c'est le système qui s'adaptera aux capacités de l'utilisateur, et non l'inverse. L'intelligence artificielle constitue un second souffle pour l'informatique. Tout a commencé dans mon collège, à l'université de Pennsylvanie, ou a été construite en 1945 la première calculatrice électronique. On en avait besoin pour effectuer des calculs techniques. Les années 60 ont été marquées par une vague d'intérêt pour tout ce qui permettait d'améliorer la productivité de la machine. D'où le système IBM 360. Maintenant, on assiste à un retour en force de la productivité du travailleur. Le véritable point de départ sera signalé par l'apparition sur le marché du premier microprocesseur à hautes performances et à prix modéré ayant un logiciel stable. C'est l'objet de la nouvelle machine Explorer de Texas développe des microprocesseurs qui intégreront un langage d'intelligence artificielle. Ils remplaceront des centaines de circuits intégrés actuels. 64 SCIENCE & VIE MICRO N°18 -JUIN 1985
Texas Instruments. Améliorer l'efficacité des gens ou améliorer leur rentabilité sont deux choses très différentes. Pour améliorer l'efficacité, il faut concentrer ses efforts sur des taches répétitives : traitement de texte, enregistrement comptable, classement. Améliorer la rentabilité de quelqu'un est une autre affaire. Cela concerne des taches qui ne sont pas seulement répétitives mais aussi ambiguês, complexes et incertaines. Il faut maitriser des actions telles que : la décision de faire ou d'acheter, la rédaction de contrats, les conseils d'entretien, la politique et l'administration, l'analyse d'investissement et de prise de décision. Un exemple : la décision du préteur d'accorder ou non un prêt à un individu. L'intelligence artificielle permet d'améliorer la rentabilité, tandis que l'informatique n'a qu'un effet général sur l'efficacité. Adapter l'homme à la machine est le but de l'intelligence artificielle. L'homme est doué pour ce qui est d'assimiler les modèles, de les généraliser ou de les mettre en pratique avec une certaine dose d'originalité. Il lui arrive même parfois de savoir tirer profit de son expérience ! Il sait bien improviser et exercer son jugement (qu'il soit bon ou mauvais). Il a une excellente mémoire sélective et s'adapte très bien aux situations inattendues. Les machines, elles, sont dans leur élément dès qu'il s'agit d'opérations répétitives. Elles Le système Explorer participe à l'analyse et aide à l'élaboration de programmes trop complexes pour être structurés. donnent des réponses rapides en laissant tomber les éléments extérieurs. Les machines sont sensibles à des impulsions qui sont hors de portée d'un ètre humain. Elles peuvent diriger des opérations avec une grande précision. Et elles sont parfaites dès qu'il s'agit d'assimiler ou de restituer une grosse quantité d'informations. Conjuguer les talents de l'homme et de la machine est précisemment la fonction de l'intelligence artificielle. SVM : Comment définiriez-vous simplement l'intelligence artificielle ? Dr Heilemeir : En tant que science, l'intelligence artificielle s'intéresse à la compréhension des mécanismes de l'intelligence. Dans le monde de la technique, l'intelligence artificielle signifie la construction de systèmes pré- INSTRUMENTS sentant un comportement intelligent. Roger Bate, un ancien directeur du laboratoire de recherche informatique de Texas Instruments à Dallas, l'a défini comme étant toutes les choses intelligentes que l'on pourrait faire avec un ordinateur mais qu'on n'a pas encore faites. SVM : En quoi un ordinateur traditionnel et un système d'intelligence artificielle fonctionnent-ils différemment ? Dr Heilemeir : L'ordinateur conventionnel fait ce qu'on lui dit de faire et donne des réponses que l'utilisateur estime correctes. Mais on ne peut pas analyser sa décision et en déduire ses motivations. En règle générale, l'investigation n'est pas possible. En revanche, on peut construire des systèmes d'intelli- Knowledge base Individuel Retirement Account Investments Can you answer some technical questions about business, economic activity, and the stock market ? Why this question is needed : Whether you are familiar with business, economic, and stock market technical ternis needed to determine if the time is right to buy stocks RULE032 IF : 1) the out look for interest rates for the next six months is DOWN, and 2) you are familiar with business, economic, and stock market technical terms, and 3) the monetary policy of the Federal Reserve Board is bullish for the stock market THEN : There is strongly suggestive evidence (775) that the time is right to buy stocks end press RETURN Up Down CF Unknown Why How Help - Stop F1 F2 F3 F4 F5 F6 F7 F8 F9 F10 ESC Un écran d'un système expert en économie développé avec le logiciel Personal Consultant de Texas. Le système teste le degré de connaissance de l'utilisateur. gente artificielle (tels que le logiciel Personal Consultant de Texas Instruments) qui justifient leurs décisions. Si vous demandez au système la raison pour laquelle il a décidé d'accorder un prêt à quelqu'un, il vous dira : • Etant donné les paramètres suivants et la description que vous m'avez faite de l'individu, j'ai choisi en connaissance de cause•. Autre aspect de l'intelligence artificielle : la façon dont les décisions sont prises. Les informations réellement nécessaires pour résoudre un problème évoluent dans le temps au fur et à mesure que des données nouvelles parviennent au système. Dans un système conventionnel, si la quantité d'informations est inférieure à un seuil défini, vous n'obtenez rien. C'est ce qui caractérise l'informatique d'aujourd'hui. Avec l'intelligence artificielle, les réponses vous parviennent immédiatement. Et elles évoluent en fonction de la quantité d'informations disponibles. Un être humain prend ses décisions exactement de la même façon. SVM : Quelle est la place des systèmes experts dans le royaume de l'intelligence artificielle ? Dr Heilemeir : De tels systèmes permettent de• capturer• la connaissance d'un expert dans un domaine particulier et de la restituer au commun des mortels. Un système expert est particulièrement adapté pour répondre aux questions du type : • si donc Vous fournissez au système une série de faits et, puisant dans les connaissances de l'expert, il vous sort ses conclusions. Prenez par exemple un garagiste. Aux Etats- Unis, il est très difficile d'en trouver un qui s'y connaisse. Ce qui ne les empêche pas de vous présenter une note salée. Vous conduisez votre voiture au garage parce qu'elle marche mal. 5 000 F plus tard, et avec un peu de chance, vous la récupérez dans un état... un peu moins mauvais. Un système expert remplacerait avantageusement ce garagiste inex- périmenté. Il lui suffit de demander : • Quand les bougies ont-elles été changées pour la dernière fois ? A quand remonte la dernière analyse des gaz d'échappement, et quel taux de carbone a-t-on trouvé ? Quelle est votre consommation, et quelle sorte de voiture est-ce ? • Si le garagiste lui fournit les réponses, le système conclura : • Commencez par remplacer les bougies ! • S'il lui donne plus de renseignements, il ajoutera peut-être : • Changez le carburateur dans la foulée•. SVM : Quels développements pouvonsnous attendre de l'intelligence artificielle dans les prochaines années ? Dr Heilemeir : En 1834, Lord Melbourne, homme d'Etat britannique, déclarait : • Tout ce que les sages prédisent n'arrive jamais, et tout ce que les idiots prévoient se produit toujours De ces deux assertions, je ne sais pas vraiment laquelle est la bonne. Mais je peux vous affirmer, en tout cas, que d'intéressants développements se préparent chez Texas Instruments. Et ils se produiront. Propos recueillis par Jack GEE SCIENCE & VIE MICRO N°18 JUIN 1985 65



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