SVM n°15 mars 1985
SVM n°15 mars 1985
  • Prix facial : 16 F

  • Parution : n°15 de mars 1985

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Excelsior Publications

  • Format : (206 x 283) mm

  • Nombre de pages : 156

  • Taille du fichier PDF : 151 Mo

  • Dans ce numéro : rencotre avec des génies... Clive Sinclair, Bill Gates, Chuck Peddle, Steve Wozniak, Thomas Kurtz.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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formatique personnelle. Il souligne combien son rôle a été différent de celui de SteveJobs, l'autre co-fondateur dApple. "Je savais quel ordinateur je voulais utiliser. Tout ce dont j'avais besoin, c'était d'une console vidéo et un clavier. Je me fichais de leur aspect. Steve, lui, avait des idées sur les produits et sur la manière dont on les vendrait un jour à grande échelle : Bien que Stevedonne l'impression de savoir ce qu'il veut et d'être bien informé en micro-informatique, il continue d'apprendre beaucoup sur les besoins futurs en assistant à des réunions d'usagers et en y payant fréquemment de sa personne. "Ces dernières années, j'ai donné des micros à une douzaine d'amis. Je les ai aidés à démarrer et je leur ai enseigné la manière de s'en servir jusqu'à ce qu'ils sachent écrire des programmes'utiles. : Il pense ainsi que les orientations actuelles dApple concernant le matériel sont parfaitement adaptées aux utilisateurs qui abordent la micro-informatique pour la première fois. L'Apple Ilc et le Macintosh sont préconstruits. é•irige•nii•eiAp• p• coniptâit igné dkainie:• d'élêniéntS.ipi n'avait jamais été des'4É•Ordiri4tpir : bot''marché "'•'•, • Vous n'avez pas à vous préoccuper des branchements internes. C'est comme la hi-fi. Tout ce que vous avez à faire, c'est de brancher les fils derrière l'appareil. C'est un avantage inappréciable. On ne peut pas espérer de nontechniciens qu'ils fassent attention à des connecteurs internes, des cartes d'extension, des modes d'adressage, des syntaxes particulières... Ils veulent une machine toute montée." La souris, qui est un outil controversé, à occupe la première place dans les conceptions de Woz au met du matériel de demain. "Quand je peux choisir entre la souris et le clavier, je choisis toujours la souris. La seule chose que je pourrais reprocher à la souris, c'est d'occuper un certain espace sur le bureau. Mais c'est un petit espace". Même si Steveaffirme préférer travailler sur le matériel, Il semble que le logiciel draine une grande part de son attention, qu'il est bien présent dans un coin de son cerveau de créateur. Dans le court terme, c'est l'Intégration des logiciels qui parait le passionner. Tout comme pour le matériel, dit-il, "on veut que le logiciel soit complètement assemblé. On ne veut plus de programmes qui travaillent indépendamment les uns des autres, qui obligent à connaître tous les trucs du système d'exploitation pour sortir un fichier d'une disquette, le convertir dans un autre format, l'enregistrer sur une autre disquette, puis le faire relire enfin par un autre programme. On veut simplement pouvoir prendre des données et les déplacer facilement. On ne devrait pas avoir à faire dans sa tête ce que l'ordinateur peut faire. On ne devrait pas avoir à réfléchir, ni à se souvenir. C'est vers cela que tendent tous les micros aujourd'hui et Macintosh en est l'exemple-type. C'est le seul ordinateur que ma mère accepterait d'utiliser." Woz déplore qu'il n'existe aucun langage vraiment innovateur qui ne remonte à moins de dix ans avant l'explosion de la micro-informatique. "L'utilisateur devrait être capable de programmer un tableur très facilement, dans un langage de haut niveau, simplement en disant :'Diviser l'écran en un groupe de cellules de telle taille et allouer tel programme à telle cellule.. Un certain nombre de choses que vous avons apprises au sujet du Forth, du Basic et du Pascal peuvent être retenues. Mais on peut se débarrasser de beaucoup de_choses sans intérêt." Woz prophétise que les technologies de pointe seront bientôt employées dans les micro-ordinateurs à des prix très bas. Il accorde en revanche peu de crédit à la technologie des mémoires à bulles. Par contre, il est enthousiasmé par l'avenir des écrans à cristaux liquides. "L'écran à cristaux liquides peut désormais affiCher des graphiques, depuis l'année dernière. Les chercheurs explorent actuellement de nombreuses techniques nouvelles, dont les cristaux liquides en couleur. C'est la seule technologie qui fera changer les ordinateurs en profondeur dans les cinq prochaines années : Woz prédit également que, dans cinq ans, le micro-ordinateur personnel de base sera "petit, portable, doté d'un écran et fonctionnera entièrement sur piles. Sa résolution d'écran devrait être à peu près la même qu'aujourd'hui (500 x 200 points environ) ou peutêtre un peu meilleure. Un écran à cristaux liquides en couleur sera probablement disponible. Un méga-octet de mémoire vive sera fourni en standard, parce que les prix auront beaucoup baissé. Cet ordinateur comportera un lecteur de disquettes intégré (peut-être pas encore pour un disque dur), mais la disquette de 3 1/2 pouces aura sans doute remplacé la disquette souple de 5 1/4 pouces." Quand on lui demande ce que sera la micro-informatique dans dix ans, Stevesecoue la tête. "Impossible de prévoir. On ne peut pas imaginer les techniques qui apparaîtront. Dans dix ans, par exemple, nous aurons peut-être des techniques d'impression entièrement nouvelles, inconnues aujourd'hui. Elles pourraient venir des laboratoires de recherches de Bell, d'IBM, de Hewlett-Packard... ou d'un laboratoire Apple, si nous en créons un d'ici là. Que sera l'Apple de demain ? Une telle épopée se reproduira-t-elle ? Une croissance aussi fantastique, imprévue d'un marché à partir de zéro, cela n'arrive qu'une fois tous les dix ans. Des professionnels comme ceux d'IBM savaient seulement de quoi était fait un système informatique complet. Ils ne pouvaient pas voir qu'il était temps de s'ouvrir vers une nouvelle clientèle, une nouvelle culture, de nouveaux magazines, de nouvelles façons de concevoir des technologies nouvelles. Ils n'ont pas compris qu'il était temps de transformer une partie de l'informatique en hobby et de laisserés : ciisikuk Eiciûides fetoilt changer léS• ordiratàis• dàaii•.•.•.• les : eititi• : • : ankeég• l'utilisateur se choisir de nouveaux standards. Je pense que même les fabricants de micro-informatique tombent aujourd'hui dans ce travers. D'autres groupes vont peut-être partir dans des directions nouvelles, explorer un type différent de systèmes d'exploitation, et ils auront leurs propres magazines. Ils viendront d'où on ne les attend pas. Je crois qu'il est nécessaire de protéger immédiatement les logiciels contre le piratage. Cela dit, les pertes attribuées à la copie illégale sont largement surestimées par des petits fabricants qui ne font pas de très bonnes affaires. Ils parlent de 4 milliards de dollars de pertes. La réalité est plus proche du centième de ce chiffre. Le 66 SCIENCE & VIE MICRO N°15 - MARS 1985
pirate occasionnel copie peut-être un millier de programmes par an. Je connais beaucoup de ces pirates. Personne ne peut véritablement utiliser plus de trois ou cinq programmes de façon régulière, ce qui s'appelle vraiment utiliser. De nombreux pirates occasionnels ont suffisamment de sens moral pour acheter une disquette et un manuel du commerce quand ils veulent vraiment utiliser un programme. Ils volent peut-être l'équivalent de 10 000 dollars de logiciels par an, mais s'il fallait qu'ils les achètent, croyez-vous qu'ils dépenseraient autant ? Ils achèteraient peutêtre l'équivalent de 200 dollars par an. Ils ne peuvent pas dépenser plus. Pirater est mal. Mais n'avez-vous jamais pris un raccourci à travers un verger ? C'est aussi une violation de propriété. Le piratage c'est du vol, pour appeler un chat un chat. Mais il y a différents niveaux dans le bien et le mal. Le jeune bidouilleur qui prend son pied à amasser une belle collection de logiciels ne fait de mal à personne. Ce n'est pas un voleur qui a décidé une fois pour toutes qu'il s'appropriera tout gratuitement pendant toute sa vie. Ce n'est pas un véritable criminel. Je trouve que le film War Games donnait une image tout à fait exacte de la mentalité du pirate. C'est exactement ce que je faisais : toujours explorer, toujours essayer de faire un peu plus que ce que l'on est censé faire. Quand le film est sorti, on a lu partout pendant un ou deux mois, des arti- es. fiérte's attribuéèS. à'114. cbpié• illégàlé•olit• largèttiétit des sur le groupe de pirates qui s'était baptisé les 414" (voir SVM n°1). Les deux impressions qu'en retirait le public étaient d'abord que l'ordinateur n'est pas assez sûr pour abriter des données vitales et, ensuite, que les pirates représentent une menace pour ces données. Ces deux idées sont des mythes, proposés par tout un débat autour des dégâts qui auraient pu être occasionnés par le groupe des 414. Il faut répéter que si on décide vraiment de verrouiller des informations, aucun pirate ne pourra y accéder. Les pirates ne peuvent pas découvrir un code par le seul effet de leur intelligence. En réalité, l'ordinateur est un endroit très sûr pour stocker des données, y compris des données vitales. Avant, on stockait l'information dans des coffres-forts. Or les coffre-forts sont plus accessibles aux voleurs que les ordinateurs. Par exemple, dans les écoles, les notes des élèves sont enregistrées dans un ordinateur. De temps à autre, un pirate peut arriver à pénétrer par effraction dans l'ordinateur et changer sa note. Je suis sûr que c'est arrivé. Si quelqu'un a pu le faire, c'est qu'il connaissait le mot de passe, peutêtre par un copain employé dans l'établissement. Mais avant, quand les notes étaient rangées dans un tiroir, il y avait toujours une personne susceptible d'avoir accès au carnet pour y changer des notes. Ça n'a pas commencé avec l'ordinateur..." Thomas Kurtz Vous ne connaissez pas Thomas E. Kurtz ? Normal. C'est un simple prof, travaillant loin des feux de l'actualité, l'une des stars les plus méconnues de la micro : il y a plus de vingt ans, Thomas Kurtz inventait, avec John G. Kemeny, le Basic. A l'origine, il s'agissait simplement de faciliter les premiers pas des étudiants en informatique. Pas sur des micro-ordinateurs : ils n'existaient pas. Depuis, Basic et micro-ordinateurs sont devenus inséparables ; il est aussi devenu de bon ton d'affirmer que le Basic n'est pas un vrai langage informatique. Thomas Kurtz explique pourquoi ce n'est plus vrai, en s'appuyant sur les travaux de normalisation qu'il a dirigés au sein de l'ANSI, l'American National Standards Institute, de 1974 à 1984. Il y a quelques mois, il a fondé, avec quelques autres, True Basic Inc., une société qui prépare un Basic rajeuni, destiné à l'éducation. Espérons que cela lui rapportera quelques royalties : Thomas Kurtz avait mis son premier Basic dans le domaine public. Ce sont d'autres, comme Microsoft, qui en ont tiré profit... La deuxième jeunesse du Basic UELLE EST LA VÉRITÉ AU SUJET du Basic ? Est-il à la hauteur du Logo ou du Pascal ? Est-ce même vraiment un langage informatique ? Faut-il l'enseigner dans les écoles ? Faut-il le bannir à jamais ? Tout dépend de qui vous en parle. Comme c'est mon tour par le biais de ce court article, laissez-moi tenter de vous convaincre que le Basic - qui est le langage le plus utilisé dans le monde - a atteint désormais l'âge adulte et s'apprête à regagner la place d'honneur qui est la sienne, tel le fils prodigue. John Kemeny et moi, assistés d'un petit groupe d'étudiants, avons inventé le Basic il y a plus de 20 ans. Nous l'avons vu grandir et prospérer au collège de Dartmouth, où il a joui d'une grande considération comme langage d'enseignement et d'application. Mais, à l'extérieur, les choses sont différentes ; alors que le Basic est le dialecte universel des enfants et des gens qui s'adonnent à l'informatique pour leur plaisir, il est méprisé par l'intelligentsia informatique. Il n'est pas difficile d'expliquer SCIENCE & VIE MICRO N°15 - MARS 1985 67



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