SVM n°15 mars 1985
SVM n°15 mars 1985
  • Prix facial : 16 F

  • Parution : n°15 de mars 1985

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Excelsior Publications

  • Format : (206 x 283) mm

  • Nombre de pages : 156

  • Taille du fichier PDF : 151 Mo

  • Dans ce numéro : rencotre avec des génies... Clive Sinclair, Bill Gates, Chuck Peddle, Steve Wozniak, Thomas Kurtz.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Chuck Peddle La micro-informatique, un marché qui a grandi trop vite Chuck Peddle a une calvitie au sommet du crâne : c'est donc un vieux dans le monde de la micro-informatique, où les créateurs sont plus souvent des gamins montés en graine que des chercheurs blanchis sous le harnois. Raison de plus pour lui prêter attention : il en a vu d'autres. Il a participé à la création du 6502, le microprocesseur qui équipe les Apple de la série II depuis 1977.11 a créé le Pet de Commodore, l'un des tout premiers micro-ordinateurs à avoir connu une diffusion de masse. Il a fondé Victor, la première société à vendre un ordinateur 16 bits en Europe, avant IBM. Aujourd'hui, il a regroupé les ingénieurs qui ont travaillé sur le Victor au sein d'une nouvelle société, NNA, qui collabore avec Victor, racheté par le suédois Datatronic. Chuck Peddle lance ici un cri d'alarme la micro-informatique telle que nous l'avons connue jusqu'ici, inventive, passionnante, toujours en train de changer, s'apprête à disparaître, mangée par le marketing et les dollars. Les Français, eux, sauront-ils réagir ? J E PENSE QUE LA COMMERCIALISAtion est la clé de l'industrie de la micro-informatique — sa plus grande chance et son plus grand problème. La commercialisation est tout ce qui compte_pour cette industrie. Pour comprendre ces affirmations, jetons un regard en arrière. La première question que nous devons nous poser est la suivante : "Pourquoi les gens achètent-ils des ordinateurs ? " Le besoin d'ordinateur est facile à prévoir. Une fois que vous avez appris à vous en servir, vous ne savez plus comment vous pourriez vous en passer. A mon avis, l'industrie a commencé quand les gens ont réalisé qu'ils étaient privés d'ordinateurs et ont voulu Satisfaire ce besoin nouveau. Je pense que le besoin d'ordinateurs est relativement fort, et je crois que les industriels en tirent profit. Ce qui a vraiment permis l'éclosion de la micro-informatique a été l'invention du Basic, il y a plus de 20 ans. C'était sans doute la première fois qu'un ordinateur de coût relativement bas — à cette époque un "ordinateur de coût relativement bas" valait plusieurs centaines de milliers de dollars — devenait disponible,'à la demande", pour un grand nombre de personnes. Le Basic qui était inclus dans le système d'exploitation permettait à un étudiant d'être initié sans avoir assisté à aucun cours. Il pouvait s'asseoir devant son terminal et apprendre à programmer en utilisant uniquement le manuel d'instructions Basic. L'expérience eut tellement de succès que le temps partagé (1) devint extrêmement populaire dans les universités à travers tout le pays. Bientôt cette popularité s'étendit au monde des affaires, et la possibilité de disposer de temps machine à bon compte a permis à de ZIFF- DAVIS très nombreuses personnes de devenir des familiers de l'ordinateur. Alors que le temps partagé devenait un mode de vie à la fois pour les étudiants et les hommes d'affaires, trois événements sont venus changer le cours des choses dans le domaine de l'ordinateur. En 1973-74, les premiers microprocesseurs ont été annoncés. Cette annonce menaçait de mettre au chômage de nombreux ingénieurs électroniciens. Avant 1973, un ingénieur pouvait passer un mois entier à mettre au point un seul circuit ; s'il était vraiment bon, il pouvait s'arranger pour passer une année entière sur un petit dispositif de contrôle. Et comme personne ne pouvait le faire mieux que lui, sa place était assurée. Mais, avec un microprocesseur et deux ou trois autres circuits périphériques de contrôle, il pouvait mettre au point le même dispositif en une seule après-midi. Presque du jour au lendemain se répandit un besoin (et, par conséquent, un marché) d'initiation au'microprocesseur, et les ingénieurs firent tout pour en savoir plus sur cette industrie naissante. Le Kim-1, l'Altair et divers appareils de Digital Group figurèrent parmi les produits destinés à ce marché — le marché des techniciens et.•.• : •.. : •.• :. : •.• :. : •..., une invention.•.•.• marquante • : • : • : • : • : • rordinâteuijetable• : • : de : Oie : $410.4ii.• ingénieurs qui voulaient travailler sur des ordinateurs. En 1975, on assista à un autre événement marquant : l'ouverture de la première boutique informatique aux Etats-Unis : une boutique qui vendait des produits que les gens ne comprenaient pas, mais dont ils savaient qu'il fallait les avoir. La demi-douzaine de boutiques, environ, qui ont ouvert cette année-là ne vendaient en fait qu'un seul produit : de l'expérience, c'est-à-dire les connaissances nécessaires pour construire un ordinateur. Et les vendeurs aidaient aussi à éliminer les défauts des produits qu'ils vendaient. Un autre événement important, dans le domaine de la vente au détail fut l'ascension de Tandy qui domina la vente au détail d'appareils et de composants électroniques ; il ne leur manquait qu'un produit informatique. L'intention première des dirigeants de Tandy, à Fort Worth au Texas était de vendre un ordinateur pour 300 $. Les boutiques informatiques indépendantes, pensaient-ils, ne seraient pas en mesure de faire des bénéfices sur un machine de 300 $, et devraient rapidement se retirer de la compétition. Mais en fin de compte, Tandy n'a pas été non plus en mesure 1) Le'temps partagé'est une technique d'utilisation de l'ordinateur dans laquelle les programmeurs partagent la puissance de traitement à l'aide de terminaux multiples connectés simultanément. Il ne s'agit pas ici de micro-ordinateurs. 64 SCIENCE & VIE MICRO N°15 - MARS 1985
de faire des bénéfices sur une machine de 300 $ et le premier Tandy TRS 80 modèle 1 a été vendu 600 $. En 1978, le décor était planté. Nous avions créé un marché, une nouvelle race d'amateurs d'informatique, une technologie et un circuit de distribution. Nous avions commencé à satisfaire le besoin de micro-ordinateurs exprimé par le marché. Ce qui s'est passé alors, en 1978, a peutêtre été encore plus important. C'est cette année-là que SteveWozniak en eut assez de devoir utiliser un lecteur de cassettes. C'est cette année-là qu'il présenta le premier lecteur de disquettes à prix réduit. Cet événement devait changer le caractère du marché. La prochaine étape vraiment importante est arrivée environ un an plus tard, quand Dan Bricklin et Bob FYankston, de Software Arts, ont lancé Visicalc. Visicalc fut, à mon avis, le premier programme commercial conçu pour les micro-ordinateurs. La preuve était faite qu'avec deux disquettes et 48 Ko de mémoire, on pouvait s'attaquer à des problèmes de gestion professionnelle — et les résoudre d'une manière que les systèmes de temps partagé ne permettaient pas. Ce fut un produit créé spécialement pour ce nouveau marché. Je veux en venir au fait que, de 1976 à 1978, notre problème était de vendre des ordinateurs à des gens qui voulaient des ordinateurs : nous satisfaisions la demande du marché familial. En 1979, avec l'apparition de Visicalc, nous avions commencé à vendre des ordinateurs à des gens qui avaient besoin d'ordinateurs : nous avons assisté à la naissance du marché professionnel. Le marché du micro-ordinateur professionnel est très intéressant en ce sens que la demande va progresser au-delà d'un ordinateur par bureau. Je pense personnellement que les entreprises vont acheter des ordinateurs jusqu'à ce qu'il y en ait deux par bureau ; si vous utilisez réellement l'ordinateur au bureau et si vous croyez à ma théorie du besoin d'ordinateur, vous ne pourrez plus travailler à la maison sans ordinateur. Les entreprises seront obligées de fournir à leurs dirigeants un second ordinateur, pour qu'ils l'utilisent chez eux. L'arrivée des transportables est un événement majeur de même que celle des portables autonomes. Le défaut principal des portables, aujourd'hui, c'est qu'ils ne sont pas aussi puissants que les machines de bureau. Et alors que ces dernières servent de plus en plus à la gestion de données, il est nécessaire de fournir aux ordinateurs domestiques la possibilité de traiter les mêmes données utilisées par les ordinateurs de bureau. Cela va devenir un marché spécialisé entièrement nouveau. En 1980, nous avons assisté également à une autre invention marquante : l'ordinateur jetable de Clive Sinclair. Beaucoup de gens ont acheté le ZX 80 de Clive. Dès qu'ils ont compris son fonctionnement, beaucoup se sont rendus compte que la machine était trop rudimentaire. A ce moment-là, ils en savaient assez sur l'informatique pour justifier l'achat d'un ordinateur plus puissant. Les ordinateurs Sinclair ont stimulé le marché d'une manière tout à fait inédite. Avec l'avènement des ordinateurs Sinclair et du Vic 20 de Commodore, nous avons établi un second circuit de distribution, encore plus importante. Le circuit de vente au détail s'est élargi aux grandes surfaces : le marché des U.•.•.•.'.•.'.•.•.•. n marche•peutretre deVenui teci.p lege:• : pour:•suscrter.des•.•.• produits.quf en'dent vrainietit là•pÉiale : • : • : ordinateurs est alors revenu à son état de 1976, c'est-à-dire que les gens ont acheté des ordinateurs pour comprendre l'informatique. Désormais, il y avait deux façons de vendre un ordinateur : par les boutiques spécialisées ou par les grandes surfaces. I VOUS REGARDEZ LE PREmier Apple Il, il comptait une dizaine d'éléments qui n'avaient encore jamais été introduits dans un ordinateur bon marché. Nous avons apporté beaucoup de choses qui n'avaient jamais été incorporées auparavant aux machi- Le problème actuel de la micro-informatique est toujours un problème de vente. Le coût du lancement d'un produit sur le marché est aujourd'hui si élevé que le succès de petits entrepreneurs comme ceux qui ont fait Visicalc est désormais impossible. Aujourd'hui, lancer sur le marché un logiciel de qualité coûte aux alentours de cinq millions de dollars. Or, si nous voulons permettre à l'industrie de se développer comme elle l'a fait dans le passé, nous devons franchir une nouvelle étape. Nous devons permettre aux consommateurs d'examiner les produits nouveaux et de dire "out c'est vraiment ce qu'il nous faut'au lieu de laisser la sélection se faire en fonction de l'emballage et de la campagne de publicité. Aujourd'hui nous avons affaire à une industrie qui a évolué, passant des mains de pionniers marginaux à celles de gestionnaires. Nous voyons un marché qui est peut-être devenu trop large pour pouvoir susciter des produits qui en valent vraiment la peine. Tant que nous n'aurons pas trouvé de solution à ce problème, je prédis que la micro-informatique stagnera. SteveWozniak Chacun sait qu'Apple a été fondé par deux copains, Steven P.Jobs et Stephen G. Wozniak. Aujourd'hui, Wozniak quitte la société qu'il a mise sur les rails, il y a huit ans, en inventant l'Apple I, puis l'Apple II. Wozniak était, des deux Steve, le bricoleur génial ; Jobs était celui qui avait le sens des affaires. "Je veux retourner à notre garage, là où on n'avait pas besoin de remplir un formulaire en douze exemplaires avant d'obtenir quoi que ce soit", a-t-il déclaré. Wozniak était très éloigné de son vieux compagnon de route dans l'organigramme d'Apple. John Sculley, débauché de Pepsi-Cola, est le numéro un. SteveJobs le numéro deux. Wozniak n'était qu'un "Apple fellow", une espèce de mention honorifique accordée aux grands esprits d'Apple. Certes, il n'aimait pas beaucoup se montrer. Il semble tout de même que ce technicien dans l'âme ait fini par craquer face à l'évolution d'Apple, désormais une grosse société comme les autres. Wozniak reste conseiller d'Apple, mais lance sa propre société d'électronique familiale. Les vrais fous de micro-informatique reconnaîtront toujours en "Woz" un grand frère avec les mêmes passions et façons de penser. Le bricoleur génial d'Apple nes. A peu près tout, le graphisme, le texte, la mémoire morte importante contenant le Basic, le boîtier en plastique, le haut-parleur, les interfaces pour manettes de jeu, la couleur, ont été depuis, incorporés à de nombreux ordinateurs." C'est ainsi que SteveWozniak rappelle en deux mots ce qu'il a apporté à l'in- SCIENCE te VIE MICRO N°15 - MARS 1985 65



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