Stylist n°8 6 jun 2013
Stylist n°8 6 jun 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de 6 jun 2013

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Timar

  • Format : (225 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 153 Mo

  • Dans ce numéro : imperméable aux critiques, la réalisatrice Sofia Coppola poursuit sa route.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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SOFIA SANS CARTE Quand elle a déboulé avec son premier long-métrage, Virgin Suicides, on saluait son cinéma rêveur, joliment futile et incroyablement glamour. Aujourd’hui, on la représente volontiers en simple branchée, filmant le vide avec une désinvolture coupable. Accusation qui ne risque guère de disparaître avec son nouveau film, The Bling Ring, où elle raconte l’histoire vraie de ce gang de jeunes Américains qui a pillé les demeures de plusieurs stars hollywoodiennes, dont celles de Paris Hilton et de Lindsay Lohan. « Un fait divers que j’ai eu envie de porter à l’écran pour parler de cette contre-culture trash qui a, en quelque sorte, gagné la guerre médiatique », nous explique-t-elle. On devine déjà le ton acerbe de certaines critiques, y voyant la chronique absurde d’une bande de rebelles des beaux quartiers. Terriblement injuste, là encore. Car l’accuser de branchitude bling-bling reviendrait à passer sous silence que, comme les plus grands auteurs du septième art – Hitchcock, Truffaut et consorts –, Sofia Coppola écrit une œuvre. Creuse sans cesse le même sillon. Et tourne finalement toujours le même film. Seuls changent les époques et les personnages. ON LA REPRÉSENTE EN SIMPLE BRANCHÉE FILMANT LE VIDE Ce qui passionne cette réalisatrice, ce sont les « pauvres petites filles riches » qui s’ennuient à crever : les sœurs de Virgin Suicides ; l’Américaine abandonnée dans un hôtel de luxe nippon de Lost in Translation ; Marie-Antoinette trop jeune pour enfiler son costume de reine ; la fille de cette star hollywoodienne, perdue dans ce trop grand terrain de jeu qu’est le Château Marmont à Los Angeles dans Somewhere. Et maintenant les ados braqueuses de The Bling Ring. Sofia Coppola filme le vide de leurs existences, oui. Mais elle parvient à le traduire à l’écran sans développer un sentiment d’ennui chez le spectateur. Un tour de force. Telle est la patte Coppola Jr. Une maestria qui s’explique en partie par sa proximité avec ses personnages. Car chacun de ses films peut se lire comme un autoportrait. Pauvre petite fille riche parmi les filles riches. Une petite fille triste enfermée dans une prison bling. LA FAUTE À PAPA « Avec mon nom, vous imaginez bien que j’ai tout fait pour ne pas verser dans la facilité. J’ai vraiment tenté de ne pas travailler dans 32 STYLIST.FR le cinéma », s’exclame-t-elle avec sincérité. La petite Sofia s’est essayée à toutes sortes d’autres activités. Aux arts plastiques, à la photographie, à la peinture. Elle a aussi bossé dans la pub et dans la presse. Mais personne n’échappe à son destin, surtout quand il est question d’Œdipe sévère. C’est son père qui, le premier, l’appâte en lui demandant de l’aider. « À 18 ans, j’ai co-écrit avec lui le scénario de son segment de New York Stories, un film à sketches sur la Big Apple. L’histoire d’une écolière de 12 ans qui vit dans un palace. » Les prémices de Somewhere. L’expérience est joyeuse. Et papa Coppola veut vite y revenir. Un an plus tard, en 1990, il décide de mettre en scène l’ultime volet de sa trilogie du Parrain. Pour jouer Mary Corleone, la fille de Michael campé par Al Pacino, il choisit une actrice montante que Hollywood commence à s’arracher : Winona Ryder. Il l’impose même à ses producteurs qui SOFIA, AVEC PAPA COPPOLA. ACTRICE DANS LE PARRAIN 3, AUX CÔTÉS D’ANDY GARCIA. lui préféraient à l’époque une Julia Roberts post-Pretty Woman. Mais à peine sortie du tournage d’Edward aux mains d’argent, le surmenage rattrape l’actrice et la contraint à déclarer forfait… Nous sommes à quelques jours du tournage. Lui trouver une remplaçante paraît impossible. Le réalisateur se tourne alors vers sa propre fille, qui lui a de toute façon inspiré le personnage. Sofia avait déjà fait quelques apparitions dans Le Parrain 2 (en nièce de Pacino !), Outsiders, Cotton Club et Peggy Sue s’est mariée. Mais cette fois, l’aventure tourne au chemin de croix. Sofia ne sait pas dire non à papa. À l’annonce de ce choix, ses partenaires Al Pacino, Diane Keaton et même Talia Shire, sa propre tante, protestent : c’est du népotisme pur et simple, elle n’a rien à faire là ! Une fois sur le plateau, sa maladresse, son embarras et sa timidité de débutante font peine à voir. Et à la sortie du film, les critiques s’acharnent sur elle PHOTOS : EVERETT COLLECTION/REX FEATURE ; STEVE SCHAPIRO/CORBIS ; ERNESTO RUSCIO/GETTY IMAGES ; PATRICK MCMULLAN/SIPA USA/REX FEATURES ; WIREIMAGE ; DR
avec KirSTEN Dunst, lors du tournage de Marie Antoinette. et la brisent en mille morceaux. Un carnage Les critiques s’acharnent sur elle et la brisent en mille morceaux encore AVEC KirSTEN Dunst, sur le tournage de Virgin Suicides. qui l’éloignera à tout jamais de ce côté-là de la caméra mais qui explique sans doute pourquoi elle aime tant raconter ces histoires de jeunes à qui la vie semble avoir tout donné mais à qui il manque l’essentiel : la joie de vivre. Chef de groupe C’est probablement cette nature craintive que l’on ressent quand on interviewe Sofia Coppola. Mais une fois encore, il ne faut pas écouter tout ce qui se dit. On la décrit volontiers taiseuse, limite hautaine. Pourtant dans ce monde de la promotion des films où chaque espace d’entretien avec les « talents » se réduit comme peau de chagrin au fil des années, Sofia préfère, elle, laisser le temps à la discussion. Exige au moins trente minutes par interview quand la moyenne a largement chuté de moitié. Et sa timidité évidente s’efface au fil des questions, à mesure qu’elle prend confiance. Dès qu’elle parle de ce qui l’anime, en fait. Tourner. Diriger les autres. On imagine a priori mal cette jeune femme frêle en chef haranguant ses troupes. Et pourtant, elle l’affirme : « Si écrire reste la partie la plus complexe de tout le processus, diriger une équipe est quelque chose de naturel pour moi. Sans doute parce que je ne trouverai jamais meilleur endroit pour exprimer mon point de vue. » Ce déclic pour la réalisation est venu… en réalisant. Avec un court-métrage, Lick The Star, qui mettait en scène des adolescentes lancées dans un projet diabolique : empoisonner les garçons de leur classe afin qu’ils tombent amoureux d’elles. Elle se découvre au passage un autre talent : elle a l’œil pour les filles. À chaque fois que son regard se pose sur l’une d’entre elles, elle révèle une star. Elle propulse Kirsten Dunst et Scarlett Johansson au rang d’icônes, fait découvrir au monde la puissance d’Elle Fanning. Et cette fois, offre un nouvel éclairage à Emma Watson qui cesse d’être la petite de Harry Potter. les choix de Sofia Quand Sofia a demandé à rencontrer Emma Watson, la jeune actrice ne s’attendait à rien. Et surtout pas à la voir débarquer au premier rendez-vous, son scénario à la main. La réalisatrice lui propose, dès le premier café, le rôle de cette jeune braqueuse déchaînée dans The Bling Ring. Chez Sofia, la discussion prime sur les essais. Et cela vaut aussi sur le plateau. « Je n’ai jamais travaillé dans un climat si apaisé sans le moindre cri, ni le moindre conflit », nous confie la jeune actrice. La cinéaste ne s’en cache pas : chercher à créer l’atmosphère la plus douce possible constitue l’un de ses buts majeurs. Bâtir un cocon autour de ceux (et celles surtout) qu’elle a choisis. Comme pour mieux les protéger et se prémunir elle-même des attaques. Car Sofia sait bien ce que l’on chuchote dans son dos : enfant gâtée, branchée et désespérément vide. Mais elle a appris à n’écouter personne et faire fi de la petite cabbale organisée contre elle. La réalisatrice ressemble plus que jamais à ses héroïnes. Battante malgré ses poses indolentes et jemenfoutistes. Passionnante quand on gratte ce petit vernis qui donne une impression de vacuité. Elle vous oblige à regarder au-delà des apparences et des réputations. Les pauvres petites filles riches ne pouvaient trouver plus beau porte-parole. 4 nouvelles « filles de » Calypso Valois Calypso est la fille d’Elli & Jacno (Stinky Toys). En 2011, elle reprend Amoureux Solitaires avec Étienne Daho. Actrice dans L’Écume des jours, de Michel Gondry, elle est aussi chanteuse au sein du duo synth-pop Cinema. Normal. Esther Garrel Cover Story IReland BaldwiN Fille d’Alec Baldwin et de Kim Basinger, cette blonde platine de 1 m 88 est mannequin à mi-temps et personal branleuse à plein temps. Ses hobbies préférés : balancer des photos d’elle sexy sur Twitter et faire du surf àL.A. Dure la vie. Petite-fille de Maurice, fille de Philippe et sœur de Louis, Esther a joué dans L’Apollonide, de Bertrand Bonello et dans Camille redouble, de Noémie Lvovsky. Le 3 juillet, on la retrouve dans Jeunesse, réalisé par une autre « fille de », Justine Malle. Lily M Menamy Derrière cette bouche carnassière se cache la descendance de Kristen McMenamy, mannequin égérie pour Chanel, Versace, Valentino dans les années 1980-1990. Toujours en activité, maman paraît dans la prochaine campagne Balenciaga (de dos, c’est ballot) tandis que sa fille s’affiche dans celle de Marc Jacobs. STYLIST.fr 33



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