Stylist n°73 11 déc 2014
Stylist n°73 11 déc 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°73 de 11 déc 2014

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Timar

  • Format : (220 x 297) mm

  • Nombre de pages : 78

  • Taille du fichier PDF : 44,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... rien ne sert de mâcher ses mots.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Enquête Manifestations Lotta continua à milan ezio, novembre 2014 Milan dans les années 60 Mitterrand protège les réfugiés italiens SOUS LES PAVÉS, LA RAGE Avant de devenir le respectable Ezio, Massimo grandit à Milan dans un huis clos bourgeois. Les violentes disputes parentales font écho aux affrontements de rue, entre les étudiants de l’ultra-gauche et les jeunes d’extrême droite. Il n’a que 13 ans quand la houle libertaire de Mai 68 s’écrase sur la société italienne. Pour le préserver de l’épidémie d’idéalisme et de pattes d’eph’qui atteint les autres adolescents, son père le confie alors aux prêtres : « M’enfermer au séminaire, c’était sa façon de me soumettre à une autorité quelconque. Dès qu’il a compris que je m’étais découvert une vocation et que j’envisageais d’y rester pour de vrai, il m’a fait ressortir. » Sauf qu’un an après, la situation ne s’est pas arrangée : la ville est une poudrière prête à embraser « les années de plomb », secouée par les protestations qui ont fait suite à l’attentat néofasciste de la Piazza Fontana. « Si j’étais né ailleurs, peut-être que les choses se seraient passées autrement, mais à Milan, en 1970, j’ai plongé dans la fourmilière grouillante des assemblées universitaires. » À 15 ans, il y apprend la gauche révolutionnaire, part faire un voyage initiatique à Amsterdam, puis emménage dans une communauté avec d’autres militants. À 18 ans, il est le plus jeune responsable de l’organisation Lotta Continua (la Lutte Continue en VF). Au milieu des années 70, la situation s’envenime en Italie. Les étudiants s’investissent aux côtés des ouvriers et des agriculteurs, les affrontements avec la police sont de plus en plus violents. Pour Marc Lazar, directeur du Centre d’histoire de Sciences-Po, à partir de 1977, « la menace terroriste qui, dans un premier temps, n’avait pas été trop prise au sérieux et avait été même sous-estimée, va être considérablement amplifiée par les médias. […] On parle de terroristes, de terrorisme, de terrorisme diffus, de violence subversive. Avec une propension à la dramatisation ».* Mais qu’on les considère comme des monstres d’amoralité et de cynisme, ou comme des idéalistes tombés dans le piège de la barbarie, les protagonistes des années de plombont franchi, à cette période, un cap qui allait entraîner le pays dans un tourbillon de violence. « La démocratie italienne était encore assez fragile à l’époque, se souvient Ezio. Pas mal d’anciens partisans de la Résistance gardaient une arme dans leur tiroir et nous, les jeunes, on était persuadés d’être les dépositaires de leur héritage. » Massimo rejoint le Mouvement autonome, regroupement de factions anticapitalistes qui glisse progressivement vers le banditisme. Il participe aux « braquages révolutionnaires », mais reste en fort désaccord avec les actions des groupes ouvertement terroristes : « Je ne cautionnais pas la stratégie des Brigades rouges ou de Prima Linea. J’ai d’ailleurs tout fait pour que les structures clandestines que j’avais contribué à coordonner ne soient pas absorbées par ces organisations. » PRISON BREAK Malgré toutes ces précautions idéologiques, « on lui fait comprendre qu’il n’a que deux façons de regagner l’extérieur : la mort ou la cavale » un événement tragique va faire d’Ezio un ennemi public pour la justice italienne. Une des dernières opérations avant son arrestation – la plus spectaculaire –, vise à libérer une poignée de prisonniers politiques du quartier haute sécurité de Rovigo, une goutte dans l’océan des quelque 5000 militants qui remplissent les prisons italiennes ce jour-là. C’est le 3 janvier 1982, les rues sont désertes. Avec un petit commando, il fait sauter le mur d’enceinte du pénitencier : « On a choisi un jour de match car tout le monde était au stade et on avait le contrôle total sur les alentours de la prison. J’ai garé la voiture avec la charge explosive contre le mur alors que les gardiens nous tiraient déjà dessus… » L’explosion tue accidentellement un homme, sorti d’un immeuble juste au moment de la déflagration. Cette perte le hante encore. « Nous avons consciemment pris plus de risques pour éviter qu’il y ait des blessés, en choisissant une mèche très courte, pour une explosion très très rapide. Une fois allumée, je n’ai eu que dix secondes pour m’échapper. » Après un an et demi de fuite, il est capturé par les forces de l’ordre en avril 1983, et placé en détention provisoire, où on lui fait comprendre qu’il n’a que deux façons de regagner l’extérieur : la mort ou la cavale. « L’amour a été la motivation la plus forte pour me sortir de là. J’étais fou d’une photoS : cécile gabriel ; corbis ; rex features 5 4
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