Stylist n°5 16 mai 2013
Stylist n°5 16 mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de 16 mai 2013

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Timar

  • Format : (225 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 49,6 Mo

  • Dans ce numéro : Steven Spielberg... et s'il avait été une femme ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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spÊcIAL CIN" A ► ta mère en tongs. Richard Burton, 1976 lir 40 STYLIST.fr Casser les codes vestimentaires Sur les marches Les palmes, c’est pour nager ! Le protocole de la montée des marches stipule que le festivalier mal sapé ne sera pas autorisé à y mettre les pieds. C’est plus que « tenue correcte exigée » : sans nœud pap’ou cravate pour les hommes, et sans talons pour les femmes, n’y pensez même pas. Et ça vaut pour tout le monde… En 1976, Richard Burton, venu accompagner sa femme Elizabeth Taylor (dont il divorcera pour la seconde fois deux mois plus tard), foule le sanctuaire cannois chaussé de… tongs. Le costume était parfait, le pantalon taillé droit, la mèche légèrement, euh, éméchée. Interrogé peu après par la télé américaine, l’acteur a reconnu que « ce n’était peut-être pas approprié mais beaucoup plus confortable ». Depuis, à part Björk dans un excès de confiance, plus personne n’a osé monter les marches habillé comme un sac. Dans la vie Rien de tel que de porter du rouge à une soirée white ou une minijupe à un enterrement. Le truc, c’est de pouvoir l’assumer avec coolitude. Ne peuvent tenter cette stratégie que celles qui se moquent du regard des autres. Celles que le ridicule ne tue pas mais qui, au contraire, les grandit. Celles qui ont une âme de dandy. Taux d’efficacité : 75% ˆ ˆ Refuser les honneurs Jean Yanne, 1972 Sur les marches Maurice Pialat a levé le bras au ciel en signe de mépris (« Si vous ne m’aimez pas… »), Tarantino a fait un doigt d’honneur à la folle du fond (qui, visiblement, n’aimait pas son Pulp Fiction), mais ni l’un ni l’autre n’ont perdu le sens des réalités à l’annonce du palmarès : ils sont repartis avec leur prix. En 1972, Jean Yanne est récompensé du Prix d’interprétation pour Nous ne vieillirons pas ensemble, de Pialat, mais ne vient pas récupérer son petit parchemin. « J’en ai rien à foutre », fera-t-il savoir le lendemain par communiqué. Comble de l’irrespect ou classe absolue ? Dans la vie Dans un monde où se vendent des T-shirts « Fuck me I’m Famous », ceux qui font un doigt au système se font toujours remarquer. Et suscitent une admiration muette. Surtout si cette distance avec le succès n’est pas une pose mais une conviction. Les trophées ne sont que des décorations, la vraie grâce est ailleurs et ne tient pas sur une cheminée. Taux d’efficacité : 100% ˆ Lâcher une pensée profonde sophie Marceau, 1999 Sur les marches La cérémonie a débuté, il est 19 h 23. Bientôt le direct et l’annonce du on préfère son mime. palmarès. Sourire et rassembler ses pensées. Les lumières piquent les yeux, le micro est branché. Et soudain tout s’emballe : les discours qu’elle a écrits mais qu’elle ne lira pas ; Cabourg et Cannes (l’un est mieux que l’autre) ; les films c’est chiant, parler d’autre chose, d’enfants malades, de la paix dans le monde ; la tête qui tourne, les cheveux dans tous les sens… La remise de la Palme d’Or 1999 par Sophie Marceau vire au discours de Miss France. Et personne (sauf Kristin Scott Thomas) ne peut l’arrêter. Est-ce l’endroit pour (essayer de) dire des choses importantes ? La question reste posée. Dans la vie Savoir choisir son moment. Ne pas forcer le truc. À un dîner entre amis, attendre que la conversation dévie d’elle-même sur le Proche-Orient avant d’évoquer l’influence du Hezbollah sur le développement de cellules terroristes en Europe. Et encore, seulement si vous connaissez vraiment le sujet. Sinon, c’est la plantade assurée, un enchaînement de clichés enfilés comme des perles. Et la garantie que tout le monde vous prenne pour une idiote qui a fait sa culture géopolitique en regardant Capital. Taux d’efficacité : 50% photos : rue DES archivES/rda ; afp/gETTY ; cardinale robert/sygma/corbis ; getty imagES ; 2011 afp/gETTY ; afp
la haine, prémonitoire ? Madsen, vraiment coule. Régler ses comptes en public Kassovitz vs Cassel, 2008 Sur les marches Un soir festif comme les autres, à l’entrée du night-club Jimmy’z, une bagarre éclate dans une nuée de coups de coudes et de blousons de cuir… Une fois la poussière retombée, les deux adversaires apparaissent en pleine lumière, ceinturés par leur service de sécurité respectif : Mathieu Kassovitz et Vincent Cassel, ex-frères de sang de La Haine, le film qui les révéla ici-même, sur la Croisette, treize ans plus tôt. Croisé le lendemain en interview, Kassovitz essaiera tant bien que mal de calmer le jeu : « tu vas me parler de Kasso/Cassel, c’est ça ? Désolé, y a pas eu de baston. Tout le monde est très déçu. Juste un accrochage. » De là où on était, Mathieu, personne n’était déçu. Dans la vie La recette marche à tous les coups. Vous devenez celle qui n’a absolument pas peur de dire les trucs tout haut. Celle qu’il ne faut pas trop emmerder, OK ? Une légende inquiétante que les autres respectent… Seule petite ˆ ombre au tableau : maintenant, tout le monde connaît l’horrible plissement de nez que vous faites quand vous êtes très en colère. Taux d’efficacité : 85% ˆ Soigner sa sortie Michael Madsen, 2004 Sur les marches À Cannes, il y a la mer. Sur la mer, il y a les bateaux. Depuis que quelqu’un a eu l’idée géniale d’y organiser des fêtes pendant la quinzaine, le Festival est devenu la première cause mondiale de jets d’hommes à la mer. L’info n’est pas statistiquement correcte mais croyez-nous : ça arrive chaque année. En 2004, c’était au tour de Michael Madsen. L’acteur de Kill Bill 2 (qui fond en larmes à chaque interview qu’il donne) célébrait son petit retour en grâce sur un yacht privé lorsqu’il a trébuché sur une convive et est passé par-dessus bord, une bouteille de champagne à la main. Le lendemain dans Nice-Matin, un médecin témoigne : « il a eu de la chance qu’on vienne le repêcher sans tarder, sinon il coulait au fond de l’eau. » Dans la vie Voilà du spectacle, du grand, du beau, du vrai. Quitte à être trop ivre, autant le vivre avec panache. Escaliers dévalés en roulé-boulé ou plongeon sur canapé, alcool et cascade physique restent la meilleure combinaison pour marquer durablement les esprits. Une dernière fois au moins. Taux d’efficacité : 90% ˆ Déraper Lars von Trier, 2011 Sur les marches Enquête du lars ou du cochon ? Créer, alimenter, entretenir le scandale : c’est l’un des moteurs de Cannes, une sorte de pacte secret que le Festival a passé avec ses vedettes. Et s’il y en a un que les effluves du parfum d’esclandre n’ont jamais écœuré, c’est Lars von Trier. Tous ses opus ont été présentés ici, c’est Cannes qui l’a fait exister en sale gosse fouteur de merde, en esthète et propagandiste du film coup-de-poing : un rôle qu’il joue depuis vingt-cinq ans. C’est son destin, sa croix, son job, et sans doute pour lui une façon très tordue de prendre son pied. En 2011, à la conférence de presse de Melancholia, il enfile ses habits de clown médiatique rincé et déclare sa sympathie au régime nazi. Avant d’être reconduit à l’aéroport et viré du Festival. Si ses sorties lamentables sur Hitler et Israël révélaient d’abord l’épuisement de l’homme, elles disaient aussi beaucoup du système qui l’a créé. Dans la vie Bien sûr, il y a ceux qui pensent que la mauvaise publicité, cela reste de la publicité quand même… Un calcul médiocre qui n’a jamais tiré personne vers le haut. Demandez à John Galliano. Taux d’efficacité : 0% STYLIST.fr 41 -



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