Stylist n°2 25 avr 2013
Stylist n°2 25 avr 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de 25 avr 2013

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Timar

  • Format : (225 x 297) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 35 Mo

  • Dans ce numéro : quand la mode renonce au XXS et part à la conquête de l'espace.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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PHOTO : FERRAN TRAITE SOLER/GETTY. ILLUSTRATIONS : GETTY IMAGES/CSA IMAGES RF 50 STYLIST.FR « ENTRE TOI ET MOI » En simulant l’intimité, la personne qui vous parle veut vous donner le sentiment d’être dans la confidence. Comme le disait si bien Jean Cocteau, « le secret a toujours la forme d’une oreille ». Et pour donner de l’importance à cette information brûlante, celui qui la détient a tendance à la partager avec pas mal d’oreilles ouvertes. Dans un bureau se créent toujours des alliances, des clans que les secrets soudent. Les haines communes rassemblent plus sûrement les hommes que leurs grands amours. « Entre toi et moi, Christophe ne fout rien. Je l’ai vu. Il passe la journée sur Twitter à balancer des blagues. » Oui OK, mais entre nous, une balance reste une balance. Et celui qui vous parle, là, sera sûrement un jour celui qui vous poignardera. « JE NE SAIS PAS CE QUE TU EN PENSES… » Propre à celui qui tchatche beaucoup sans se soucier des autres. Parce qu’on lui a souvent reproché son égocentrisme, il arrive, parfois, qu’il réalise son erreur. Par exemple, cela fait environ quinze minutes qu’il vous explique avec verve pourquoi sa stratégie commerciale pour vendre du pop-corn est la meilleure du monde. Soudain, le tic-tac de la montre résonne à son oreille interne. Il vient de réaliser que son temps de parole est écoulé. Et que vous êtes deux à devoir décider de cette stratégie. Pour mieux vous convaincre de le suivre, il vous concède donc, enfin, une place. Il fait mine d’être quelqu’un de parfaitement respectueux et de vouloir vraiment connaître votre avis. Et si vous essayez d’argumenter et de le contredire, il se remet à parler un quart d’heure pour vous convaincre que vous vous trompez. « CLAC, CLAC, CLAC » L’onomatopée préférée de l’employé bordélique. Au fond, chacun a conscience de ses défauts. Mais à l’ère de l’hyper efficacité, mieux vaudrait qu’ils ne se voient pas trop. Le salarié soumis met donc en place des stratégies vouées à cacher ses pires tares. Autant pour convaincre l’autre que pour se rassurer, lui. En résumé, le plus désorganisé de la boîte dit régulièrement, d’un ton très décidé : « Je prends le dossier en main. Je trie les données. Clac, clac, clac. Et je vous rejoins. » Il appuie le « clac » d’un geste tranchant, comme pour concrétiser un peu mieux son propos. Notre avis ? Prudence ! Ce type risque de perdre le fameux dossier. Si ce n’est pas déjà fait. « ÇA VA ? » Dans chaque bureau, il y a cette personne qui vient plusieurs fois par jour mesurer votre humeur, comme on vous plante un thermomètre dans la bouche, et vous poser cette question rituelle sur des tons différents. Le « ça va » du matin pour vous dire bonjour, le « ça va » du midi pour vérifier que ça va toujours et le « ça va » du soir, espoir, celui qui conforte la personne dans l’idée que cette entreprise est pleine de gens qui vont bien. Mais derrière cet esprit concerné se cache peut-être une autre vérité. Attention, celle-là risque de vous faire mal. Le thermomètre n’est pas votre ami. C’est juste quelqu’un de poli qui ne sait pas quoi vous dire quand elle vous croise. Elle se fout de votre travail mais a à cœur de ne pas vous le faire remarquer. Et la petite question banale est la seule stratégie d’évitement qu’elle ait trouvée. Alors, ça va toujours ? r
InfIRlneEY.,.1-• Petit arrêt sur image avant que ne se déroule le reste de la phrase. Ici, l’expression n’est pas à proprement parler un contresens. La personne qui est plantée devant vous, avec cet air contrarié et un regard noir, s’apprête réellement à vous balancer une vérité. Néanmoins, si elle prend cette précaution oratoire, c’est en premier lieu pour vous prévenir de l’attaque et amortir le choc. Comprendre : il est plus que probable que vous soyez sur le point d’en prendre plein la gueule. « Pour être honnête, je trouve que ta proposition n’est pas adaptée. » Et c’est là que l’hypocrisie intervient. Parce que pour être honnête, ce n’est vraiment pas ce que pense votre collègue. En vérité, elle trouve que votre idée est à chier, nulle, pathétique. Mais elle a trouvé le moyen de formuler une semi-vérité pour vous le dire sans provoquer, dans ce contexte professionnel, une troisième guerre mondiale. « JE REVIENS VERS VOUS DÈS QUE JE PEUX » La formule a été popularisée par l’usage du mail. Elle est même devenue une expression classique. C’est ce qui fait son charme. C’est une promesse qui est, en fait, tout l’inverse. Un vrai piège à cons parce que, sous ses airs aimables, elle prend soin de ne pas donner de date. En français normal, sa traduction pourrait être : « Va te faire foutre, je fais ce que je veux. » Elle pourrait même vouloir dire « adieu », tant le flou artistique qui la caractérise permet différentes interprétations : « Je reviens vers vous dès que je peux. Et si je ne peux pas, eh ben, adieu ! » « POUR ÊTRE HONNÊTE… » Vie de Bureau ÇA VA MIEUX EN RESPIRANT ! Au bureau, vous êtes mal à l’aise et collectionnez les gaffes comme d’autres les clés USB ? Pas de panique. Claudine Levêque, spécialiste de technesthésie, sorte de yoga de la parole, est là pour nous guider. Petit cours de gymnastique pour se détendre l’adverbe. 1 – RETROUVER L’ÉQUILIBRE Quand on se sent mal en général, on opte pour une position déstabilisée. On se tient à un mur, on s’appuie sur une table, on enfonce sa tête dans son cou. Le corps entier devient une tour de Pise qui menace de s’effondrer. La première règle consiste à ancrer ses pieds dans le sol, bien à la verticale, les jambes légèrement écartées. On sent sa colonne vertébrale, bien droite, on reprend racine. 2 – PLANTER SON REGARD EN TERRE AMIE Les yeux sont le deuxième appui salvateur. Quand on est déstabilisée, ils ont tendance à se balader dans tous les sens, en quête d’une sortie de secours. Au contraire, il faut regarder droit dans les yeux la personne que l’on considère comme un allié, tendre un fil entre lui et vous. Lui dire avec l’iris : « Nous avons besoin l’un de l’autre. » Une fois ce plot posé, vous aurez la force d’aller chercher d’autres regards et de les convaincre. 3 – OUVRIR LA BOUCHE Mais pas forcément pour parler (et dire une idiotie de plus). Avant de prendre la parole, on détend la mâchoire et on entrouvre la bouche. Et, tout de suite, on a l’air aussi douce et avenante qu’un chiot labrador. 4 – TROUVER LA NOTE JUSTE Les mots sont d’abord une histoire de musique. Quand vous respirez mal, que vous êtes stressée, vous avez un petit vibrato faible que personne n’a franchement envie d’écouter. Alors on inspire, on souffle, on laisse l’air descendre dans l’abdomen. Et on change de refrain. Les mots reprennent des couleurs. Et de la force. Alléluia. CLAUDINE LEVÊQUE EST FORMATRICE ET COACH EN COMMUNICATION RELATIONNELLE, ET TECHNESTHÉSISTE. ELLE EST ÉGALEMENT L’AUTEURE, AVEC FABIEN BERTHELOT, DE PARLER EN PUBLIC AVEC PLAISIR (ÉD. INTERÉDITIONS). STYLIST.FR 51



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