Stylist n°2 25 avr 2013
Stylist n°2 25 avr 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de 25 avr 2013

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Timar

  • Format : (225 x 297) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 35 Mo

  • Dans ce numéro : quand la mode renonce au XXS et part à la conquête de l'espace.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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46 STYLIST.fr ci-gît une pin-up Un symbole pourrait bien tomber en Angleterre : la fameuse fille nue en page 3 du tabloïd The Sun. Quelques centimètres de chair qui divise le pays. par Jean-Vic Chapus Quand les pages chaudes du SUn se font refroidir.
photos : INSPIRESTOCK/corbis ; the SUN/ni syNDICATION Elle s’appelle Karen Mason et elle n’a rien d’une Femen. Quinquagénaire, mère de deux adolescentes, elle vit dans le sud de Londres et trempe sans doute ses scones dans son 5 o’clock tea. Mais Karen est aussi une twitteuse, agissant sous le pseudonyme @Kazipooh avec 23 followers au compteur. Le 10 février, elle balance un tweet très agacé contre cette fille dénudée en page 3 du Sun : « Sérieusement, c’est has-been, tellement siècle dernier ! » Une vingtaine de minutes après, contre toute attente, Rupert Murdoch, le magnat australo-américain de la presse, avec ses 417 740 abonnés Twitter, lui répond. Le patron du journal samantha fox, en 1983. britannique à sensations, confie ses doutes à la maman londonienne : « Vous avez peut-être raison. Je ne sais pas, mais j’y se réfléchis… » Une réponse coup de tonnerre dans la Jordan, en 1996. polémique qui fait rage depuis plus d’un an au sujet : 0IRTFIDAY de la page culte du quotidien anglais. Depuis, certains prédisent la mise au rancart de la pin-up légendaire. Selon les bookmakers anglais qui proposent des paris sur tout, cela pourrait même survenir en 2013. Jane Martinson, journaliste au quotidien centre-gauche Stephanie Rahn, la première The Guardian, anticipe déjà : des page 3 en 1970. « Murdoch voit que son journal perd des lecteurs. Il n’a pas d’autre choix que de changer sa ligne éditoriale. » Patrimoine national Pourtant cette Page 3 est une institution qui a vu le jour en novembre 1970, seulement un an après le rachat du journal par Rupert Murdoch. Alors que ce dernier est parti en vacances siroter des piña colada, le rédacteur en chef de l’époque, Larry Lamb, trouve un concept pour augmenter le sexappeal du journal. De sa propre initiative, il commande une session photo avec Stephanie Rahn, belle Allemande d’à peine 20 ans. Assise dans l’herbe, de profil, les bras croisés et… entièrement nue : le premier modèle en Page 3 vient de voir le jour. À son retour, Murdoch est furibard. La photo est un scandale. Mais il se calme vite quand il voit que l’initiative de Lambfait grimper les ventes du journal de 1,5 à 2,1 millions d’exemplaires. Voilà comment un savant dosage de provocation et de cynisme a donné naissance à cette icône controversée. Au fil du temps, la Page 3 s’est installée dans les mœurs de tout un pays. Certains allant jusqu’à SAA1,16,QUITS A- LEVELS FO 0011 -1,EVELS ! R thfittill OVE Ujltrtg°1ele 1418B4 ofyttletel4 SUIT ! AMAZING CASE OF THE LEBANESE GOLD DRUG LOVER GIRLS'e-4.ie•-•" dire que cette fille dénudée est devenue un symbole de l’Angleterre, au même titre que la relève de la garde devant Buckingham Palace ou les chansons des Beatles. Et quelques anciennes pin-up maison défendent l’importance de ce rôle qu’elles ont vécu comme un tremplin. L’une d’elles, Samantha Fox, s’est reconvertie en chanteuse pop à succès dans les années 1980 (avec l’inoubliable Touch Me). Plus récemment, la brunette Keeley Hazell est devenue la nouvelle icône du cinéma indépendant. Son dernier film, Like Crazy, a reçu le Prix spécial du jury au festival de Sundance.• - rote k That denob suit is - of history Une députée en croisade Barbie toute nue, un métier valorisant ? Nombreuses sont les sceptiques. La première à s’être vigoureusement opposée aux « pin-up dégradantes » de l’empire Murdoch s’appelle Clare Short. Cette députée travailliste a essayé par tous les moyens législatifs possibles de faire tomber ce symbole. Mais, trop réac dans la forme et trop en avance sur l’époque, elle fut la victime de ce combat des sexes. En 1986, alors qu’elle tente de faire passer une loi interdisant « la banalisation des modèles nus dans la presse », la réponse du tabloïd ne se fait pas attendre. Les sacrés blagueurs du Sun publient un article intitulé « Les 20 trucs à savoir sur la peine-àjouir Clare Short ». La loi ne passe pas. La députée devient la risée du pays, mais ne plie pas. En 2004, elle reprend son combat. Là encore, le journal contreattaque et colle une photo du visage de la politicienne sur le corps dénudé d’une mannequin, le tout assorti d’un titre remarquablement subtil : « Grasse et jalouse, cette dame affirme que la Page 3, c’est de la pornographie… » Aujourd’hui, les jeunes femmes comme les Femen font tomber la chemise, mais pour exprimer un point de vue politique et non pour faire rêver les hommes. Et, outre-Manche, elles sont de plus en plus nombreuses à manifester leur opposition à cette rubrique. Pour ces militantes regroupées derrière la bannière « No More Page 3 » de l’actrice et écrivaine Lucy-Anne Holmes, la demoiselle dévêtue est sexiste, stupide et franchement dépassée. Pour abroger quarante-trois années de filles à poil, tous les moyens sont bons : pages Facebook dénonciatrices, concerts de klaxons devant les bureaux du tabloïd, pétitions en ligne. On recense déjà 87 000 signataires, parmi lesquelles Lauren Laverne (célèbre animatrice radio et télé) ou encore Jennifer Saunders, de la série culte Absolutely Fabulous. enquête la page 3 en famille En initiant le mouvement, Lucy-Anne Holmes devient la porte-parole d’une croisade qui ne doit plus s’arrêter. Le début de son engagement date de septembre 2012, quand le quotidien The Independent publie son éditorial intitulé : « Nous avons vu assez de seins nus ! » Dans cette tribune, elle attaque dur : « Dans un pays qui recense 300 000 femmes agressées sexuellement chaque année, dont 60 000 violées, n’est-ce pas dangereux de perpétuer cette tradition de la femme représentée comme objet sexuel ? » Lucy-Anne Holmes condamne surtout le modèle éducatif involontaire que représentent ces filles dévêtues pour les centaines de milliers d’adolescentes dont les parents lisent le journal. « Quand j’ai eu 35 ans, j’ai enfin réalisé pourquoi je détestais mon corps. Entre autres, parce que j’ai été élevée dans une famille de lecteurs du Sun. J’ai vu dans le regard des hommes qu’on me comparait à ces filles nues et que je n’étais pas aussi bien qu’elles… » Que Lucy-Anne Holmes se rassure, Rupert Murdoch ne manque pas d’idées pour remplacer sa page. Là encore, notre twitteuse Karen Mason a eu la primeur des réflexions du vieux magnat, décidément très en verve sur les réseaux sociaux : « Et si on coupait la poire en deux et la remplaçait par une fashionista glamour ? » Affaire à suivre. Tourner la page Les reconversions les plus inattendues de queLQues-unes des pin-up du Sun. Katie Price, la page 3 qui écrit des histoires pour enfants Pour les lecteurs qui la découvrent en 1996, Katie Price (34 ans aujourd’hui) s’appelle Jordan et son titre de gloire tient à ses augmentations mammaires. Depuis, elle assure son train de vie avec sa ligne de parfums et ses livres pour enfants. Donna Ewin, la page 3 qui conduit un taxi Dans leseighties, Donna était l’une des Page 3 les plus populaires, et plusieurs magazines de charme (Playboy, Mayfair…) ont fait appel à elle. Désormais, à 43 ans, elle est rangée des voitures. Enfin, c’est une expression : elle conduit un taxi à Londres ! Jodie Marsh, la page 3 qui pratique le body-building En 2007, Jodie Marsh paraît dans le Sun… Elle y posera six fois, un record ! Après ? Des émissions de télé-réalité plus ou moins réussies, puis la découverte du body-building et du fitness. Elle dit ne s’être jamais sentie aussi bien dans son corps qu’aujourd’hui. STYLIST.fr 47



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