Stylist n°2 25 avr 2013
Stylist n°2 25 avr 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de 25 avr 2013

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Timar

  • Format : (225 x 297) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 35 Mo

  • Dans ce numéro : quand la mode renonce au XXS et part à la conquête de l'espace.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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o L’HOMME PRÉCURSEUR Dans le petit monde de la mode, tout a commencé chez l’homme. Les derniers défilés ont dévoilé une succession de tenues amples, molletonnées, inspirées par le vestiaire sportif. Les chemises sont moins près du corps. Les costumes se croisent et les épaules tombent. Chez Dries Van Noten, on voit poindre une tendance « pyjama » ou « robe de chambre » qui exhibe un style jusque-là cantonné à l’intérieur. Chez le créateur Rick Owens, on noue sa longue veste sans boutons façon kimono, pour plus d’aisance. Bref, on veut être libre de nos mouvements. « La tendance pointait depuis plusieurs saisons : on a commencé par élargir le haut, à prendre des épaules, puis sont apparus les pantalons à taille plus haute. La silhouette dans son ensemble s’élargit », constate Jérôme Bloch, tendanceur chez NellyRodi. Et la femme ? Eh bien, elle imite son mec, pioch ant même dans sa garde-robe, lui empruntant par exemple le manteau oversize de chez Dévastée. Les collections femme se laissent tenter à leur tour par ce changement de style. On voit des robes boules chez Carven. Chez Louis Vuitton, Marc Jacobs présente des pyjamas en soie et de longs manteaux. Quant à KarlLagerfeld chez Chanel, il donne dans l’univers mystérieux d’Enki Bilal : longs manteaux aussi, ou grandes vestes tombantes. 2013 veut se sentir à l’aise, donc. Quitte à verser dans le laisser-aller ? Pas vraiment. AMPLE MAIS LOOKÉE Cette silhouette ample est loin d’être une redite du baggy oversize de 1990. Elle se construit de manière plus complexe, en multipliant les emprunts à des registres stylistiques très différents – le workwear, le sportswear, l’outdoor… « Les références sont multiples, confirme l’historienne de la mode Lydia Kamitsis. J’y vois l’influence de cette culture vintage qui a émergé dans les années 1970 et qui veut que l’on porte sa chemise un peu trop grande, parce qu’empruntée au vestiaire d’un autre. » Dans cette mode il y a du jeu, de la réappropriation. Mais l’ampleur « coolante » côtoie des LA CONQUÊTE DE L’ESPACE EN QUATRE DATES 2000 Hedi Slimane, ancien de chez Saint Laurent, accepte un gros challenge : inventer l’identité de la division Homme de Dior, qui n’existait pas jusqu’alors. Cravates fines, jeans slim, vestes près du corps, il révolutionne les proportions de la silhouette masculine et impose un look étiré, à son image. 28 STYLIST.CO.UK KATE MOSS, L’ICÔNE DU SLIM (2007). formes finalement très constructivistes, inspirées quant à elles de l’architecture du Bauhaus (chez Raf Simons, Kris Van Assche, Acne…). Une analyse partagée par Garance Broca, la fondatrice de la marque de maille Monsieur Lacenaire, devenue célèbre grâce à ses blousons teddy si confortables. « C’est un retour à l’ampleur maîtrisée, qui traduit un réel goût pour la mode. On ne porte plus de cravate mais on boutonne sa chemise large jusqu’en haut. Ce n’est plus collet monté mais il y a de la tenue quand même. Les gens ne se cachent pas, ne cherchent pas à se fondre ou disparaître dans une masse informe », note la créatrice. Souple mais structurée, cette nouvelle allure aurait également valeur d’affirmation. « Il y a aujourd’hui l’idée de ne plus se contenir, que ce soit au niveau de la silhouette ou dans HEDI SLIMANE a t DE DU L’XXS... XXS… « LA SILHOUETTE A EXPLOSÉ, COMME SI TOUS LES CARCANS AVAIENT SAUTÉ » DIOR HOMME (2006). 2008 BALENCIAGA (2006). GUCCI (2007). Lors de la présentation de sa collection printemps 2008, la Française Isabel Marant dévoile des looks qui s’accommodent des dogmes du slim (pantalons Jodhpur) pour mieux libérer le corps par le haut (vestes amples de baroudeuses). Une rupture s’amorce. BALENCIAGA (2009). la façon de vivre, de se nourrir. On constate une envie plus générale d’ouverture », analyse Jérôme Bloch. Une tendance pas anodine, donc. Le sociologue Pascal Monfort rappelle que l’ampleur, dans l’histoire du costume, surgit toujours à des moments clés. En France, « elle se manifeste à des époques où l’on se porte bien économiquement, culturellement. Comme c’était le cas à la cour de Versailles. Elle dit l’importance sociale. À l’inverse, à la Révolution, on va favoriser un style plus près du corps pour signifier la modestie, l’inconfort. » Mais quel rapport avec notre époque en pleine sinistrose ? « Cette tendance s’est aussi manifestée en période de crise, reprend le sociologue. Dans les années 1930-1940 aux États-Unis, chez les Zoots. » ISABEL MARANT (2008). PHOTOS : REX VICTOR VIRGILE/GETTY IMAGES ; KARL PROUSE/GETTY IMAGES ; CARLO CERCHIOLI/GETTY IMAGES ; ANTONIO DE MORAES BARROS FILHO/GETTY ; FRANÇOIS GUILLOT/AFP/GETTY ; IMAXTREE ; DOMINIQUE CHARRIAU/GETTY
CÉLINE (2013). L’ÉGYPTIENNE IMAAXXXN DSSSSSSSSSS VVVVVVVTHEHIJAMXXX 2009 CÉLINE (2013). ALBER ELBAZ KANYE WEST AU DÉFILÉ CÉLINE (2013). … AU XXL Chez Lanvin, les robes prennent du volume au niveau des épaules. Elles sont signées Alber Elbaz qui, aussi rond que Slimane est fin, incarne un nouveau modèle de couturier et de silhouette, plus généreuse. À l'époque, ces Mexicano-Américains font scandale en adoptant des costumes flamboyants (les zoot suits) nécessitant « trop » de tissu. Un gaspillage volontaire pour affirmer leur identité, signifier qu’on ne vit qu’une fois et qu’on refuse de céder à la morosité. « C’est le même type de message qu’on reçoit aujourd’hui, analyse Pascal Monfort. Le peuple n’a plus envie de subir. Plutôt que de s’habiller avec modestie, il s’habille en réaction. » Gagner du volume, réaffirmer son confort pour contrer une époque qui voudrait, elle, rétrécir tous les horizons. FINI LA MODE HAPPY FEW, VIVE UNE MODE POUR TOUS LA MODE DÉMOCRATIQUE Pour Jérôme Bloch, il s’agit d’une tendance de fond. « Les gens commencent à reprendre le pouvoir dans de multiples sphères. Il y a eu le mouvement Anonymous sur le Net, par exemple. Quant au vêtement, la silhouette a explosé, comme si tous les carcans avaient finalement sauté. » Fini la mode happy few, vive une mode plus démocratique, portable par tous. Toujours selon lui, cet appétit de volume s’inscrit aussi dans un mouvement plus global de consommation raisonnable, durable et d’anti-bling bling. « On recherche le bon rapport qualité/prix, l’honnêteté et l’authenticité. » On a envie de se sentir bien, dans des vêtements de bonne qualité, sans pour autant débourser une fortune. « Il y a une revalorisation du quotidien », synthétise l’acheteur Zoaher Mahadji. Fers de lance de cette mode abordable, faite pour être portée, les jeunes créateurs Guillaume Henry chez Carven et Alexandre Mattiussi chez Ami. « Ce n’est pas un hasard, explique Jérôme Bloch. Ils se sont posé des questions en tant que consommateurs avant de devenir créateurs. » Ce besoin d’air coïncide donc avec un certain rasle-bol d’une génération moins fascinée par les marques, par la consommation globalisée. Guillaume Henryienry qualifie l'époque l’époque de plus « sensible ». « On est moins dans le tape-à-l’œil, dans les gros logos. On a bouffé de l’uniforme, l'uniforme, on a envie de le quelque chose d’un d'un peu plus personnel. J’ai J'ai l’impression qu’on s’habille s'habille plus pour soi que pour les sautres. » PIus » Plus d’être, moins is d’avoir. d'avoir. Le vrai luxe, c’est l'impres- l’espace. Nicolas Ghesquière, qui pilotait la maison Balenciaga depuis quinze ans, s’en va. Pour le remplacer, le groupe PPR, propriétaire de la maison, choisit Alexander Wang, jeune couturier américano-taïwanais de 30 ans. Les observateurs y voient l’avènement d’une silhouette plus sportswear, portée par Wang. BALENCIAGA (2013). DAMIR DOMA (2013). 2012 Côté pile, vous n’êtes pas à l’abri du « sourire de l’ouvrier », celui qui, lorsque vous vous baissez, fait découvrir à votre entourage (ou à des inconnus dans le métro) la face cachée de votre lune. Classe. Avec un pantalon qui vous moule comme une pièce de bœuf dans du cellophane, vous êtes sûre d’être scannée des pieds à la tête. Si ça passe, vous tombez dans la catégorie « bonne » ; si ça casse… dans la catégorie « tromblon ». 4 RAISONS DE BANNIR LE SKINNY Vous ne le saviez peut-être pas mais qui dit pantalon trop serré dit gros risque de choper une cystite ou de dessiner de gracieuses varices sur vos cuisses. L’adage ne dit pas « souffrir pour être moche et malade », on est bien d’accord ? L’effet « réalité augmentée » du skinny qui, par conséquent, vous fait découvrir des amas celluliteux sur des zones jusqu’ici parfaitement insoupçonnables, comme les genoux… Moche. L’ÉGYPTIENNE IMAAXXXN DSSSSSSSSSS VVVVVVVTHEHIJAMXXX STYLIST.CO.UK 29



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