Stylist n°19 26 sep 2013
Stylist n°19 26 sep 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de 26 sep 2013

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Timar

  • Format : (225 x 297) mm

  • Nombre de pages : 62

  • Taille du fichier PDF : 40,7 Mo

  • Dans ce numéro : Guillaume Henry, l'homme de Carven, rhabille Stylist.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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joan baez encore une histoire de saison à vos souhaits disque usé a force d’écoute, comme le jean 58 STYLIST.fr interview Culturist Guillaume Henry beau comme rimbaud dancer in the dark de lars von trier what’sup ? nirvana de marbre ou de papier photos : jean-Étienne Portail ; dr
« Je suis fasciné par les gens anonymes que l’on croise » Alors qu’on ne se doutait pas forcément que Guillaume Henry était un nostalgique des nineties et de ses héroïnes effrontées, Stylist a voulu creuser son univers et ses références culturelles pour découvrir les inspirations du créateur de Carven. Le héros ou l’héroïne qui vous ressemble le plus ? J’espère que cela puisse être un personnage d’un film de Jacques Tati, l’un de mes cinéastes préférés. Je suis également fasciné par les héros du quotidien, les gens anonymes que l’on croise dans la rue, dans le métro. Pour moi, chacun d’entre eux porte une histoire forte potentielle. Les disques qui ont bouleversé votre adolescence ? Ceux de Mano Solo, de Nirvana et pas mal de Vanessa Paradis. J’adore son album écrit par Serge Gainsbourg, Variations sur le même t’aime. Et aussi l’album de Madonna Like A Prayer. Je les écoutais en boucle, car à l’époque, je n’avais pas 50 000 CDs non plus ! L’artiste maudit qui vous ressemble le plus ? J’espère aucun. Mais la plupart me fascinent. Je pense à Rimbaud, Nicolas de Staël, Francis Bacon… Il y a de la beauté dans leur art et dans leur mélancolie. Leur trajectoire de vie peut être une inspiration dans mon travail. La série qui vous a fait renoncer à votre vie sociale ? Malheureusement, j’ai dû rater 10 000 épisodes de Glee mais je pense que c’est une série qui aurait pu me rendre complètement accro. La chanson nulle que vous aimez ? Cœur de loup de Philippe Lafontaine. L’œuvre qui vous excite sexuellement ? Je dois admettre que dans le travail de João PedroRodrigues (réalisateur portugais qui traite souvent des questions homosexuelles et transgenres, notamment dans O Fantasma et Mourir comme un homme,ndlr), il règne une vraie tension érotique, que je trouve troublante. Mais de là à être excité sexuellement, faut pas pousser ! Avez-vous déjà demandé un autographe à un(e) artiste ? J’ai une très jolie note de Stéphane Audran à qui j’ai demandé quelques mots à l’occasion d’une collection inspirée du travail de Chabrol. Je la garde précieusement. Je l’admire beaucoup en tant qu’actrice. Et puis une femme qui s’appelle Stéphane, j’adore ! Si vous avez été fan, jusqu’où êtes-vous allé par idolâtrie ? Je suis fan du travail de certaines personnes comme Christian Lacroix, plus que des personnes elles-mêmes. Alors je ne cherche pas à forcer le destin pour entrer en contact avec elles. Si ça doit se faire, ça se fera ! Et tant mieux si c’est pour un projet commun. Dans quelle mesure vous êtes-vous rebellé contre les goûts culturels de vos parents ? J’ai eu de la chance, car mes parents ont assez bon goût ! Il m’arrivait même de piquer les albums de Joan Baez de ma mère. Quelle œuvre a bouleversé votre vision du monde ? Très sincèrement, À nos amours de Maurice Pialat a été un véritable choc. C’est grâce à ce film que j’ai pu apprendre à voir du beau dans les choses ordinaires. L’œuvre qui vous a rendu plus intelligent ? Je ne saurais pas trop répondre parce que je ne suis pas sûr que ça rende plus intelligent. Certaines œuvres peuvent bouleverser le regard que l’on a sur le monde. Je me souviens des premières images que j’ai vues des photographes Diane Arbus ou Brassaï, et j’ai réalisé que l’esthétique n’est pas forcément l’artifice. J’ai compris que la beauté et l’émotion pouvaient être une expérience immédiate. ◆ propos recueillis par Laureen Parslow Quels sont les films que vous avez vus vingt fois ? Dans le désordre, À nos amours (encore !), Le Nom de la rose, La Guerre des boutons (attention, la version originale), L’Été en pente douce, The Commitments, Mary Reilly, 1, 2, 3 Soleil, L’Été meurtrier. Quel art vous laisse de marbre ? L’origami ! La fin d’un film que vous auriez voulu changer ? Il y en a beaucoup ! En plus, j’aime quand la fin reste ambiguë, quand on sort du cinéma ou de son canapé en continuant le scénario. Par exemple, Le Grand Bleu, je pense que Jacques Mayol est encore en train de nager avec les dauphins, voire qu’il s’est transformé en dauphin… Sinon, il y a une fin qui m’a traumatisé : Dancer In The Dark. Selma, l’héroïne jouée par Björk, est pendue. Elle est dure à supporter, mais très forte, il ne faudrait surtout pas la changer. Le livre que vous n’avez jamais réussi à terminer ? J’essaie toujours de finir ce que j’ai commencé. Mais j’avoue avoir eu beaucoup de mal à aller au bout des Mémoires d’Hadrien (de Marguerite Yourcenar,ndlr) ! Le livre que vous avez fait semblant d’avoir lu ? Aucun souvenir, je n’ai rien lu cet été, du coup j’évite les conversations littéraires car c’est difficile de mentir. En revanche, je n’hésite pas à faire semblant d’avoir vu des films. Le morceau dans lequel vous noyez votre tristesse ? What’s Up des 4 Non Blondes, la bande-son de mes coups de blues adolescents. J’ai passé ma jeunesse dans une petite ville de la Haute-Marne… Quelle personnalité de la société civile ferait un(e) excellent(e) ministre de la Culture ? Patrice Chéreau. Ses parents étaient des artistes et l’emmenaient voir des expositions et il a pris position pendant mai 68. Ce serait le candidat idéal ! Selon vous quelle est la différence entre culture de gauche et culture de droite ? Je n’en vois aucune. Je pense que l’art dépasse les clivages dans la mesure où il s’agit d’une histoire de sensibilité individuelle. STYLIST.fr 59



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