Stylist n°19 26 sep 2013
Stylist n°19 26 sep 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de 26 sep 2013

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Timar

  • Format : (225 x 297) mm

  • Nombre de pages : 62

  • Taille du fichier PDF : 40,7 Mo

  • Dans ce numéro : Guillaume Henry, l'homme de Carven, rhabille Stylist.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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comment faire partie de la brochette sans se faire griller ? 46 STYLIST.fr une de ces personnes n’est jamais invitée mais se débrouille toujours pour être front row Par Déborah Malet
Photos : dr ; illustration : jeanne detallante e concept de l’incruste, ça vous parle ? Il est ici question de ce squatteur professionnel qui s’invite partout alors qu’on ne l’a pas sonné, peu importent les obstacles sur sa route (barrières de sécurité, pitbulls en costard à l’entrée). Ses terrains de jeux favoris : les grands-messes mondaines comme la Fashion Week qui agite Paris depuis une semaine. Ses défilés et ses aftershows sont de véritables aimants à incrusteurs. Que ce soit pour frôler du people, compiler des contacts ou se montrer à l’acmé de l’art du personal branling. Comme en atteste Alexandre, jeune styliste parisien, à chacun ses combines : « Pour le défilé Maison Martin Margiela, j’ai envoyé un mail en anglais à l’attaché de presse. Je m’y présentais comme un journaliste londonien du magazine branché Dazed & Confused. Un gros pipeau qui a fonctionné à merveille. » Parfois, l’escroquerie peut aller très loin. Olivier Nicklaus, journaliste et chroniqueur dans l’émission La mode, la mode, la mode sur Paris Première, raconte : « Il y a cette histoire culte des journalistes étrangers logeant dans les grands hôtels parisiens. Comme les maisons y envoient les invitations, certains concierges piquent les invit’et les revendent à des gens qui feraient tout pour assister à un défilé. » Agaçant, le front row crasher ? Certes, mais gageons qu’il participe à rendre ce grand cirque de la mode plus fun, moins élitiste. « Un défilé sans incruste est un défilé raté, déclare Loïc Prigent, réalisateur de l’émission Habillé(e)s pour… Les shows à 150 privilégiés, c’est l’ennui total. Dites à un créateur que personne n’a tenté de s’incruster et il sera déçu. J’ai moi-même chouravé des invitations à Anne Boulay (actuelle rédactrice en chef de Vanity Fair,ndlr) quand j’étais pigiste à Libération. » De la blogueuse au rabais au sous-Terry Richardson, à chacun sa technique pour ouvrir les portes les plus fermées. Stylist a détaillé cette no-guest list de la lose. 1 Le Freak Fashion Son profil : Souvent étudiant en école de mode, il cherche la reconnaissance de ses pairs. Le freak fashion met le paquet sur son style : juché sur des twelves, moulé dans une combi alu digne du clip de Sheila Spacer, le FF n’hésite pas à défendre des fashion statements aussi douteux que ce mignon pigeon mort en guise de chapeau. Il est prêt à tout pour se faire photographier et/ou filmer par un site de mode bulgare, Le Petit Journal ou le magazine Vice qui l’épinglera dans sa rubrique « Don’t » de looks de rue. Le ridicule ne (le) tue pas. Son plan d’attaque : Montrer du doigt un sosie de Rihanna, provoquer un mouvement de foule à l’entrée des défilés et se faufiler ni vu ni connu. Parfois, il devient aussi mytho que Jean-Claude Romand et affirme être l’assistant de Kappauf du magazine Citizen K ou journaliste pour l’émission Nouveau look pour une nouvelle vie. 2 La BM de seconde zone Son profil : Quand elle ne se met pas en scène sur son blogspot en train de taper la pose dans le cimetière du Père-Lachaise, la blogueuse mode de seconde zone – donc pas encore connue – parade devant les défilés dans ses plus beaux atours. Elle maîtrise aussi bien le calendrier de la Fashion Week que ses tables de multiplication. Son inaccessible étoile ? Connaître le même destin que la reine-mère des blogueuses, Garance Doré : elle lui envie sa vie à New York, sa présence en front row, son pouvoir d’achat triple C (Chanel Chloé, Céline) et son petit copain Scott Schuman, le photographe de streetstyle, The Sartorialist. Son plan d’attaque : Moins hystéro que le FF, elle préfère la jouer low profile (ne pas se griller auprès des RP) et attendre patiemment dans la file d’attente du « standing » (places debout). Mais pour mettre toutes les chances de son côté, elle sort son iPad pour montrer son blog aux vigiles stoïques, histoire de faire savoir qu’elle est quelqu’un et qu’il y en a qui bossent, bordel. 3 Le magicien d’OZ Son profil : Clochard céleste atteint du syndrome de l’imposture, le magicien d’OZ – en référence à son maître à penser Olivier Zahm (éditeur du magazine érotico-fashion Purple) – s’est donné pour mission de soulever autant de coupettes de champ’que de mannequins post-pubères. Pour les attirer, il a plus d’un tour dans son 501 blanc vintage : il se prétend photographe et leur propose un shooting intime dans son studio à la manière du libidineux Terry Richardson, ou encore éditeur de magazine et leur promet sa prochaine couv’. Son plan d’attaque : Étaler son CV sexuel à l’entrée : « Écoute mon gars, j’ai passé la soirée avec Magdalena hier donc je la connais plus que bien ! », voire refourguer le 06 de ladite Magdalena au vigile pour qu’il le laisse passer. Son terrain de chasse préféré ? Les soirées aftershows, lorsque les mannequins squattent l’open bar pour décompresser. Le loup est lâché dans la bergerie. 4 Le Pacadis zombie Son profil : Les années Palace ? Il connaît. Alain Pacadis, feu le dandy chroniqueur du Paris by night dans leseighties ? Connaît aussi. Dans une vie antérieure, il tapait même la bise au Kaiser et guide à Grace Jones (du moins, c’est ce qu’il raconte à tout le monde). Le teint aussi froissé que son costard, la denture aussi irrégulière et pourrie que ses années de débauche, le Pacadis zombie est ce journaliste gonzo tombé dans l’oubli qui a connu son heure de gloire dans le passé et qui continue à hanter les événements mondains à la recherche d’un petit four et d’une coupe de champagne à s’enfiler, sans trop se poser de questions sur sa légitimité. D’oiseau de nuit flamboyant, il est passé à bouffe-caillasse du caniveau. Triste. Son plan d’attaque : Dégainer sa carte de presse datant de 1988 et la coller sous le nez des vigiles ou faire semblant d’appeler (avec un téléphone emprunté au freak fashion) une personne gravitant dans les hautes sphères de la mode et susceptible 1/de le faire entrer 2/de les faire virer. 5 La groupie photobombeuse Son profil : Déjà ado, elle collectionnait les fiches détachables des stars qu’elle récupérait dans les magazines type Star Club. Stalkeuse obsessionnelle, elle piste les vedettes pour décrocher le Graal ultime : une photo avec elles. Elle connaît par cœur l’emploi du temps des stars du frow (diminutif de front row), le planning des défilés et les adresses des palaces où loge tout ce joli monde. Avec son numérique, elle se rue sur sa proie afin de faire des selfies et s’incruste sur les photos prises par d’autres aussi groupies qu’elle. Dans sa tête, c’est pluie de paillettes. Son plan d’attaque : Attendre devant l’« entrée des artistes » que sortent maquilleurs et coiffeurs et leur demander leur badge pour s’infiltrer par les backstages. Pas pour assister au show (la mode elle s’en fout) mais pour guetter en coulisses les people qui s’y ruent après le défilé pour féliciter le créateur. Pluie de paillettes bis. « Ma vraie incruste, c’était au défilé Thierry Mugler en 1999. J’étais passé par les coulisses. À l’époque, tous les défilés se tenaient au Carrousel du Louvre. Il y avait une porte dérobée dans la galerie marchande du Carrousel, que j’ai empruntée parce qu’elle était ouverte et je me suis retrouvé directement sur le podium ! Heureusement, le défilé n’avait pas commencé, je suis donc parti m’installer. J’étais fou, les gens étaient hystériques, c’était l’époque des défilés show-off. Et c’était fabuleux ! » STYLIST.fr 47



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