Stylist n°19 26 sep 2013
Stylist n°19 26 sep 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de 26 sep 2013

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Timar

  • Format : (225 x 297) mm

  • Nombre de pages : 62

  • Taille du fichier PDF : 40,7 Mo

  • Dans ce numéro : Guillaume Henry, l'homme de Carven, rhabille Stylist.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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elle est un mélange d’opposés », décrit Guillaume en tirant sur sa cigarette. En ouvrant le rideau qui barre la moitié du showroom ce jour-là, pendant les essayages, je constate que la philosophie Carven est appliquée à la lettre pour cette collection estivale. Et qu’à l’image des inspirations de Guillaume, « la banalité peut se transformer en quelque chose de spécial » … Nous sommes à J-15 du défilé, et l’ambiance est extraordinairement calme. Ici, le créateur n’est pas une diva hystérique martyrisant ses assistants, avec un chaton blanc dans les bras, mais un type en pull noir, pantalon à pinces et Converse. Très concentré. Et drôle. surtout ne pas bouger. prendre une grande inspiration Les essayages continuent, après le déjeuner. Je tombe nez à nez avec les planches moodboard de la collection. Je ressens une jubilation intérieure qu’il vaut mieux masquer à ce stade de ma mission chez Carven. Des photos de Mariés, deux enfants, le casting de Beverly Hills et leur 501 taille haute, Chloë Sevigny période Kids, des élégantes des 1950’s, NeveCampbell, Courtney Love, et l’icône de cette collection, Drew Barrymore, version 15 ans et moue boudeuse. essayer, c’est gagner « On garde cet empiècement parce qu’il est magnifique, on descend le retour de laura ingalls ? jusqu’ici, il n’y a plus de fronce, on est plat. On passe sur une longueur 40 depuis la taille, on ne garde les broderies que sur le devant, on a les poches sur le côté… » Des planches de photos, de silhouettes, les tissus d’un côté, un portant de l’autre, et au milieu, sous les néons, Guillaume, à genoux face à son mannequin cabine, Suzy, sur laquelle il retravaille directement le patron. Suzy et ses jambes interminables se mettent à chalouper, comme sur le catwalk. Elle tourne sur elle-même et, satisfait, Guillaume demande : « On fait la photo ? » Voilà une silhouette validée. Jusqu’ici, seulement un tiers des looks est prêt à repartir pour être finalisé à l’atelier. « C’est compliqué d’être créatif quand la deadline approche », m’explique Guillaume, avant de découvrir le look suivant ; une robe blanche et noire ornée de broderies fleuries en vichy rose. « J’adooore, c’est canon », s’exclame le designer. Sourires de satisfaction de son équipe, Fanny, chef de produit et Émilie, styliste des collections femme. « J’ai un dictionnaire d’ambassadrices ou d’icônes dans la tête qui sont souvent liées à mes souvenirs d’enfance. Là, j’ai pensé aux héroïnes des nineties. Une attitude de nonchalance, une fille un peu boyish, qui marche les mains dans les poches, attentive à la mode mais pas trop coquette. C’est une effrontée. » Guillaume s’occupera seul du casting des modèles, deux jours avant le show du 26 septembre. Il attend qu’elles reviennent de la Fashion Week de Milan. « L’attitude, le visage, les cheveux, tout raconte une histoire. J’ai envie d’une fille qui soit très fraîche mais assez piquante. » photos : Bertrand DESprez/agence VU
« J’ai pensé aux héroïnes des nineties. Une attitude de nonchalance, une fille un peu boyish… » Avec Olivier Massart, producteur de défilés. une rampe de skate pour CAtWALk. vérifier que tout roule Olivier Massart, le dirigeant de La Mode en Images qui produit des défilés pour la Fashion Week, et son équipe s’occupent depuis le début des shows de Carven, un de leurs clients favoris. « Olivier se déplace spécialement pour Guillaume parce qu’ils accrochent particulièrement bien », me chuchote Cyril, le directeur de communication de Carven. Guillaume a imaginé un skate park comme écrin de l’esprit des héroïnes californiennes des 1990’s. Pendant trente minutes, il hésite sur les couleurs des dalles, qui sont toutes grises. « Je ne veux pas du côté urbain sale », dit-il. Face à un prototype de rampe de skate défigurée par des graffitis, où défileront les modèles, il s’extasie : « Oh, c’est beau », avant de se reprendre : « Mais je ne veux pas de tags. » Les assistantes notent studieusement ses remarques. On passe à la problématique des bancs. Tous les regards sont concentrés. « Peut-être que je me méprends sur la largeur du banc », hésite Guillaume, qui se met à dessiner sur les plans et prendre des mesures. On devine des soupirs rentrés, mais les visages restent impassibles. Olivier tranche : « T’inquiète, on a compris ce que tu veux. Au moins pour les bancs. » Petits gloussements. « Il faudra aussi des lumières zénithales, poursuit Guillaume. Le blanc, c’estL.A.. » Quelque 900 personnes sont attendues au Grand Palais. « Le défilé, c’est le prolongement de l’histoire de la collection. Tu es testé en dix minutes, tous les détails sont importants », justifie Cyril, soucieux de ne pas écorner l’image de son boss. Puis un débat houleux agite la table : les bouteilles de limonade offertes pour désaltérer le public. Elles sont en verre. « J’espère que ça ne va pas rouler sur le décor, j’espère que les rédactrices ne vont pas me les balancer à la gueule, ou que ça va les encombrer. En fait, pensez toujours au pire de ce qui peut arriver ! », ordonne-t-il à son équipe de communication. Cover Story les planches tissus déveLOPPées en juin. STYLIST.fr 43



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