Stylist n°1 18 avr 2013
Stylist n°1 18 avr 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de 18 avr 2013

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Timar

  • Format : (225 x 297) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 55,5 Mo

  • Dans ce numéro : une génération de filles frappées du syndrôme Wonder Woman.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Ceux qui aiment scruter notre ciel pop culturel s’en sont forcément rendu compte. Ces derniers temps, on y voit souvent passer une apparition furtive mais reconnaissable : une cape rouge. C’est celle de Wonder Woman. Un nom exhumé du fin fond des années 1980, époque où Lynda Carter, dotée d’un brushing très West Coast, incarnait à la télé française la superhéroïne. Récemment, cette figure féminine refait surface aux quatre coins de la planète cinéma. Quantité de jeunes actrices ont déclaré à la presse vouloir enfiler son costume. Olivia Wilde (Tron : L’Héritage, de Joseph Kosinski), Christina Hendricks (Mad Men) et Gina Carano (Piégée, de Steven Soderbergh) ont fait des appels de phare à Hollywood, suggérant qu’il serait temps de réhabiliter ce super rôle. Et le projet pourrait bien aboutir. Le réalisateur Joss Whedon (le papa de Buffy contre les vampires) a récemment annoncé qu’il espérait bien réussir à monter son film sur le sujet. Son scénario attend depuis plusieurs années déjà. L’époque se prête enfin, d’après lui, à la résurgence de cet archétype, représentation d’un féminisme triomphant. Eh oui, parce que quand Wonder Woman revient à la mode, il faut savoir lire entre les lignes et comprendre pourquoi un large public féminin pourrait avoir envie de se projeter en elle. Analysons son profil : une magnifique silhouette musclée comme celle d’une prof de gym, une paire de seins corsetée à faire rougir une stripteaseuse du Pink Paradise. En plus, elle sait voler, se déplace à la vitesse de la lumière, pulvérise les méchants, sauve le monde et fait rêver les hommes. Rien ne lui résiste, rien ne lui paraît impossible. Elle incarne parfaitement le fantasme d’une génération qui rêve de pouvoir tout 34 STYLIST.fr faire à la fois : carrière, famille, fête, sexe et jogging. Mais sans nécessairement posséder de super pouvoirs. C’est-à-dire : dotée d’un passe Navigo en guise de cape magique. La vie en mode 2.0 Il est 7 heures, Raphaëlle se lève. Elle n’a pas encore ouvert les yeux que déjà son ordinateur central met en place un programme d’une incroyable précision. « Le matin, je calcule tout à la minute près. 4 minutes pour mon café ; 4 minutes pour servir les céréales des enfants ; 15 minutes de préparation générale. Je dépose les petits à l’école ; je pars faire une demi-heure de jogging ; une douche ; je relis deux dossiers sur ma tablette et je suis au bureau à l’heure, à 9 h 30. Comme si une deuxième journée commençait. » La plupart des femmes qui souffrent du syndrome Wonder Woman font reposer tout leur emploi du temps sur un principe simple et efficace. Elles séquencent leurs activités sans le moindre temps mort : « Plus le temps passe, plus je ressemble à mon iPhone, raconte Vanessa, 26 ans. Je fais de l’hyper-tasking. J’ouvre mentalement plusieurs fenêtres dans ma tête et j’accomplis de multiples micro-tâches toute la journée, durant chacune de mes micro-pauses. » Agnès Jaoui L’actrice, scénariste, réalisatrice collectionne les casquettes mais pas les projets. Et cette façon de se faire rare est l’une des clés de son succès. Pendant que tout le monde s’agite, son film Au bout du conte frôle le million d’entrées. L’analogie entre la femme moderne et les nouvelles technologies n’est pas une image fortuite. Chacune semble concevoir sa journée comme une partie de jeu vidéo. Différents plateaux (la maison, le bureau, la boîte de nuit), de multiples obstacles (fuite d’eau, enlèvement de la voiture, N+1 insatisfait), un compte à rebours serré (24 heures chrono). « Moi, à la fin de la journée, quand j’ai encore la force de sortir le linge de la machine pour le mettre à sécher, j’ai l’impression d’avoir gagné des points », avoue Leïla, 30 ans. Des points de quoi ? De bonne conduite ? D’hyper-efficacité ? Nul ne le sait. « C’est la structure sociale qui nous contraint à faire ça, il n’y a là aucune transcendance », constate Mazarine Pingeot, écrivaine, prof de philo (et mère de trois enfants et chroniqueuse télé). À cause des garçons Mais pourquoi les femmes se mettent-elles une pression pareille ? L’une des premières explications est à chercher dans la lutte pour l’égalité des sexes. « La dure réalité est que le monde est toujours dirigé par des hommes », affirme Sheryl Sandberg, directrice générale de Facebook, qui vient de publier un genre de manifeste tombant comme un pavé dans la marre du machisme Modèles alternatifs … parce qu’il y a des femmes qui refusent de cumuler et qui vivent heureuses quand même, en se contentant d’être elles-mêmes. Rebelle Même Disney s’y met. Sa dernière princesse en date n’est pas une beauté parfaite mais une ardente décoiffée. Le repère d’une génération future qui apprendra peut-être mieux que nous l’art du laisser-aller. Drew Barrymore Une vraie Wonder Woman qui a pourtant mis sa carrière en suspens depuis la naissance de sa fille. « Il y a tant de choses que j’ai dû laisser tomber. Et je suis contente de l’avoir fait. » Que sa sainte parole soit entendue. PHOTOS : BARTHOLOMEW COOKE/TRUNK ARCHIVE/PHOTOSENSO ; DISNEY ; FREDERICK M. BROWN/GETTY IMAGES ; CHRISTIAN alminana/FILMAGIC ; DR
LES CHEVEUX PROPRES ET LA CAPE BIEN REPASSÉE : PARFAITE, ON A DIT ! Société ordinaire. Dans Lean In — Women, Work and the Will to Lead (Imposez-vous – Les femmes, le travail et la volonté de diriger), elle invite les filles à s’imposer dans leur entreprise, s’érigeant en véritable modèle. Elle affirme quitter le boulot à 17 h 30 tous les jours pour aller rejoindre ses enfants, avant de se remettre au boulot, une fois les petits couchés. Elle va même jusqu’à accuser une partie de la population féminine de se cacher derrière la maternité pour travailler moins. Tandis qu’elle porte haut son crédo, travailler plus pour exister plus, l’idée développée en sous-texte consiste à dire que la femme peut être l’égale de l’homme à condition de cumuler les tâches. De dormir moins sans jamais céder à la fatigue. Et Sheryl n’est pas la seule à véhiculer ce genre de pensée. Il suffit d’allumer la télé pour voir Shakira, enceinte jusqu’au cou, enchaîner les concerts en faisant la danse du ventre pour le comprendre. La maternité ne doit plus être un frein. « Mon fils est le satellite de mon existence, et pas l’inverse, explique Caroline de Maigret, célèbre mannequin. Je l’emmène au musée, au restau ou voir des concerts quand il n’a pas école le lendemain. Pour lui, c’est une initiation, pour moi, une occasion de passer du temps avec lui sans renoncer à ma vie. » UNE GUERRE OPPOSE AUJOURD’HUI TOUTES LES FEMMES… UNE RIVALITÉ SILENCIEUSE QUI MET EN CONCURRENCE TOUTE UNE GÉNÉRATION LE WEB, MIROIR DES VANITÉS Ce qui entretient le plus sûrement cette surenchère d’activité, c’est Facebook. Pas ce site en particulier, mais tous ceux qui proposent de mettre sa vie en vitrine. Marie, peintre à ses heures perdues, invite ses « friends » à venir à son exposition d’art contemporain. Le post d’avant nous présente son enfant et son mec, une photo de famille décalée où le bébé porte une grosse paire de Ray-Ban et une casquette. Celui d’après est un autre cliché, pris très tard dans un bar d’Oberkampf sur le point de fermer où Marie et ses copines tapent des poses de rappeurs. Entre les deux, elle a posté une blague sur Michelle Obama et une autre photo (floue) d’elle avec Woodkid, croisé par hasard dans une soirée électro. Derrière ce partage anodin d’informations, chaque image affichée est en fait la démonstration d’une existence épanouie : un brin d’humour, pas mal d’amour et o STYLIST.FR 35



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