Stop Arnaques n°101 oct/nov 2014
Stop Arnaques n°101 oct/nov 2014
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°101 de oct/nov 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 16,4 Mo

  • Dans ce numéro : assurances mutuelles, qui paye le mieux ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Faire face aux ruses de l’industrie alimentaire 56 Stop Arnaques - octobre 2014 conseil Conso L’industrie alimentaire induit les consommateurs en erreur… en toute légalité. Foodwatch, une nouvelle organisation de défense de consommateurs, révèle certaines pratiques discutables de 5 grandes entreprises qui produisent la Marque Repère (E.Leclerc), Maggi (Nestlé), Lustucru (Panzani), Vrai (Triballat Noyal) et Puget (Lesieur). En France, pays de la gastronomie, la volaille est mélangée à de l’eau et des arômes artificiels. La soupe à l’ancienne promet un savoir-faire et des ingrédients de qualité alors que ses additifs feraient la fierté des chimistes. Même le bio ne tient pas toujours ses promesses. Sous l’emballage flatteur, certaines grandes entreprises cachent l’essentiel… en toute légalité. Pratiques inacceptables « Difficile pour les consommateurs d’y échapper. Ces ruses de l’industrie alimentaire sont parfaitement légales. Les fabricants en profitent, confortés par des réglementations laxistes et le laisser-faire de la plupart des pouvoirs publics. Là est le véritable scandale. Pour que cela cesse, foodwatch appelle les consommateurs à réagir et à faire pression en signant sa pétition », explique Ingrid Kragl, directrice de l’information de foodwatch. Cette organisation de défense des consommateurs spécialisée dans les questions d’alimentation dénonce ainsi les pratiques critiquables de 5 entreprises. UN NOUVEAU PRODUIT À la loupe ! E. Leclerc : Blanc de dinde qualité supérieure cuit à l’étouffée Tradilège, Marque Repère, 100% filet E. Leclerc promet sur l’emballage un produit de « qualité supérieure » et « 100% filet ». En réalité, celuici n’est composé que de 84% de viande de dinde, et d’un mélange de 16% d’eau, de gélifiant à base d’algue (E407), de colorant et d’autres additifs. Le goût, quant à lui, ne provient pas d’épices mais d’un arôme de synthèse, d’origine inconnue. Le slogan de la Marque Repère est « Consommer mieux ». Derrière ces mots accrocheurs, faut-il comprendre « Consommer davantage d’eau » ? Car l’équivalent de 1 tranche sur 6 n’est autre que... de l’eau avec des additifs. Ce qui permet au fabricant de réaliser de considérables économies. D’un coup de baguette magique pour appâter le chaland, l’emballage transforme ce produit de qualité industrielle en « qualité supérieure ». E.Leclerc entretient la confusion et devrait immédiatement cesser d’étiqueter ce blanc de dinde « 100% filet » et « qualité supérieure ». Il devrait informer les consommateurs en lettres bien visibles que le produit contient environ 16% d’eau mélangée à divers éléments. Mieux, E.Leclerc devrait produire un blanc de dinde sans ajouter bien plus d’eau que nécessaire pour préparer ce type de produit et utiliser de vraies épices au lieu d’arôme de synthèse. Pourquoi est-ce légal ? En France, aucune loi ne régule la composition de ce type de produit. Dans ce cas précis, c’est le « Code des bonnes pratiques des produits à base de dinde et de dindonneau » qui en définit les règles. Mais ce Code a été rédigé par les professionnels du secteur de la dinde eux-mêmes, puis accepté comme document de référence par l’autorité
publique de contrôle, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Cette validation ne permet pas au consommateur de se prémunir de potentielles désinformations. En effet, il suffit qu’un produit contienne 50% de viande de dinde pour être autorisé à brandir la mention « dinde ». Par ailleurs, la mention « qualité supérieure » ne se réfère à aucune législation. Que répond E.Leclerc ? Foodwatch a demandé à E.Leclerc comment ce blanc de dinde est élaboré, pourquoi il contient tant d’eau et en quoi consistent les arômes utilisés. E.Leclerc n’a pas voulu répondre à nos questions. Alors que la Marque Repère se dit à l’écoute du consommateur, E.Leclerc choisit le silence lorsqu’on lui demande de simples informations sur ses produits. Nestlé : Maggi Bœuf-Carottes aux Vermicelles Saveur à l’Ancienne Avec cette soupe Bœuf- Carottes, Nestlé fait référence aux saveurs d’un plat bien connu de la « tradition culinaire française ». La mention « Saveur à l’Ancienne » évoque une recette héritée de nos grand-mères. Nestlé insiste sur son objectif d’offrir des « produits respectant des standards de qualité très élevés (...) grâce à une sélection rigoureuse d’ingrédients ». Mais Nestlé abuse les consommateurs. Bien que l’emballage de cette soupe présente un généreux morceau de bœuf, le produit ne contient pas de morceau de bœuf : on y trouve juste 1,1% de jus de cuisson de bœuf. La soupe compte plus de fécule, d’exhausteurs de goût artificiels, de sucre et de sel que de viande. La quantité de carottes est de 5,5%. Cette recette est très loin de la qualité élevée ou « À l’ancienne » qu’on nous laisse imaginer. S’il n’y a pas ou si peu de bœuf dans la soupe, foodwatch considère que Nestlé ne devrait pas présenter cette viande sur l’emballage. Tant que la recette ne sera pas conforme à une véritable recette « À l’ancienne », expression dont l’usage est réglementé, la présentation du produit ne devrait pas y faire allusion. Pourquoi est-ce légal ? Les réglementations européenne et française stipulent que toute publicité comportant des indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur est interdite. Ce qui laisse le champ libre à beaucoup d’interprétations. Il nous faut donc des lois plus contraignantes pour empêcher les fabricants d’entretenir la confusion chez le consommateur avec des images ou dénominations exagérées. Actuellement, les autorités de contrôle (dont la DGCCRF) et les tribunaux s’en remettent aux pratiques les plus courantes sur le marché pour trancher et non à des textes de loi précis. Or, ces pratiques sont généralement établies par l’industrie elle-même. Exemple flagrant : le « Code de la soupe », mis en place par le Syndicat national des fabricants de bouillons et potages (dont font partie, entre autres, les fabricants de Liebig, Royco, Knorr et Maggi jusqu’à tout récemment), remplace par exemple le décret français sur les soupes de 19547, abrogé en 2008. Très peu contraignant, ce Code permet à un fabricant de montrer un généreux morceau de bœuf sur l’emballage alors que le produit ne contient que 1% de jus de cuisson de bœuf. L’industrie agroalimentaire est donc libre de produire et de vendre des soupes bon marché et d’entretenir des illusions sur leur contenu puisqu’elle définit ses propres règles. Quand les standards de qualité de notre alimentation sont uniquement soumis à l’autorégulation (par l’industrie), la qualité est manifestement tirée vers le bas, jamais vers le haut. Que répond Nestlé ? Nestlé répond que cette soupe appartient à la gamme « Saveur à l’ancienne » car les recettes sont « inspirées » de la tradition culinaire française. Selon Nestlé, « cette soupe n’est toutefois pas identique à la recette traditionnelle ; raison pour laquelle elle s’appelle « Saveur à l’ancienne » et non « À l’ancienne » ». Nestlé souligne le bas prix. Une tentative de contourner le problème, qui ne constitue pas une excuse valable pour induire les consommateurs en erreur sur les qualités intrinsèques du produit. Même les soupes en sachet pourraient tout à fait contenir des quantités décentes de viande, de légumes ou de vraies épices. Bon marché ou pas, les soupes instantanées se devraient d’afficher un étiquetage fiable. Stop Arnaques - octobre 2014 57



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