Stemp Caen n°6 fév/mar 2012
Stemp Caen n°6 fév/mar 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de fév/mar 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Air de Com

  • Format : (184 x 260) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 23,6 Mo

  • Dans ce numéro : potrait de Caen à ailleurs... Patrick Jean, un jeune réalisateur à Los Angeles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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TEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEM Par Arnaud Richard...J'en ressortais empli d'une force et d'une vérité propre, tel un messager du nouveau monde  : L'Iran... Arriveé à Téheŕan le 10 juillet 2011, après 128 jours sur la route 26 - Février 2012 - STEMP CAEN N°6 L'idée m'est venue comme ça, en revenant du Népal par les voies aériennes, de retourner visiter ces contrées du moyenorient, par voie terrestre. Sept années plus tard. je reprenais la route, seul, avec pour ambition de joindre Caen à Téhéran, ville énigmatique pour moi, quand elle n'inspirait que peur et rétention pour mon entourage. Je partais avec le postulat qu'aucun pays ne m'accorderait autant de joie et d'échanges dans sa capacité à l'accueil. J'en faisais foi par le biais de mes lectures et des témoignages partagés, jusque dans ses traditions. L A ROUTE FUT LONGUE avant d'arriver aux abords de ses frontières et j'avais déjà le sentiment d'être très loin de l'idée qu'on se fait d'une Europe que l'on ne connaît finalement pas. Ils vivent une réalité plus dure que la nôtre et depuis bien longtemps. Ce sentiment nouveau et indigeste ne venait qu'avaliser l'idée que j'allais enfin découvrir la vérité par moi-même. A cet instant, je n'étais que plus confiant en la découverte d'un autre continent. Celui dans lequel j'allais entrer... en prenant le temps de le sentir à mesure des kilomètres à la cadence d'un simple bicycle ! Je n'étais effectivement pas préparé à tant de surprises et de contradictions mais j'avais pourtant fait le pari d'en sortir plus grand... et c'est ce qui finalement arriva. J'en ressortais empli d'une force et d'une vérité propre, tel un messager du nouveau monde  : L'Iran. Voilà la direction que j'avais décidé de prendre, celle de l'orient, celle d'un monde inconnu dont on s'acharne à nous cacher la vérité, d'un côté comme de l'autre ! Sorti des prairies de l'Azerbaidjan, aux abords des frontières Iraniennes, j'ai laissé tomber le short, qui faisait depuis longtemps mon simple apparas, pour arborer un autre pantalon, en signe de respect pour leur culture. Les douanes passées, après 4 heures d'attente et l'ensemble de mes bagages passés en revue, j'empruntais enfin les routes du sol iranien. C'est un pays aux traditions ineffables que je découvre mais aussi à la foi inébranlable pour un monde meilleur où le bon vaincra sur le mauvais et où la loi du plus fort n'aura pas toujours le dernier mot. Je Mosqueé de l'Imam, Isfahan L'IRAN, CETTE FORMIDABLE TERRE D'ACCUEIL ET DE COMPRÉHENSION Accueil chaleureux pour une chicha et pour la nuit dans un parc d'attraction, Quashvin rencontre un peuple épris de liberté comme nulle part ailleurs. Je n'attendrai pas plus d'une heure à rouler avant de me faire inviter à manger et dormir dans un institut où l'on dispense des cours d'Anglais. La population des jeunes, ici en grand nombre, a cette particularité d'être douée pour les langues mais aussi, de connaître nombre de ses auteurs classiques. Du temps de François Mitterrand, la femme du Shah était étroitement liée avec la France au niveau des échanges culturels. Ce qui peut certainement expliquer que le Français était la seconde langue officielle enseignée à l'école. Je m'en rends compte sur le terrain car les gens d'une soixantaine d'années sont toujours très heureux d'échanger quelques mots avec moi. Vous l'aurez compris, l'Iran n'usurpe en rien sa réputation (pour les plus curieux) de pays accueillant à l'extrême. Les gens sont charmants et ne savent pas quoi faire pour vous
MOIGNAGETEMOIGNAGE Au hasard d'une ruelle, une vue saisissante, banlieue d'Isfahan Sceǹe de vie nocturne à Téheŕan mettre à l'aise. Quand je me suis fait invité dans deux familles, à Téhéran puis à Isfahan, j'avais réellement ce sentiment d'être accueilli comme si j'étais de la famille. J'ai eu la chance de participer à un repas "familial" du dimanche. Les femmes avaient passé toute la journée du samedi dans la cuisine. Les odeurs qui emplissaient la pièce quand je suis entré me faisaient penser à une entrée au paradis des sens ! Je rejoignais les hommes dans la partie profonde du salon. Tous décontractés, on nous amenait une belle coupe de fruits frais et du thé, agrémenté de succulentes patisseries à la fleur d'oranger. Les femmes et les enfants regardaient une série à la télévision, pendant que les hommes commençaient à discuter entre eux. L'ambiance était joyeuse et paisible. Les plats commençaient à arriver un à un sur la grande table, au milieu du salon, jusqu'à la recouvrir complétement ! Il y avait du riz de quatres ou cinq sortes, des viandes de poulet aux dix épices différentes, des sauces qui sentaient bon le safran, la cannelle, le citron, le persil, le coriandre... du fromage (Panir)... des patisseries à l'eau de rose et du lait salé aux fines herbes, très désaltérant, dont tous les Iraniens raffolent...et dont je suis devenu accroc. Quand tous les plats furent installés, nous étions déjà tous debout autour de la table, aimantés par tant de beauté et d'arômes. Ce fut un véritable festin et je compris que les Iraniens étaient des gens raffinés à tous les niveaux. Riches d'une culture ancestrale qui avaient survécu 2 000 ans (La civilisation Perse), d'une richesse littéraire avec de grands écrivains et poètes mais tout aussi riche par sa grande diversité culinaire et la longue préparation de ses plats. C'est un pays qui me fait penser à la France. Joueur de flûte traditionnelle dans la rue, Isfahan Même si la vie est loin d'être facile ici, les gens sont souvent très généreux et même à outrance si vous êtes leur invité. Il est même difficile de mettre la main à la poche quand vous voulez acheter quelque chose, ils veulent tout vous offrir ! Une fois, j'ai même voulu régler des courses au commerçant, en dégainant plus rapidement que mon hôte. Le marchand m'a regardé avec un petit sourire et a fait un signe de négation avec la tête. Il était désolé mais il n'allait pas prendre mon argent. Il ne voulait pas vexer l'ami Iranien qui était avec moi. C'est un autre monde ou il agit d'autres traditions. Celle de l'accueil est ancrée dans des fondements d'éducation Coranique. C'est pour cette raison que l'accueil dans les pays Musulmans est souvent des plus chaleureux. Ma surprise quant aux modes de vie dans le pays n'allait pas s'arrêter là. Quand on nous envoie que des images "subliminales" de femmes voilées par le chador sur toute la surface du corps et d'hommes haineux levant les bras aux ciels en brûlant des drapeaux américains...moi je n'ai rien vu de cet La grande mosqueé pour une grande preṕaration en l'occasion de l'anniversiaire de L'imam Khomeiny Iran là. Et j'ai pu être le témoin d'une jeunesse qui s'active à faire valoir ses droits à la liberté. Le voile est souvent relevé, jusqu'au milieu de la chevelure, qui tient pour le reste avec des barettes, bien souvent colorées et fashion. Le voile peut lui aussi être multicolore. Les jeunes femmes ne rechignent vraiment pas sur le maquillage et peuvent porter un jean avec des baskets Converse. Elles sont très attachées à leur apparence physique, comme partout. Il faut savoir qu'il y a environ 7 femmes pour un homme. Elles font alors tout pour être la plus jolie et ne pas passer à côté d'un mari ! C'est très courant de les voir avec un pansement sur le nez, comme pour certains hommes d'ailleurs. Elles font appel à la chirurgie esthétique. J'ai compris que ça vient du fait qu'on voit surtout leur visage, les cheveux étant cachés et plaqué, dans ce cas le nez prend une importance démesurée. Elle n'aime pas leur nez à l'état naturel et en refont un "à l'Européenne". Pour cette raison, c'est un pays où la chirurgie esthétique est très développée et le niveau des médecins iraniens est très élevé dans ce domaine. C'est également, avec étonnement, que j'apprendrai que c'est le deuxième pays, après la Thaïlande, où l'on compte le plus de transformistes ! Encore un eccueil à nos représentations et une belle contradiction, quand on sait que ce pays réserve encore le châtiment de la pendaison aux homosexuels. Un de mes plus souvenirs les plus décalé c'est lors d'une soirée en plein Isfahan, deuxième ville du pays par sa dimension et sa densité de population. J'étais avec un ami japonais, à l'arrière d'une renault 5 Alpine turbo 2, conduite et co-pilotée par deux jeunes étudiantes Iraniennes qui roulaient à toute berzingue en plein centre ville, Le café brica-à-brac, bazar de banlieue les fenêtres ouvertes, avec un poste radio poussé à fond dont les watts crachaient du bon gros rap américain de derrière les fagots ! Ca fait plusieurs interdits en même temps tout ça ! Sans compter ce qui se tramait pour la suite de leur soirée une fois qu'ils allaient être dans un appartement privé, à l'abri de tous les regards accusateurs... et des risques encourus. C'est ça justement l'Iran d'aujourd'hui, un avenir que la jeunesse veut dessiner et qu'elle ne veut pas voir perdre, aux détriments d'une image minoritaire et fanatique. Elle a des rêves cette jeunesse et elle compte bien les mener à bout. Ils sont comme nous là-bas, ils veulent pouvoir choisir de leur avenir sans qu'on leur impose tout. Aujourd'hui en France, on est à même de comprendre, un peu mieux, le difficile chemin de ces pays en pleine expansion – à l'image du printemps Arabe. Je suis curieux de nature mais la plupart des iraniens l'étaient encore plus que moi quand ils m'ont accueilli sur leur sol. Ils sont ouverts, généreux, sensibles et gardent le sourire dans des conditions où beaucoup de droits fondamentaux leur sont retirés. C'est un peuple qui mérite d'être cité en exemple et surtout qui mérite qu'on le connaisse mieux et qu'on cesse de le juger au travers de ses dirigeants. Pour aller un peu plus moins dans la connaissance de l'autre, Arnaud vous invite à venir voir certains des clichés pris lors de son périple "Caen-Téhéran, à vélo, en solo". Il vous donne rendez-vous le week-end du 4 et 5 Février à l'église du Sépulcre (haut du vaugueux), de 10 à 18 heures sans interruption. STEMP CAEN N°6 - Février 2012 - 27



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