Stemp Caen n°4 novembre 2011
Stemp Caen n°4 novembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de novembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Air de Com

  • Format : (184 x 260) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 25,0 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre avec Christophe Moulin, directeur du Cargö.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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34 - Nov/déc. 2011 - STEMP CAEN N°4 =r- TEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEM Par Arnaud RICHARD Emprunter les traces poussiéreuses des anciens grands empires est un vieux rêve LA SURPRISE GEORGIENNE 7047 kilomètres à vélo pour 374 heures sur la selle, 15 pays traversés, une douzaine de langues rencontrées et autant de dialectes, une dizaine de monnaies, des paysages variés à en couper le souffle... Et toujours à un rythme ne dépassant pas les 15 à 20 kilomètres à l'heure. E N MARS, Arnaud est parti pour un raid à vélo en solitaire dans le but de relier Caen, sa ville natale, à Téhéran, capitale de l'Iran, en traversant les mythiques portes de l'Asie, par l'accès stratégique du pont intercontinental, faisant arc boutant sur le détroit du Bosphore. Emprunter les traces poussiéreuses des anciens grands empires est un vieux rêve. Il en a fait une réalité et nous propose des « focus » pour nous permettre de découvrir avec lui certaines de ces contrées qui l’ont particulièrement marqué. Voici son premier opus… La Géorgie est un pays du Caucase, situé sur la ligne de division entre l'Europe et l'Asie, sa capitale est Tbilissi. Le mot "surprise" colle très bien à résumer le contact que j'ai pu avoir de ce pays. Il n'était au départ pas prévu sur le trajet. C'est aussi comme ça qu'on se crée son propre voyage...dans le voyage. J'ai décidé de prendre plus au nord pour récupérer l'Iran par la Mer Caspienne, en traversant de part en part la Géorgie et l'Azerbaïdjan. La surprise fut, également le maître mot de la plupart des sentiments qui m'habitèrent à mesure que je faisais l'agréable découverte de ce pays aux richesses multiples...et dont je n'imaginais rienpuisque je n'avais jamais cherché à me renseigner sur lui. Je quitte une Turquie où le thé est offert chaleureusement tous les kilomètres si je le désire... Ce qui n'arrange pas ma moyenne à vrai dire ! Je passe la frontière Géorgienne avec mon compagnon de fortune, Rudi, un allemand, rencontré sur la route en Turquie et qui décide de rouler avec moi. Nous n'attendrons pas plus de quelques kilomètres avant de voir s'abattre sur nous la forte humanité des habitants de ce pays qui vous offrent leur coeur aussi rapidement que la bière, le saucisson et un bon morceau de fromage frais ! C'est la fête toute la journée pour les gens qui aiment la vie et qui la respirent chaque minute là-bas. Il n'y a pas de faux-semblant, pas de rétention, pas de plainte... même si l'on sait que le quotidien est loin d'être aussi souriant. On attise les regards, les curiosités... le fait que nous sommes à vélo, chargés. Ce pays est surprenant par son accueil mais nous ne sommes pas au bout de notre étonnement quand s'ouvre sur nous un décor majestueux, tout autour dela route une végétation subtropicale sortie d'on ne sait où. Elle me rappelle le Népal. Mon hallucination ne désemplit pas quand je déambule cycliquement sur des allées aux arbres centenaires qui surpassent tellement l'horizon qu'on.✓..:..i4k6 * dirait qu'ils montent jusqu'à crever un ciel d'un bleu pur que je n'avais encore jamais vu. Les odeurs nous enivrent et nous devons nous efforcer de rester concentrés sur la route car ici, les vaches font la loi sur le trafic. Elles avancent à leur rythme et adorent se poser et s'étaler au beau milieu de la chaussée. Les voitures s'exécutent et slaloment sans broncher. C'est une prairie, un vrai jardin ouvert sur le monde sans aucune clôture. Ce pays me rappelle la Suisse, il en a les montagnes, la beauté d'une nature préservée et certainement encore plus de vaches au mètre carré. Elle sont belles, brunes, grasses... Et gracieuses. Elles apportent un beau panel de couleur dans un décor de prairie verdoyante avec des arbres tous différents les uns des autres... Des rivières à foison, et des champs de toutes les couleurs. Des voitures sorties tout droits de nos images de la vieille Russie nous klaxonnent gaiement tout au long de notre route en nous lançant des "Oyés ; oyés, bravo ! ". Il règne une ambiance toute particulière sur cette route. Parfois c'est un vrai "no man's land" donnant un caractère de "Far Est" européen aux effluves asiatiques. L'exotisme est partout. Tant dans les fleurs, les arbustes explosant de baies que dans l'éclectisme de l'architecture des habitations. C'est essentiellement du bois, du bois qui a vécu, à l'image de ces gens qui portent aussi sur eux cette odeur et ce poids des traditions. Notre premier coucher de soleil qui se glisse derrière la Mer Noire ne
MOIGNAGETEMOIGNAGE Maison traditionnelle en bois -111111111111111111 IN NI IN IN 111 IN IN IN 4'AVM INIM11111 Ele.:421 WarnMIN MI MI NI IN NI viendra que plus enchanter une journée où les yeux n'ont cessé de s'écarquiller pour ne rien perdre du spectacle. On se pose et on prend plaisir à découvrir cette jolie ville de la côte Est qu'est Batumi. A mesure que l'on s'enfonce dans l'intérieur du pays, on croise des cowboys au milieu de prairies énormes, des parcs entiers d'usines désaffectés agrémentés de magnifiques mosaïques multicolores comme l'oeuvre de quelques artistes de rue qui ne seraient passer par là rien que pour dessiner quelques étoiles d'espoir dans ce paysage désolé. Avant d'arriver sur la capitale, Tbilissi, nous découvrons stupéfaits le paysage d'énormes montagnes avec des maisons troglodytes qui semblent avoir été le berceau de notre civilisation Caucasienne. C'est un décor incroyable, je me frotte les yeux pour en être sûr. On aperçoit plus au loin des sommets enneigés et on apprendra plus tard que c'est le Caucase. Partie magique du pays qui renferme bien des richesses de glace et d'eau aux propriétés vénérés depuis des siècles. La rencontre avec Tbilissi ne nous laissera pas non plus de marbre. Même si, à force de se balader et de contempler toutes les richesses de ce monde, nous nous éloignons régulièrement de l'excitation et la torpeur citadine, cette ville n'a rien d'agressif. Si ce n'est son trafic autoroutier quasi anarchique. Arrivé aux abords de la vieille ville, nous Tbilissi, Capitale à l'architecture ećlectique 44'nous régalerons d'un mélange des genres structurels qui nous fait y voyager sur place. Imaginez sur un même plan, visualiser d'anciens remparts de l'époque des chevaliers et des guerres fratricides, en même temps que des maisons, en bois, ornées de balcon à la Vénitienne, avec de petites ruelles qu'on ne voit qu'en Sicile. Ca sent le linge frais et les gamins jouent au ballon dans les marches ombragées. Une rivière sépare la ville en deux grâce à un pont affublé de sculptures donnant avantage à d'anciens guerriers émérites. Les rues sont pavées et on distingue au loin un pont lumineux, sûrement l'oeuvre d'un architecte moderne. Grâce aux aides des fonds Européens, la capitale a heureusement pu se refaire un "lifting" mais sans jamais tomber dans le mauvais goût. L'emblème du symbolisme Géorgien s'érige en haut de ces imposantes collines. C'est une femme, une géante, belle et délicate. Elle porte dans sa main droite une coupe de vin et dans la gauche une épée et annonce la pensée et le caractère Géorgien  : "Si tu viens en ami, nous partagerons le vin, si tu viens en ennemi, nous partagerons l'épée". J'aime me balader à la tombée du soir dans ces quartiers rarement visités par les touristes et c'est une belle récompense d'y voir les gens vivre, là, naturellement, entre eux, avec beaucoup d'échanges et de paix. Les vieux sont assis et discutent pendant Le symbolisme Georgien que les enfants s'amusent à se courir après, jouer au ballon ou à descendre des routes cabossées sur des deux - roues toujours archaïques. Ce pays se regarde, se respire mais il se goûte aussi. Les saveurs sont aussi généreuses que les gens, les plats en sauce, les ragoûts, les légumes qui déboîtent de saveur de terre et de jardin sans pesticides. Un soir, trop tard pour imaginer trouver un coin adéquat à une nuit confortable, une famille nous accueille comme des rois… Douche au puits, eau fraîche du même cru. On nous présente, à l'étage, la plus jolie des chambres. Eux ne nous diront pas où ils dorment, mais nous devinons que ce ne sera certainement pas dans un lit comme le nôtre ! La route vous fait gagner du temps sur les us et coutumes des impolitesses... Et des politesses à ne pas refuser. L'heure du repas sonné par une petite cloche, tout le monde se rejoint autour d'une table où ça sent bon le bouillon de poule. On y met tout ! Enfin toute la poule. C'est en étant servi que je m'en rends compte. On me sert un morceau que je ne reconnais pas, puis une patte... Et enfin la tête. Ca ne manque pas de goût mais ce n'est pas dans nos habitudes culinaires de bouillir autant les plats. C'est calorique, ça tient au corps. Il ne fait pourtant pas froid à cette heure du soir, même plutôt lourd, mais nos bienfaiteurs ont l'air de tenir à vouloir trinquer généreusement à la santé de ce moment et à nous faire déguster leur "Cha-cha". C'est un alcool vodka maison qui n'est pas avare de concentration d'éthanol et vient gentiment friser les 70 degrés ! Le premier verre vous donne l'impression que vous n'étiez encore qu'un enfant il y a 2 minutes et que vous n'aviez jamais bu d'alcool de votre vie. Le second verre vous le confirme. Le troisième, vous commencez à lui trouver un goût... Le quatrième, vous avez le sentiment de connaître déjà par coeur le refrain de cette chanson géorgienne dont vous ne maîtrisez absolument pas les moindres préceptes linguistiques... Mais vous chantez quand même plus fort que tout le monde. J'ai rencontré ce jour un pays qui m'a marqué à vie, une jeunesse dynamique, un peuple curieux, déterminé à trouver une porte de sortie sur l'avenir et une hospitalité transpirante qu'il ne m'avait encore jamais été donnée de connaître. Les infrastructures sont pauvres, dépassées et leur organisation ne tend pas à profiter à un peuple en attente d'une vie meilleure. Il émane de ce peuple une chaleur hors du commun et une joie saine même si le quotidien ne semble pas les épargner. La Géorgie est belle, généreuse, pleine de surprise... Et je vous invite à vous y rendre.. dès que possible. Un site est dédié à cette belle aventure  : www.larouedalphonse.frC'est le nom de mon vélo ! STEMP CAEN N°4 - Nov/déc. 2011 - 35



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