Stemp Caen n°3 sep/oct 2011
Stemp Caen n°3 sep/oct 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de sep/oct 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Air de Com

  • Format : (192 x 271) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 27,3 Mo

  • Dans ce numéro : Deauville... de plaisirs en découvertes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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TEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEM Par Matthieu Duteil Après 11h de vol nous atterrissons à BEIJING, ou PEKIN la capitale. La surprise du développement économique et moderne se passe dès les premières minutes dans l’aéroport. Il est tout simplement énorme ! 26 - Sept/oct 2011 - STEMP CAEN N°3 MES 15 JOURS AU PAYS DU SOLEIL LEVANT Beaucoup de voyages, de pays visités, de gens rencontrés sur les 4 continents m’ont toujours enrichi, ébloui et appris les choses de la vie. En voyage on apprend mieux que dans n’importe quelle école ! L’adage bien connu « les voyages forment la jeunesse » a réellement été en permanence dans mon esprit. C’est certes, une ouverture sur le monde mais c’est aussi et avant tout une rencontre avec soi-même. Et si il y a bien un voyage qui m’a fait totalement perdre mes repères, c’est bien ce voyage à 10 000kms dans cet immense pays qu’est la CHINE. lors, comment me suis-je retrouvé, petit touriste Acaennais au bout du monde, pour découvrir ce pays et son peuple sans parler la langue et sans partir via un voyage organisé ? ! La réponse est simple  : j’ai tout simplement deux amis chinois ! Deux chinois rencontrés à Caen à travers le programme d’échange Erasmus. L’un se prénomme Yiliang, que nous avons rebaptisé Jack pour plus de facilité (!) , une belle amitié de 10ans et qui depuis quelques années habite désormais à Paris. Le second s’appelle Haichuan, qui n’est resté qu’un an et reparti vivre en Chine. Et c’est avec Jack, qui n’ayant pas vu sa famille depuis 7ans et étant décidé pour aller les revoir, que nous sommes partis, deux autres amis et moi, à la découverte de ce pays grandiose… Après 11h de vol nous atterrissons à BEIJING, ou PEKIN la capitale. La surprise du développement économique et moderne se passe dès les premières minutes dans l’aéroport. Il est tout simplement énorme ! Il faut prendre une navette style Orlyval pendant 15mn pour traverser tous les terminaux (dont le terminal 3 qui s’étend sur 98 ha et plus grand terminal du monde) afin d’arriver à la récupération des bagages. Avec 74 millions de passagers c’est le 2nd aéroport derrière celui d’Atlanta. 20 minutes de bus et c’est enfin le centre-ville de Pékin, cette ville fabuleuse avec ses 20 millions d’habitants. Nous avons trouvé un hôtel charmant dans les « hutongs », ces petites ruelles dans le quartier ancien de la ville. Des gens partout, une effervescence permanente, nous manquons de nous faire renverser toutes les 5 secondes par leurs scooters électriques qui ne font absolument aucun bruit. Nous restons 4 jours à Pékin, mais ces 4 jours tellement riches en découvertes, visites, rencontres, nous paraissent 15 jours tellement chaque minute nous fait perdre tous nos repères d’européens avec notre mode de vie si différent. A savoir, 10 euros équivalent à 100 yuans leur monnaie. Nous nous rendons compte que nous venons d’un pays riche, avec une monnaie forte, car notre pouvoir d’achat est à la limite de l’indécence. Pour traverser cette ville énorme en taxi, il nous en coûte environ 1 euro. Le restaurant le plus chic de Pékin, en haut d’une tour panoramique tournante nous coûte 20 euros chacun. Pour manger comme les habitants, dans les milliers de restaurants qui parsèment les rues, il nous est demandé environ 2 euros. La cuisine fait partie aussi de ce qui nous surprend. Que de goûts différents, de cartes aux menus indéchiffrables si nous n’étions pas accompagnés d’un « traducteur » ! Et c’est très perturbant car rien ne ressemble à ce que chacun connait de nos restaurants chinois en France. Il me faudrait des pages rien que pour décrire et parler de leur cuisine. Parlons alors des sites « touristiques » impressionnants qui sont à découvrir dans cette ville énorme. D’un côté les sites historiques, comme la magnifique et fameuse cité interdite, le palais impérial d’un empereur Ming, construite au XVème siècle. La cité compte, selon la légende, 9999 pièces, qui s’explique par le fait que, selon la tradition, seules leurs divinités avaient le droit de construire un palais comprenant 10000 pièces. Avant 1924, année d’ouverture au public, personne d’autre que l’empereur et sa cour n’avait le droit de s’en approcher ni même de la regarder. Autres sites très nombreux, les Temples, aux quatre coins de la ville, dont le temple confucianiste, où étudiait en 551 av J.C, le célèbre philosophe Confucius, et aussi le temple des lamas où les croyants viennent brûler des kilos d'encens en se prosternant devant un Bouddha haut de 48mètres ! Pékin et la Chine sans aller déambuler sur la Grande Muraille aurait été pécher ! Sur les 6260 kms qu’elle représente nous avons dû en parcourir
MOIGNAGETEMOIGNAGE une dizaine, mais c’est déjà physiquement éprouvant, la muraille n’étant faite pratiquement que de marches, et quelles marches ! D’une hauteur de 40cm par marche, l’effort est donc intense et bon nombre de touristes font demi -tour très très rapidement… Contrairement à une idée reçue, cette construction n’est pas visible à l’œil nu de la lune, la muraille n’étant pas plus large qu’une autoroute. Puis, après Pékin et son histoire passée, Pékin et son présent récent, son futur déjà bien annoncé  : visite du site olympique « Beijing 2008 » avec son fameux « nid », le stade national de 90 000 personnes, visite du Water Cube, centre aquatique avec piscines olympiques, complexe aquatique ultra moderne, le tout dans un design avant-gardiste époustouflant. Le Pékin moderne nous bluffe, tout est neuf, propre, des prouesses architecturales à envoyer notre petite Arche de la Défense au rayon des vieilleries. Ca fourmille partout, ça construit sans cesse, jour et nuit, et l’image de la Chine et des sorties d’usine avec ses ouvriers tous en vélos, s’est vite enlevée de nos esprits. De grosses berlines puissantes partout, du luxe à outrance, toutes les plus grandes et prestigieuses marques du monde se battent pour avoir leur place dans ce pays où chaque jour, de nouveaux millionnaires apparaissent… Des écrans géants faisant office de ciel artificiel dans la rue, des centres commerciaux encore plus beaux, plus grands que ceux des Etats-Unis à chaque coin de rue, des avenues avec 12 voies de circulation, une véritable démesure, qu’est cette fourmilière en constante progression. Paradoxalement après le vrai luxe, les marques fascinent tellement les chinois qu’ils sont aussi les rois de la contrefaçon. Nous nous retrouvons dans un immeuble entier où tout n’est que contrefaçon, mais c’est parfois grossier et parfois tellement parfait dans l’imitation que l’on si perdrait ! Un étage jouet, un étage bijoux horlogerie, deux ou trois pour les vêtements, bref il n’y a pas de mot pour décrire tout ce clinquant qui sonne faux. Je filme quelques minutes un faux rayon informatique et téléphonie et subitement on vient me demander d’arrêter. Il n’y a pas de gêne de leur part mais il ne faut pas montrer ces images… Les yeux complètement écarquillés (et débridés !) après tant d’images, il est temps de continuer notre voyage et prendre une ligne d’avion intérieure pour aller 1000kms plus loin dans le Nord, à SHENYANG, afin que notre ami Jack revoie sa famille. C’est toujours incroyable les transports en commun, et une fois de plus, leurs habitudes diffèrent beaucoup des nôtres. Pendant tout le vol nous sommes les seuls passagers assis, et nous sommes entourés de gens qui parlent fort, se promènent, se croisent et font de la gym dans les couloirs et au-dessus de nos têtes. Shenyang est comme toutes les villes chinoises en plein développement, des milliers de grues en mouvement qui font partie du décor, une croissance visible quasiment en temps réel à vue d’œil. Nous restons une semaine avec notre ami, une semaine à découvrir les us et Ifr h4/011/Majmoom*, coutumes des locaux puisque nous passons la semaine dans sa famille mais aussi chez ses amis. Ca n’est pas du tout une région touristique, et même si 8 millions de chinois y habitent, la réaction est la même à chaque pas que nous faisons  : des rires, des regards interrogatifs, curieux, peureux, amusés, les gens s’arrêtent pour nous regarder, chuchotent, nous prennent en photo de loin. C’est par conséquent un grand honneur d’être invités à la même table que ces gens, qui n’ayant jamais vu d’étranger, ne parlant pas l’anglais, vont nous recevoir tels des empereurs… Ce sera un accueil incroyable pendant cette semaine en immersion totale. Nous vivons à leur rythme, les retrouvailles se font toujours dans des restaurants, tous équipés de multiples salles privées, destinées à être tranquille avec ses proches. Le principe est simple et toujours le même  : une salle privée, une table ronde, un grand plateau en verre tournant posé dessus. Des dizaines et dizaines de plats et mets aux goûts différents qui tournent et passent devant chacun en attendant que l’on se serve au passage avec nos baguettes. Mais encore une fois leurs coutumes nous arrivent en plein visage. Leur hospitalité et la convivialité font que pour passer un bon moment il faut…boire ! Ne pas accepter un « cul sec » (Gan Bei) d’alcool de riz équivaut à de la pure impolitesse, et s’enfiler des dizaines de Gan Bei avec de l’alcool à 60° nous plonge profondément dans ce qu’est la Chine de tous les jours.. ! Famille, amis, ce sera comme ça pendant une semaine, à boire et manger à outrance où l’on se retrouve subitement à goûter des fleurs de lotus, du canard laqué, des larves vivantes, des brochettes de scorpions et même du chien, qui contrairement à ce que l’on pense ne fait pas partie de leur plat préféré, mais plutôt des Coréens nous disent-ils. Enfin arrive la dernière destination du périple après 4 heures de train  : DALIAN, 6 millions d’habitants, où habite notre 2ème ami Haichuan, située au bord de la mer jaune et en face de la Corée. C’est une ville très riche, high-tech et nid de multiples sièges d’entreprises innovantes et performantes. Nous traversons une place gigantesque au bord de la mer, on nous apprend que c’est la plus grande place d’Asie… Nous terminerons donc cette aventure entourés du luxe le plus extrême, là, où nous avions tous en tête cette Chine et ses rizières, sa population en vélo et peu riche vêtus d’habits traditionnels… Nous nous sommes sentis bien petits au milieu de ces gens pourtant plus petits que nous, et nous faisons le constat que nous ne sommes pas grand-chose, habitants d’un petit état, face à ce bulldozer en pleine lancée qu’est la République Populaire de Chine… STEMP CAEN N°3 - sept/oct 2011 - 27



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