Stemp Caen n°24 juin 2014
Stemp Caen n°24 juin 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de juin 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Air de Com

  • Format : (210 x 290) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 11,7 Mo

  • Dans ce numéro : événement... les trois ans de Stemp Magazine Caen au Quatorze.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 16 - 17  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
16 17
DECOUVRIR DECOUVRIRà Caen Les monuments caennais après la guerre, des fortunes diverses...certains bâtiments ont également été sacrifiés lors de la reconstruction... 16 - Juin/juillet 2014 - STEMP CAEN N°24 Bien que durement éprouvée par les bombardements de la bataille de Normandie, la ville de Caen a su, tel le phénix qui trône devant l’université, renaître de ses cendres. Certains pans de la ville sont restés presque inchangés, alors que d’autres ont presque totalement été anéantis. Mais même dans les quartiers symboliques de la reconstruction, Saint-Jean principalement, ou autour de l’église Saint-Pierre, les architectes de la reconstruction ont préservé les traces du passé et les ont incorporées dans la ville moderne. Certains exemples sont bien connus, d’autres moins. Mais certains bâtiments ont également été sacrifiés lors de la reconstruction. Et sur les édifices rescapés, nous pouvons jouer au jeu des sept différences en les comparant avec ceux qui existaient avant-guerre. Du passé faisons table rase Le quartier Saint-Jean est souvent présenté comme un quartier à 100% détruit. Si les bombes ont fait ici plus de dégâts que dans l’ouest du quartier Saint-Pierre, par exemple, il est toutefois faux d’affirmer que l’ensemble du quartier a été anéanti. L’image romantique de l’église Saint-Jean s’élevant fièrement au milieu d’un champ de désolation n’est qu’en partie vraie. Une fois le déblaiement achevé, il restait çà et là DECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDE quelques immeubles encore debout. Certains à l’état de carcasse, d’autres en meilleur état. Quand Marc Brillaud de Laujardière conçoit son plan de reconstruction de la ville, le quartier Saint-Jean est désigné comme la ville nouvelle, dessinée au cordeau selon des principes modernes. Du passé, il ne sera gardé que peu de traces. L’église Saint- Jean, bien sûr, le Monument aux morts de la place Foch dont la colonne criblée d’impacts de balles rappelle les événements de l’été 1944, mais également deux hôtels particuliers et, plus curieusement, un magasin qui se trouve à l’angle des rues Saint-Jean et de Bernières. Ce magasin de vêtements pour homme, Devred pour ne pas le citer, existait déjà à cet emplacement avant la guerre. Sa structure de béton l’a protégé des bombes et son emplacement, comme son esthétique, ne gênait peut-être pas les plans de la reconstruction. Certains édifices n’ont pas eu cette chance et n’ont guère laissé de traces importantes dans les souvenirs. La chapelle des Oblates par exemple (XIX ème siècle) qui a eu le malheur de se situer sur le tracé de l’avenue du Six-Juin. Un autre monument, en revanche, a été entièrement rasé et seul aujourd’hui le nom d’une rue rappelle son souvenir. Du couvent des Carmes, il n’existait déjà plus avant-guerre que l’église située à proximité du quai Vendeuvre. Fondé au XIII ème siècle, ce couvent a, comme bien d’autres, été fermé à la Révolution. Utilisés un temps comme dépôt de bois, puis comme gendarmerie, les bâtiments Eglise des Carmes conventuels reconstruits au XVII ème sont démolis dans les années 1860. Mais l’église, amputée de son clocher, avait été conservée. Construite entre la fin du XIIIe et le XV ème siècle, cette chapelle à double nef était utilisée comme grenier à sel. En 1944, elle est la proie des flammes mais les murs s’élèvent encore et auraient pu faire l’objet d’une restauration, comme ce fut le cas à l’hôtel d’Escoville, à l’hôtel de Mondrainville et à l’hôtel de Than. En 1950, ce monument historique est déclassé pour être finalement rasé quelques années après. Ce beau témoignage de l’art gothique disparaît ainsi à jamais. Trop massif, il était difficile de l’incorporer au plan en damier du nouveau quartier. Des monuments sont en revanche restaurés. À l’ouest, l’hôtel de Fontenay, siège caennais de la Banque de France depuis 1857, est reconstruit à l’identique par Pierre Auvray. Plus intéressant et plus méconnu est le sort de l’hôtel de Blangy. Situé rue de l’Engannerie, il est peu connu des Caennais. Il est d’ailleurs regrettable qu’il ne soit plus ouvert lors des journées du patrimoine comme c’était le cas auparavant. Construits au XVIII ème siècle, ses salons aux boiseries « chinoises » offrent le dernier témoignage des intérieurs des hôtels particuliers qui parsemaient avant-guerre le quartier. Si les espaces intérieurs ont été préservés, il en est tout autre des espaces extérieurs. Le corps de logis principal a été amputé de ses deux ailes. L’une, donnait sur la rue de l’Engannerie, (détruite lors de la reconstruction), l’autre, en fond de parcelle, a été détruite dans les années 1970 et remplacé par un pastiche. L’hôtel est désormais invisible depuis la rue et il est difficile de comprendre son histoire. Le
COUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIR g FAINNEW bâtiment semble posé au milieu de sa cour sans aucun lien avec son environnement urbain. Le jeu des sept erreurs Au final, de nombreux bâtiments historiques ont fait l’objet d’un même traitement. La maison des Quatrans, qui a perdu lors des travaux de consolidation sa tourelle arrière, se retrouve isolée le long de la rue de Geôle. Tous les autres hôtels particuliers qui avaient résisté tant bien que mal à la guerre ont en effet été rasés afin d’améliorer la circulation et de dégager la vue sur le château. Il en va également ainsi des hôtels de Than, d’Escoville et de Mondrainville. Ces trois hôtels particuliers Renaissance qui n’ont pas été totalement détruits par la guerre et qui ont été restaurés lors de la reconstruction sont concernés. De ces trois monuments construits au XVI ème siècle, il ne reste plus à la fin du conflit que des coquilles vides aux murs calcinés. Aucun des décors historiques n’a été conservé. Il est toutefois décidé de les restaurer. In extremis, dans le cas de l’hôtel de Mondrainville qui faillit être détruit sous prétexte qu’on ne le verrait pas derrière le nouveau siège de la Caisse d’épargne. Mais la restauration reste souvent incomplète et le contexte urbain autour des trois hôtels rendent leur lecture difficile. Ainsi, l’hôtel de Mondrainville est resté abandonné pendant des décennies dans un terrain vague du quartier des Quatrans. L’hôtel de Than s’organisait autrefois autour d’une cour reliée à la rue Saint-Jean par un étroit passage. Aujourd’hui, les bâtiments qui entourent MINEMININER [Ikh,c0IPHIPfir Hôtel le Brun de Fontenay (actuelle Banque de France) Hôtel de Blangy l’hôtel lui tournent le dos et l’édifice semble bien isolé. Côté jardin, remplacé dans les années 1930 par la brasserie Chandivert (ex-cinéma Pathé), les lucarnes n’ont été qu’en partie restaurées. Les deux plus près de la rue ont retrouvé leur décor Renaissance. Les autres, moins visibles depuis l’espace public, ont été remplacé par de simples chiens-assis. Le cas le plus emblématique est probablement l’hôtel d’Escoville. Si les façades de la cour pouvaient être restaurées, la façade sur la place, en revanche, avait été complètement détruite. Un long débat oppose la municipalité, les architectes et les Monuments historiques. Certains souhaitent une reconstitution de la façade Renaissance, alors même que celle-ci avait déjà été profondément altérée au fil des siècles au point d’être devenue méconnaissable. D’autres souhaitent une façade résolument moderne en adéquation avec le nouvel ensemble des Quatrans. La façade qui est finalement construite est une solution de compromis. Elle est construite un mètre en avant sur la place Saint-Pierre afin de s’aligner avec les nouveaux bâtiments alentour. Au final, la restauration de ces bâtiments s’est faite dans un contexte difficile qu’il serait maladroit de juger aujourd’hui. Une ville, en effet, n’est jamais statique. Elle se construit dans un contexte historique donné en fonction de valeurs portées par la société. Ce qui nous apparaît comme une hérésie aujourd’hui apparaissait normal à l’époque. Ainsi, le patrimoine du XVIII ème et du XIX ème siècle aujourd’hui protégé n’était pas considéré à l’époque comme particulièrement digne d’intérêt. Les ruines du palais des facultés, rue Pasteur, auraient pu, par exemple, être en partie conservées car certains éléments étaient architecturalement intéressants (notamment le grand escalier). Mais la destruction de ce monument dont le début de la construction remontait à la fin du XVII ème siècle n’a pas soulevé d’émoi à l’époque. L’époque a changé, on peut s’en réjouir par certains côtés. Il appartient maintenant aux Caennais d’aujourd’hui de redonner une nouvelle vie à ces témoignages, même incomplets, de leur passé. C’est l’un des objectifs principaux de l’association Cadomus. KarlDupart, de l’association Cadomus. https://www.facebook.com/Cadomus http://www.cadomus.org https://twitter.com/Cadomus3D Département du Calvados Caen Hôtel de Than Maison des Quatrans STEMP CAEN N°24 - Juin/juillet 2014 - 17 Collection Cadomus et Wikipédia



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :