Stemp Caen n°18 sep/oct 2013
Stemp Caen n°18 sep/oct 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de sep/oct 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Air de Com

  • Format : (211 x 290) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 10,9 Mo

  • Dans ce numéro : témoignage... Desgarsdeseaux, un tour de Basse-Normandie multi-activités à contre-courant.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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TEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEMOIGNAGETEM DESGARSDESEAUX, UN TOUR DE BASSE-NORMANDIE MULTI-ACTIVITÉS À CONTRE-COURANT Texte  : Arnaud Richard Photos  : Arnaud Richard et Romain Gardy...nous décidons de réaliser ce raid en complète autonomie et sans assistance 38 - Sept/Oct 2013 - STEMP CAEN N°18 C'est d'abord l'histoire de deux potes qui se sont rencontrés sur un lieu qui rassemble différentes associations agissant autour de la dynamique du vélo et qui mènent une réflexion commune dans le but d'aider au développement de nouveaux modes de déplacements "doux" en zone urbaine et péri-urbaine sur la zone de Caen et alentours. Celle qui nous unit c'est Vélisol. Le point de départ ce sont des ateliers vélos solidaires. Le mode "vélo" nous liait originellement et définitivement mais nous souhaitions aller plus loin dans le message que nous voulions donner. On voulait qu'il s'adresse à tous, pas seulement aux cyclistes...et pas seulement aux habitants de notre ville. Cette volonté de créer une aventure duelle et originale redondait en parallèle avec un périple sur lequel je remue des méninges depuis quelques années. J'ai le projet de faire un tour du monde en utilisant les voies naturelles du trajet et en jouant le jeu, au maximum, d'utiliser les moyens de déplacements (non motorisés) les plus adaptés au relief et à ce que propose la nature autour de moi. En cela je pense utiliser alternativement le vélo, le kayak, la marche à pied, le voilier, le parapente... et certainement quelques ânes ou chevaux. Les dés étaient jetés que cette première version multi-activités serait sous le signe de l'eau...avec un peu d'asphalte. Elle allierait le kayak (principalement), le vélo, et la marche à pied. Le détail non négligeable de ce tour et que les kayaks ne devaient jamais nous quitter, quelque soit notre moyen de déplacement. Nous disposions d'un mois pour le réaliser. Romain et moi n'avons pas le même parcours de vie mais nous avions la même envie sur ce périple. Nous voulions qu'il soit proche, original et accessible à tous. Un site internet a été crée pour l'occasion, proposant un journal de bord et une carte interactive misent à jour régulièrement, www.desgarsdeseaux.fr Pour ma part j'ai déjà pas mal bourlingué et je suis toujours attristé du fait que les personnes qui nous encourage imaginent trop souvent l'aspect irréaliste de bon nombre de voyages. Dès que c'est loin, pas organisé, pas réservé, sans guide, avec peu d'habitants dans le périmètre et que la publicité de ce pays est mauvaise alors... C'est une chose impossible, une expèrience qu'ils ne vivront jamais ! Pour contrecarrer ces idées reçues nous avons fait le choix d'un trajet proche, à dimension régionale et de "vivre l'aventure en bas de chez soi". Montrer les ressources naturelles qu'offre notre région, l'étendue de ses beautés pour aussi mieux délimiter la fragilité d'un écosystème typique. Lever les "drapeaux verts" bien haut et crier au scandale écologique sur le défrichement de la forêt Amazonienne n'a pas toujours l'écho désiré et mérité. Cependant, nous ne pouvons pas attendre de nos pairs qu'ils soient systématiquement sensibles à une nature qui leur est si lointaine. Ce n'est pas la même chose que de leur parler de la décharge à ciel ouvert que vous venez de croiser en bord de fleuve ou bien des détritus de plastiques en pagaye que vous apercevez en amont des barrages et ce à deux pas de chez eux ! Il fallait quand même, au travers de ce désir, réinventer ce que l'on pensait connaître (sa propre région) que l'on connaît souvent très mal...et en faire un réel défi aventure qui ne soit pas dénué de sens. Puisque notre volonté est de faire réfléchir, nous avons choisi d'être à "Contre-Courant" de ce qui se fait naturellement et logiquement. La "Suisse Normande" est une partie de la Normandie qui présente le plus d'intérêt pour ce trip. Elle allie la beauté d'un site assez vaste, relativement escarpé comparé à ce que l'on trouve sur la côte et qui offre aussi l'intérêt de voir passer les deux fleuves majeurs de la région que sont l'Orne et la Vire. Ces deux derniers ont donc un accès à la mer. Nous avons maintenant notre boucle et elle partira de
OIGNAGETEMOIGNAGE chez nous, à Caen. Pour que l'aventure soit complète, nous décidons de réaliser ce raid en complète autonomie et sans assistance. Nous partons avec une semaine de vivres dans les caissons étanches de nos kayaks. Nous ferons les futurs ravitaillements nécessaires au fil de la route. Le trajet, en résumé, nous fait attaquer d'emblée une remontée du fleuve Orne (à contre-courant) sur 185 kilomètres jusqu'à sa source. Nous enchaînerons à vélo jusqu'à la source de la Vire pour un trajet avec un joyeux dénivelé sur plus de 170 kilomètres. Nous ne tractons pas les vélos sur les kayaks (déjà lourds par nature, 32 kilos) et en poids fini avec matériel, 70 kilos. Nous enchaînerons la descente de la Vire (dans le bon sens ce coup-là) sur plus de 125 kilomètres. Pour finir par nous jeter dans la Baie des Veys, notre arrivée dans la mer de la Manche, où il nous restera une centaine de kilomètres à parcourir avant de rejoindre notre point de départ. Question matériel, nous avons rapidement été confronté à des compromis. Il nous faut utiliser les mêmes kayaks sur l'ensemble du parcours, en fleuve comme en mer, pour des raisons pratiques... et de coût ! Il faut donc que le kayak soit relativement bon à remonter nez au courant, qu'il ne craigne pas d'être tracté et malmené sur des berges rocheuses et au-dessus de barrages ou de passe-à-poissons, il doit offrir une capacité de chargement confortable et adapté à un périple en autonomie... voilà le programme ! On écarte rapidement les kayaks légers et trop longs typé "spécifique mer". On écarte également les kayaks de rivières trop courts qui ne permettent pas d'embarquer toutes nos affaires et qui seront durs à manœuvrer en mer. Pour la solidité, la préférence ira au plastique. Nous qui ne sommes pas des kayakistes avertis nous serions bien esseulés d'avoir à choisir seuls nos meilleurs compagnons de route parmi le panel de produit proposés sur le marché. Heureusement, Jean-Michel de Canöé-Shop a été sensible à notre projet et nous a offert, plus qu'un simple partenariat, toute sa gentillesse, son expérience et un humour toujours intact indissociable du bonhomme ! C'est notre parrain sur ce trip...d'emblée il nous fait confiance et nous prête les deux embarcations ! "Pour ce que vous prévoyez les gars, c'est pas compliqué, je pense que c'est avec ça qu'il faut partirdes Tiwoks de chez DAG". C'est effectivement cette première option qui restera la dernière. Deux nouvelles personnes s'ajoutant à cette belle aventure sont venues nous apporter nos montures à deux roues... sur leurs montures à deux rouesqui tractaient des remorques à kayak sur lesquels ils avaient placé nos vélos. A notre point de rencontre, Argentan, après 11 jours de remontée de l'Orne tonitruante et un nombre d'embûches que nous fûmes incapables d'anticiper, nous récupérions nos mangeurs d'asphaltes ! C'était un point névralgique du trajet. Comment faire pour passer du kayak au vélo et ainsi de suite si ce n'est les tracter sur l'ensemble du trip ? En sachant que le "tout autonomie" vous impose déjà un poids parfois "inhumain" dans les dénivelés vélos et toujours plus dur quand vous les tractez à dos d'homme sur la route ou dans des champs troués par les bêtes...et ce n’est pas mieux quand vous devez tirer tout le packtage au moyen d'un harnais quand vous avez de l'eau jusqu'à la taille dans un courant qui combat et qui est toujours plus fort que vous ! Nous avons répondu à ce soucis en ayant accès à une assistance, non permanente, mais indispensable sur le moment dans notre logistique. Un couple qui envisage de faire un tour du monde à vélo avec ses 3 enfants lit un article dans le journal Ouest-France qui parle de notre volonté de faire appel à l'aide de tiers pour acheminer nos vélos à deux points de ralliement. Il n'en fallait pas plus à ces deux philanthropes que sont Sandrik et Sabrina pour prendre contact avec nous. Grâce à eux, notre périple prenait plus de valeur et s'engageait sur des routes communautaires. Ce choix de l'autonomie complète et de la non-assistance s'est directement et littéralement transformé en poids... lourd, très lourd à porter, à tracter et à hisser tout le temps sur notre dos ou sur un petit châssis à roues prévues à cet effet (C-TUG). C'était réellement contraignant et ça a rendu le voyage beaucoup plus difficile qu'on l'aurait imaginé au départ. A tel point que nous étions heureux de quitter nos embarcations pour les vélos, avant de nous rendre compte que ce qui nous attendait allait encore nous demander de gravir une marche supérieure d'efforts et de combat contre les éléments(le dénivelé du massif Armoricain cette fois-ci !) En fait, les compromis et additions de poids que génèrent la réalisation d'un trajet à multi-activité rend l'aventure plus originale, plus personnelle mais plus dure aussi ! Nous avons pris beaucoup de plaisir à la vivre mais nous sommes quasiment toujours restés dans l'effort et la concentration soutenue par rapport à notre défi. A contre-courant, le kayak de mer trop long et pas adapté à la rivière ne demandait qu'à se mettre en travers et vous envoyait sur la berge, dans les branches et les arbres morts affleurants (ce qu'il y a de plus dangereux). Avec le poids de nos bateaux, les erreurs étaient rapidement sanctionnés pas un dessalage. Le manque d'eau à certains STEMP CAEN N°18 - Sept/Oct 2013 - 39



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