Stemp Caen n°16 juin 2013
Stemp Caen n°16 juin 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Air de Com

  • Format : (210 x 291) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 11,7 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial pour ses deux ans d'existence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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M. Desdoits, F. Decaëns, S. Guichard, J. Rémy pour l’Office de Tourisme de Caen DECOUVRIR DECOUVRIRà Caen L’Abbaye aux Hommes 10 siècles d’Histoire Par Nicolas Cochard...ce lieu chargé d’histoire et véritablement magnifique 22 - Juin/Juillet 2013 - STEMP CAEN N°16 La saisissante esplanade de l’Hôtel de ville de Caen ne peut laisser le passant indifférent, il s’agit là d’un des plus beaux endroits de la cité calvadosienne, dont la richesse rappelle son histoire religieuse et politique. Il s’agit là d’un véritable nœud de l’espace urbain caennais, ouvrant à la fois sur le vieux Caen via la place Saint-Sauveur, mais aussi vers la Prairie via l’avenue Albert Sorel. Une petite promenade dans le passé de cet édifice s’impose… C’est en plein milieu du XIe siècle que le couple constitué par Guillaume le Conquérant et Mathilde de Flandre décide la construction des deux abbayes, aux Hommes et aux Dames, parité parfaite ! Il s’agit là d’un remerciement envers le pape Nicolas II qui a accordé le mariage entre les deux tourtereaux, en dépit d’une proximité familiale. Toutefois, la dévotion du couple ducal ne doit pas être tenue pour unique raison de la fondation de ces imposantes abbayes. En effet, Guillaume, surnommé le ‘‘Bâtard » (n’y voyez aucune forme de familiarité banlieusarde mais juste une naissance DECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDE illégitime), cherche à imposer son pouvoir ducal sur un territoire normand encore largement influencé par les barons qui se rebellent ! Une fondation d’établissement monastique est une stratégie politique et Guillaume, pas avare, en fonde 18. Toutefois, il délègue le plus souvent l’initiative du projet à un sous-fifre. Concernant Caen, il prend cependant personnellement les choses en main.ll faut dire que la conquête de l’Angleterre lui donne une importante assise financière que la tapisserie de Bayeux relate à merveille. A leur mort respective, Guillaume et Mathilde décident de faire chambre à part pour l’éternité en se faisant inhumer séparément, chacun dans son abbaye. Les guerres naturellement influencé le destin de l’abbaye aux Hommes ont. La guerre de Cent Ans conduit à envisager la construction de fortifications, encore visibles aujourd’hui lorsque l’on se dirige vers la rue du Carel, en direction de l’Auditorium ; les guerres de religion du XVIe siècle mènent au pillage de l’Eglise Saint-Etienne et par la même occasion, les ossements de Guillaume sont dispersés. Aujourd’hui, il ne reste de Guillaume qu’un fémur, voilà qui nous fait une belle jambe ! Au XVIIIe siècle, alors que les temps sont plus calmes, les moines de l’abbaye aménagent un jardin à la française sur une nouvelle esplanade et une nouvelle rue est ouverte à travers ces jardins  : c’est la rue Saint-Benoit, l’actuelle rue Guillaume-le-Conquérant. La ville de Caen gonfle démographiquement et les murailles empêchent un agrandissement. Au pied du mur et faisant d’une pierre deux coups, les édiles locaux décident alors la destruction d’anciennes fortifications et l’aménagement de cette grande rue, comme un rempart à l’obstruction de l’espace urbain. Se dessine par conséquent toute la physionomie du quartier actuel, vers les rues de Bayeux et Ecuyère. Durant la Révolution Française, les religieux n’étant pas en odeur de sainteté, l’abbaye devait devenir un Hôtel-Dieu géré par la ville et destiné aux pauvres, mais plusieurs administrations s’y installent finalement, telle la préfecture. En vertu du Concordat de 1801, au cours duquel Napoléon se rabiboche avec la papauté après une décennie de clash, l’abbaye devient église paroissiale mais la vocation monastique est révolue. Comme pour chaque édifice religieux, la période révolutionnaire constitue un temps de troubles et d’incertitudes quant à leur devenir. Au début du XIXe siècle, la préfecture quitte l’endroit pour laisser la place au lycée Impérial. Il s’agit alors de former les futurs cadres de la nation, modelés par le pouvoir napoléonien, y compris en province. L’actuelle police municipale occupe les
COUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRI anciens locaux de l’école élémentaire tandis que l’ancien couloir des classes fait office de bureau d’Etat Civil, comme quoi rien ne se perd, tout se transforme. De ce fait, si l’origine de l’abbaye demeure religieuse, force est de constater qu’aujourd’hui, c’est un espace central du pouvoir communal caennais. Toutefois, comme pour l’ensemble de la ville, la Libération du territoire s’effectue au prix de nombreux efforts et de destructions. Ainsi, durant l’été 1944, le lycée, l’abbaye ou le palais de justice deviennent des centres d’accueil qui abritent des milliers de réfugiés fuyant les bombardements alliés. L’abbaye fait même office d’annexe de l’hôpital du Bon Sauveur. Malgré la signalisation de l’endroit par de grandes croix rouges, de nombreux obus ont touché l’abbaye aux Hommes même si finalement et contrairement à de nombreux édifices caennais, elle est restée debout. Après la Seconde Guerre Mondiale, tandis qu’un nouveau lycée est envisagé non loin de l’abbaye (le lycée Malherbe), l’espace de l’abbaye aux Hommes devait être consacré à la culture, avec l’implantation des deux musées aujourd’hui finalement présents dans l’enceinte du château de Caen  : le musée des Beaux-Arts et le musée de Normandie. En effet, c’est l’hôtel de ville qui s’installe au cœur de ce bel endroit, dont les jardins sont réaménagés dans les années 1960 pour offrir la belle esplanade végétale que nous connaissons aujourd’hui. Actuellement, les alentours de l’Hôtelde-Ville concentrent de nombreuses espaces d’activité culturelle telles que la bibliothèque municipale, l’auditorium ou le stade Hélitas. Cependant, les piétons sont moins nombreux le soir et ce sont majoritairement des automobilistes qui admirent ce lieu chargé d’histoire et véritablement magnifique, à plus forte raison lorsque le lumineux décor nocturne s’éveille. Département du Calvados Caen STEMP CAEN N°16 - Juin/Juillet 2013 - 23



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