Stemp Caen n°13 jan/fév 2013
Stemp Caen n°13 jan/fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de jan/fév 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Air de Com

  • Format : (210 x 298) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : shopping... idées cadeaux pour la Saint-Valentin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DECOUVRIR DECOUVRIRà Caen Rares sont des les villes dans lesquelles on peut observer des ballots de foin à la période du fauchage. Au coeur cœur de l’espace l'espace caennais se dresse un écrin de verdure à mi-chemin entre espace aménagé et sauvage. La Prairie est familière des habitants, aussi bien pour le grand espace qu’elle qu'elle offre que pour ses courses de chevaux. En effet, si Les les joggeurs sont nombreux à y déverser des torrents de sueur en tournant en rond, les Les coureurs équins offrent un spectacle en plein coeur cœur de la ville. La ville de Caen s'est développée dans un fond de vallée marécageux et la Prairie en constitue un vestige apparent. Domaine ducal depuis 1027, les assainissements de ce territoire visaient, par le creusement de canaux, à constituer une réserve de foin. De ce fait, le quartier Saint-Jean était une île au XIIe siècle, l’église aujourd’hui largement penchée, véritable tour de Pise normande, atteste la présence d’un sous-sol meuble. Il faut cependant bien noter qu’à l’époque, la Prairie se situait hors des remparts de la ville et c’est l’urbanisation contemporaine qui l’a englobée. Cependant, les abords de la Prairie ont été lotis dès le XVIIe siècle autour de l’actuelle place de la 22 - Janvier/février 2013 - STEMP CAEN N°13 Guichard/Office de Tourisme de Caen La Prairie Par Nicolas Cochard DECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDE Cet espace vert de 60 hectares au centre de la ville de Caen...un espace vraiment atypique... République par des hôtels particuliers destinés à une élite urbaine. C’est alors le début d’une tradition toujours en vigueur aujourd’hui, consistant à faire de cette ‘‘espèce de mer végétale » selon l’expression du poète local Guillaume-Stanislas Trébutien, une promenade prisée, certes parfois interminable pour quelques étudiants fatigués par une soirée au parc des expositions et devant regagner le centre-ville ! D’ailleurs, Louis XVI eut plaisir à profiter de l’air frais de la Prairie lors de sa visite normande de 1786, sept ans avant qu’un autre souffle vienne lui rafraichir la nuque. Quoiqu’il en soit, la vocation agricole initiale du lieu s’estompait au profit d’une identité davantage ludique, initiée par les hautes classes sociales. On retrouve alors une classique volonté des élites de s’extraire de l’urbanité au profit d’un espace vert. C’est dans cette perspective que fut construit l’hippodrome de Caen, décidé en 1839 suite au succès d’une première course de trotteurs deux ans auparavant. La terre extraite du creusement du canal de Caen à la mer fut utilisée pour construire la piste et les tribunes, confirmant l’adage de Lavoisier  : ‘‘rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Plus tard, de nombreux gravas issus des destructions de 1944 ont également contribué à assainir la Prairie. Aujourd’hui, la piste de 1954 mètres fait le bonheur des joggeurs, des trotteurs, des amateurs de courses, des parieurs et parfois même de quelques boulistes du dimanche avides de grandeur. Cela étant, dans les années 1950 sous l’impulsion du maire, Yves Guillou, une première rencontre de courses automobiles fut organisée autour de l’hippodrome et en 1954 des Formule 1 sillonnaient le circuit. Jusqu’en 1959, les caennais ont pu observer ces performances mécaniques, éphémères puisque le circuit ne répondait pas aux exigences de sécurité. Photo BenJ_Photos
COUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRIRDECOUVRI 11111 Bien qu’initialement excentré, l’hippodrome de la Prairie redonne une certaine centralité à cet espace, d’autant que la piscine de Caen, le lycée Malherbe, le Zénith ou le parc des expositions, ont accentué le dynamisme du quartier. D’ailleurs, depuis le XIX ème siècle, les abords de la Prairie ont fait l’objet de multiples aménagements destinés à exploiter cette immensité. A partir de 1855, les trains en provenance de Paris desservent Caen et la Prairie était alors pressentie comme le site de la gare ferroviaire. C’est pourtant à Vaucelles en 1857 que la gare de Caen s’est implantée. Cela étant, le XIX ème siècle constitue l’âge d’or du chemin de fer et dans ces conditions, il ne faut pas oublier que le territoire français était parsemé de petites lignes secondaires tombées en désuétude avec l’essor de l’automobile. Ainsi, plusieurs lignes traversaient la Prairie, par exemple en direction de la Suisse Normande en 1873, de la mer en 1877 ou de Vire en 1886. Aujourd’hui, le voyageur en provenance de l’Ouest peut contempler la Prairie pour atteindre la gare de Caen, à moins de s’assoupir et de gagner ainsi un aller simple pour Paris-Saint-Lazare ! Néanmoins, la multiplication des axes de circulation autour de la Prairie, contribuant à inscrire cette étendue verdoyante dans l’urbanisme, s’est i11lti également accompagnée de préoccupations environnementales. En 1932, la Prairie devient ce que l’on appelle un site inscrit, c’est-à-dire un espace plus ou moins naturel qu’il convient de protéger et de préserver. Il s’agit là d’une officialisation du caractère exceptionnel de ce type de site dans un espace urbanisé et de ce fait, d’un justificatif de domicile en bonne et due forme pour de nombreux volatiles squatteurs du type héron, bécassine ou mouette rieuse. D’ailleurs, en 1982 fut creusé le plan d’eau qui se trouve du côté du Parc des Expositions afin de protéger ces espèces. Aux dernières nouvelles, leur cohabitation se passe bien, sans prise de bec notable, même si selon certains observateurs, le niveau ne vole pas bien haut. En résumé, la Prairie constitue un espace vraiment atypique. A la fois champ, hippodrome, marécage, promenade, réserve naturelle, elle s’inscrit toutefois pleinement dans le quotidien des caennais et ce, depuis le Moyen-âge. De plus, constituant une véritable frontière entre la ville et la campagne en direction de Louvigny, elle souligne le fait que Caen reste une parenthèse urbaine au cœur de la belle campagne calvadosienne. Département du Calvados Caen STEMP CAEN N°13 - Janvier/février 2013 - 23



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