Star Wax n°48 sep/oct/nov 2018
Star Wax n°48 sep/oct/nov 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de sep/oct/nov 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Compos-it

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 46

  • Taille du fichier PDF : 11,6 Mo

  • Dans ce numéro : les chroniques...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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HIYHNILS COM'E,1 CUMINS ri Declaime x Jazzylla/Welcome To My Light (Ep) Voici une sortie uniquement disponible en vinyle et qui respire le positif hip-hop. Nous devons l'initiative à Jazzylla, un beatmaker qui lance ici son premier vinyle. Son pseudo en dit long sur les musiques et les productions qui l'inspirent. Le vocaliste qu'il invite fait rarement parler de lui dans les médias français. Pourtant il s'agit d'un rappeur de taille  : Declaime. Ce Mc californien a enregistré ses premières rimes en 1995, avec Tha Alkaholiks. Puis il a sorti en 1999 son premier Ep solo avec Madlib. Aujourd'hui, après dixLps et une vingtaine d'Eps, Declaime balance un peu de spiritualité, le temps de cinq titres. Le résultat est un savant mélange de drum et de samples bidouillés via la MPC de Jazzylla. Et finalement, ce sont deux voix qui subliment ses beats. En effet, Georgia Anne Muldrow, compagne de son et de vie de Dudley, n'a pas su résister. Elle chante plus ou moins discrètement tout le long du disque. Et sur » Doobie » (joint d'herbe en argot), le dernier titre et sommet de ce disque, elle va même jusqu'à rapper. Évidemment le flow et les textes sont subtils, supérieurs aux titres qui ont squattés les chairs cet été. La face B contient les instrumentaux et f artwork est illustré par Gamo One. (Coshrnar) Kamal Keila/Muslirns and Christians (2xLp/Cd/Digital) Premier volume d'une série consacrée au jazz soudanais, Muslims and Christians » permet de découvrir Kamal Keila, un chanteur au timbre de voix mélancolique né à l'orée des années quarante - il ne connaît pas précisément sa date de naissance - et retiré aujourd'hui dans une banlieue de Khartoum, la capitale. Sans le travail de défrichage et de sauvegarde du label Habibi Funk, ces dix chansons seraient, selon toute vraisemblance, tombées dans l'oubli. Pierre Barouh l'art den rencontres Débutant sa carrière dans les années soixante et bien que comparé à Pela Kuti, ou même James Brown, Keila n'a jamais enregistré de disque à l'exception d'un unique album qui, suite à cette sortie, risque de devenir une sorte de Saint Graal. De sa carrière de musicien, ne lui restaient plus que deux bandes en très mauvais état, réalisées à la radio dans une échelle de temps assez floue, là-aussi. Une fois les moisissures retirées, les bobines dévoilèrent aux oreilles de Jannis Sriirtz, l'un des fondateurs du label, deux sessions d'enregistrement à la croisée des continents, entre musique éthiopienne, pays voisin du Soudan, et orchestrations américaines (blues, soul, funk). Recommandé. (Rémi Foute » RANI/August 1791 (Cd/Digital) Alternative aux roucoulades du'campa direct, le septième disque des Haïtiens de RAM conforte le courant mizik rasin (ou musique proche des racines), un mix saisissant entre les rythmes traditionnels petro, mayi ou ibo et les arrangements électriques. Cette fusion culturdle est perceptible sur « Danmbala Elouwe » et son alliage détonnant de choeurs et de percussions, ou grâce à « Seyiko Evida » et son chapelet de guitares protorumba. Proches de Régine Chassagne et Win Butler d'Arcade Pire avec qui ils ont enregistrés un duo lors du dernier carnaval de la Nouvelle-0rléans, les dix-huit membres de RAM mâtinent la culture vaudou d'observations sociohistoriques pertinentes. Un point devue exprimé avec » Dominikani (rap Janm Bliye) », dont les paroles dénoncent la violence endémique et l'exil induit. Ou par l'intitulé, qui fait référence aux prémices de la révolution haïtienne via la cérémonie du Bois-Caïman. Toutefois, le point d'orgue de l'enregistrement reste le possédé e Negri% Katye Moren », d'après un texte de la propre mère de Richard Morse, forte tête notoire et chanteur de RAM. (Vincent Caffiaux)
Page 43star Wax magazine n°49 Chroniques Janko Nilovic Rythmes Contemporains (Lp/Digital) Figure familière de ces pages, Janko Nilovic débute sa carrière de compositeur de library en 1969. En l'espace de quinze ans, il enregistre une vingtaine de 33 tours aujourd'hui sarnplés par les poids lourds du rap US (Dr Dre, Jay-Z). Le succès de son premier album chez Montparnasse Records incita vraisemblablement André Farry, son directeur, à financer en 1972 les séances d'enregistrement d'un projet destiné au circuit traditionnel via Z International Records. Simple dans son approche, associer un big band à une rythmique rock, la ligne directrice de « Giant » n'en est pas moins novatrice pour l'époque. Trop sans doute. Aux dires de son créateur, il s'en vendra à peine plus de cent copies. En 1974, « Giant » ressort chez Montparnasse à l'intention des professionnels de l'image et du son sous le nom de « Rythmes contemporains », accompagné d'un morceau supplémentaire. Presque 45 ans plus tard, Nilovic étant enfin reconnu à sa juste valeur, l'album reparaît grâce à Broc Recorda, légalement s'entend, le récent pressage de Paisley Press étant un pirate. Parmi le tombereau de rééditions qui s'abat chaque jour, ce disque est celui à ne pas manquer, à ranger à côté du « Song Of Innocence » de DavidAxelrod, pour la beauté de ses thèmes et de ses arrangements de cuivres, de cordes. Limité à 500 copies. (Rémi Foute » Anthony Joseph/People Of The Sun (Lp/Cd/Digital) Avec 6 albums édités en moins de douze ans, le poète Anthony Joseph atteste dune créativité débordante. Hommage à Trinidad, son île natale, « People Of The Sun » convoque cette fois-ci différentes stars locales du steel drum et du calypso. A commencer par Fila Andall, chantre des divinités orishas qui irradie « Milligan. The Ocean s de sa voix sublime. Autre pointure de Port-of-Spain, le pan master « Boogsie » Sharp ponctue « Sans Souci (Totem) s d'harmonies métalliques délicates. Et 3 Canal ou Brodier Resistanc.e musclent les véhéments « Bandit School » et « Dealings » à coup de phrasés rapso. Produit et dirigé par le saxophoniste jazz Jason Yarde (déjà entendu auprès de Dennis Brown ou d'Hugh Masekela...), cet opus sonne finalement de manière homogène. Un équilibre évident à l'écoute des prenants « Dig Out Your Eye » et surtout « Intense Taxis, un spoken word digne des meilleures strophes de Linton Kwesi Johnson ou de Gil Scott-Heron. Anthony Joseph figure également sur « Bijou Voyou Caillou », le nouvel album du Florent Pellissier Quintet. Et sur la quatrième compilation vinyle de votre magazine, où l'interprète est remixé par Blanka. (Vincent Caffiaux) Maribou State/Kingdoms In Colour (LA/Cd/Digital) La sortie de « Turnmills s en juin dernier aurait dû nous mettre la puce à ! Le duo anglais Maribou State, soit Chtis Davids et Lissai Ivory, a signé un tube électro frais et balearic à souhait. La rotation sur la bande Fm confirme que l'on rient du lourd. Ce long format, « Kingdoms In Colours, montre de nouveau la volonté du duo de briser les chapelles musicales. Quelle soit houEe, nu soul ou downtempo, leur électronique est marquée par les voix pop, comme celles de Holly Walker ou de Khruangbin sur le morceau s Feel Good.s. Et c'est un album feel good  : on le découvre à chaque plage. Si vous aimez les ambiances générées par Mount Kimbie, Rosa From Friends et SBTRKT, alors ne boudez pas votre plaisir ! Perso, cet Lp fait partie des premiers pressages neufs que je vais fièrement mettre en valeur dans ma boutique, Barney's Grooves, qui ouvre ses portes début septembre à Vernon. L'album sort le 7 septembre sur le label Counter. Un catalogue auquel Maribou State est resté fidèle, depuis leurs débuts en 2012, l'année de lancement de leur premier Lp  : « Beginnings ». À noter qu'un maxi de « Feel Good » incluant « Turnmills s est également en bac. Ce dernier titre est sorti en vinyle en juin dernier, et seulement à cent exemplaires. Champagne ! (Dj Barney from Vernon) Pierre Barouh/L'Art Des Rencontres (DVD) Vent d'air frais sur un répertoire français souvent autocentré, le regretté Pierre Barouh valait bien un portrait, d'autant que les documentaires le concernant sont rares. Interviewé par Marie-Laure Désidéri et Christian Argentine, l'auteurcompositeur et cinéaste commente naturellement le Brésil, où il se lie d'amitié avec les géniaux Baden Powell et Vinicius de Mornes, le cinéma où il fait une apparition remarquée auprès d'Anorak Aimée dans « Un Homme Et Une Femme » de Claude Lelouch, et sa propre discographie, composée de titres impérissables comme « La Bicyclette » ou « Des Ronds Dans l'Eaus. L'évocation de Saravah, son label lancé en 1965, offre une somme d'archives, souvent savoureuses. On y voit Pierre Barouh entouré d'artistes aussi singuliers que Brigitte Fontaine (période Art Ensemble Of Chicago), Jérôme Savary et son collectif libertaire le Grand Magic Circus, ou bien encore Jean-Reg r Caussimon. Non content d'avoir amené la samba et la bossa nova sous nos cieux, Pierre Barouh analyse ici une signature pré-wodd music comme le Gabonais Pierre Akendengué (avec Nana Vasconcelos). Alors que les derniers plans témoignent du rayonnement de l'enseigne vagabonde au Japon. Edité par La Huit, ce film est complété par un Cd cinq titres où la jeune génération rend hommage au poète. Passionnant. (Vincent Caffiaux)



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