Star Wax n°34 mar/avr/mai 2015
Star Wax n°34 mar/avr/mai  2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de mar/avr/mai 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Compos-it

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 12,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... DJ Cam.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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R:w. 2S _Interview Lam Cela font plusieurs années que tu te rapproches des danses hip-hop et vice versa, les musiques électroniques, notamment le dubstep sont de plus en plus sollicités par les choregraphes. Quel a été le déclencheur et comment s'est passe la rencontre avec le RAF Crew Je compose une musique assez "étrange" et je me suis souvent demandé comment je pouvais faire écouter ma propre perception de ma musique, Je peux l'enregistrer en disque, la jouer devant le public, mais là, avec la danse, je vois cette musique en totale liberté. Er tout devient extraordinaire parce que les danseurs avec qui j'ai la chance de uavailler sont extraordinaires ? Le R.AF Crew. c'est un groupe de danseurs qui a marqué au fer rouge la culture de la danse hip-hop, non seulement en France et dans le monde entier. J'ai regardé en boude toutes Ieurs vidéos. La richesse de leurs styles, leur talent insolent, l'énergie qu'ils renvoient, les valeurs qu'ils transmettent, forcément, ça m'a interpellé, puis on s'est rencontrés. Le contact est super bien passé, une relation de confiance et de fraternité s'est rapidement installée. Connaissant leur travail, j'imagine et je dessine un univers qui me semble leur correspondre. La musique, l'image, la scénographie, l'histoire... C'est comme inventer un monde éphémère, qui nous laisserait le temps et la liberté de se rencontrer et créer. Le but n'est pas la démonstration de ce qu'on sait faire, mais plutôt de montrer la somme de qui nous sommes, de conjuguer les deux. Cette collaboration, cette rencontre, c'est une merveilleuse expérience, un bel échange humain, du partage, beaucoup de respect, et de la générosité. Est-il possible d'en connaître un peu plus sur "Quayrnd', ce projet vidéo non visualisable au moment ou nous faisons cet interview ? Quagma est né dans une période où je me questionnais beaucoup sur le rapport entre la musique et la danse. J'ai alors imaginé une histoire qui pourrait illustrer toutes ces réflexions. Je précise que je n'apporte aucune réponse, c'est juste un témoignage et une façon poux moi d'exprimer ce qui me touche. J'avais en tête depuis des années de monter un projet avec Kaori Ito, une danseuse contemporaine absolument incroyable, qui a une approche de la danse très animale et brute, avec une sensibilité et une sensualité vertigineuse. L'idée était de proposer une création où se confrontent et se rencontrent les danses hip-hop du RAF Crew et celle de Kaori Ito. J'ai donc écrit ce projet, j'ai composé la musique en pensant aux images que j'imaginais déjà, et avec l'aide de Jeremy Frey, réalisateur au talent incroyable mais avant tout mon cousin, nous nous sommes lancés dans cette aventure. "In Space Time" cover Pourquoi seulement huit titres, est-ce parce que la durée correspond au projet de court métrage "Quagmct' qui est lié ? Mon premier album, "Grigri Breakers", c'est dix sept titres choisis au milieu d'une trentaine, 5 ans de travail avant de le sortir. Je n'avais pas envie de m'embarquer dans un autre album-fleuve. Autant dans "Grigri Breakers", je racontais plusieurs histoires, autant avec celui-ci, il ne devait y en avoir qu'une seule. Avec le label I.O.T, il était évident que ce projet d'album devait voir le jour sur vinyle. Aymeric, le big boss, est également un inconditionnel défenseur et amoureux de ce support. Afin de garder une certaine dynamique dans le son pour le vinyle, je m'étais fixé quatre titres par face comme contrainte. La création vidéo avec la danse et la production des featurings vocaux s'est faite en parallèle. Trois titres de l'album illustrent le court-métrage, les autres titres sont essentiellement des featurings (Juice Aleem, Antipop, Bang On, Clozee, G. Perret), Quant au dernier titre, c'est un hommage à un grand artiste qui nous a quitté récemment, et qui devait participer à ce projet : The Space Ape. La musique nous avait lié, il était très important pour moi de lui dire au revoir et de lui souhaiter bonne route de cette façon. Finalement ton second album, est un peu la suite logique de 'Grigri Breakers" mais tu es éclectique dans les genres musicaux que tu produis. En 2014, tu as sorti l'Ep'Alcaname" plus orienté house-techno. Apparemment tu ne désires pas être étiquetée ? Quand je me lance dans l'écriture d'un album, c'est très personnel et centré sur ce que je suis essentiellement Ces deux albums sont le reflet de la personne que j'ai été et que je suis encore aujourd'hui. Donc oui, ils se ressemblent certainement. Par contre, j'ai toujours fait plusieurs styles de musique différents, particulièrement en live où je nie donne une totale liberté pour aller explorer tout ce que j'aime, la techno, le dub, la base music, la house, etc_ Quand on me propose un Ep, c'est l'heure de la récré. Pas de cadre, pas d'histoire à raconter, pas de thème à respecter, j'envoie tout ça en l'air et je me donne toutes les libertés. C'est l'occasion de faire des prod que je ne fais pas habituellement et aussi de montrer une autre facette de moi. Le style change, mais la couleur, l'univers, sont toujours les mêmes. ru es toujours bien entourée, Otisto23, Pushyi, Pirnshot.. , J'ai l'impression que la scène hardcore et l'esprit des teuffeurs issu des free party ne semblent pas bien loin ? Là, on parle de ma famille, mes potes, et surtout mon homme. Compagnon de route er de studio (real/ingé-son et producteur), Otisto23 me soutient, m'épaule, me conseille, m'enseigne... ll connait parfaitement ma musique, sait comment la sublimer, et la faire sonner comme je l'imagine. C'est une réelle chance de pouvoir travailler ensemble, faire du son, et partager toutes ces aventures. Quant à la scène hardcore ou les free parties, ça fait plus de dix ans que je n'y ai pas mis les pieds et que je ne sors plus de disques hardtechno.
Oui, je viens de la scène "underground". Quand j'étais jeune, j'aimais bien ce qui était dur, bien rapide. J'avais 17/23 ans, le match parfait en fait ? Mais j'aimais aussi l'electto de Dopler Effect, la techno du label Sativa' Records, l'acid house de Bonsai Records... Dans les années 90, on entendait de tout en soirée. Grâce à cette ouverture, j'ai toujours été très éclectique dans mes goitts et donc mes productions. 6 C Les fêtes telles que je les ai connues àlafin oies années 9Û, c'est fini ." Justement avec du recul, que reste-t-il des années free party, as-tu un regret, quelque chose que tu aurais aimé faire autrement ? Pour moi, rien n'a changé, tout a simplement évolué avec ma vie, mes expériences. Cette époque, c'est à la fois loin mais présent à chaque instant en moi. Que reste-t-il des free parties aujourd'hui ? Mais c'est quoi une free party de nos jours ? Une fête libre et gratuite ? Une soirée où on joue de la hardtek et du "frenchcore" ? Les fetes telles que je les ai connues à la fin des années 90/début 2000, c'est fini. Les années passent, les modes changent, les énergies circulent. Certains partent explorer d'autres horizons, d'autres débarquent et découvrent ce monde. Mais cela ne veut pas dire que ce qu'il s'y passe aujourd'hui est moins bien. C'est différent. Et je suis différente aussi. De ce passé, la seule chose qu'il reste que je peux affirmer, c'est moi, ce que je suis devenue, mes amis, ma grande Famille de coeur, le label I.O.T avec qui je collabore depuis plus de dix ans, et qui représente un soutien infaillible. L'expérience, les souvenirs merveilleux, les désillusions, les échecs la rage, l'obstination, je n'ai aucun regret. Le futur sera toujours aussi tumultueux et passionnant. Dams le milieu oû tu gravites, si je ne m'abuse encore à prédominance masculine, en quoi le masculin détient sur le féminin et réciproquement? Pour finir, bientôt la sortie de "In Space Time" ! Vidéo, danseurs, live machine, que nous prépares-tu ? Depuis le début de cette aventure, tout est allé très vite et de façon vraiment intense i Je me suis retrouvé embarquée dans un train qui filait à toute vitesse oit tout s'enchainait toujours d'une justesse extrême. Ce projet d'album, le court-métrage, c'est l'histoire de rencontres, d'échanges artistiques, d'énergies folles, de générosité et d'entraide. Il fallait que la scène, le projet live soit l'aboutissement, l'épilogue de cette expérience humaine. Pour la partie musicale, trois personnes constituent le noyau dur : Juice Aleem au chant, Otisto23 aux machines et clavier, et moi-même. L'idée, c'est d'inviter un musicien à se joindre à nous. Musicien qui est généralement batteur (Thomas Chignier), sans que cela nous empêche de flirter avec d'autres instrumentistes. Toutes ces personnes, ces énergies sur scène, t'obligent à construi re des espaces libres à l' improvisation. Jouer à plusieurs, ça permet forcément d'explorer d'autres possibilités et de prendre plus de risques. ll y a parfois des accidents mais surtout, des moments imprévus où opère une certaine magie. C'est exactement à cet instant que la musique devient vraiment vivante, le voodoo cime... Quant à l'aspect danse en live, même si l'idée me séduit, c'est une toute autre réflexion à avoir, il faut l'aborder comme une véritable création d'un spectacle. Avec ce que cela implique, du temps, des moyens humains, financiers, un autre réseau. Et honnêtement, je n'ai pas assez de temps pour tout faire, Je préfère composer pour la pièce d'un chorégraphe plutôt que de trimballer mes danseurs sur des petites scènes oit on a déjà du mal à caler une batterie, deux set-up machines et un davier. Le travail de visuel pour la scène consiste en l'intégration d'éléments de danse (je sample certaines séquences filmées) synchronisés avec les machines. Tout ceci est ensuite disséminé dans un écrin d'images géométriques (je m'inspire beaucoup de la géométrie sacrée), évoquant un univers de fractales et d'illusions optiques. Complètement [n Space Tune quoi ,ar Le rapport masculin/féminin (silence). C'est très délicat pour moi de répondre à cette question. Ma parade durant de longues années fut de faire l'autruche pour que cela m'affecte le moins possible. J'ai bien évidement conscience des préjugés, us et coutumes déviants vis à vis de la gente féminine. Il suffit juste de regarder le pourcentage d'artistes electro féminines programmées sur des soirées ou festivals. Pourquoi, quelles sont les causes ? C'est l'éternel débat... Pour se faire respecter, une artiste féminine doit are irréprochable. Et avoir absolument toutes les qualités. Inspirée, créative, douée techniquement, pas trop extravertie, mais marrante quand même sinon on dit que tu te la racontes, et enfin, la cerise sur le gâteau charmante, mais pas trop, sinon on va penser que us -t'es fait ta place grâce à ça. Ce sujet me peine et me révolte car ça me ramène tout simplement à ma condition de femme, dans une société dominée par les hommes et là, taon pouls commence à accélérer f e. t •



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