Spore n°194 sep/oct/nov 2019
Spore n°194 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°194 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre technique de coopération agricole et rurale

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5,5 Mo

  • Dans ce numéro : des services de conseils intelligents.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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TENDANCES En Afrique, où 80% de la nourriture est produite par de petits producteurs, les technologies digitales pourraient provoquer une nouvelle révolution, comme le souligne une étude du CTA et de Dalberg Advisors, qui fournit la première analyse de ce genre. Le document met en lumière près de 400 solutions digitales et relève que 33 millions de petits producteurs du continent y sont inscrits, avec une croissance annuelle de 45% du nombre d’inscriptions depuis 2012. Néanmoins, plus de 90% du marché des services digitaux aux agriculteurs africains demeure inexploité, avec un chiffre d’affaires évalué à 127 millions d’euros sur un marché potentiel de 2,3 milliards d’euros. Le Rapport sur la digitalisation de l'agriculture africaine du CTA et de Dalberg Advisors a été présenté à Rome, en Italie, le 21 juin 2019 lors de la conférence des ministres de l'agriculture de l’UA et de l’UE, et en Afrique, lors du Forum 2019 sur la révolution verte en Afrique, à Accra, au Ghana. Cet imposant rapport offre une idée précise de l’émergence récente de la digitalisation dans l’agriculture africaine. Il présente aussi une distribution géographique des applications et de leurs fournisseurs (ONG, 4 SPORE 194 RAPPORT DU CTA La digitalisation agricole africaine décryptée Pour la première fois, un rapport compile et met en lumière des données précises et actualisées sur les solutions digitales permettant à l’agriculture africaine de relever les défis de sa transformation. Yanne Boloh et Susanna Cartmell-Thorp gouvernements, secteur privé...). En plus d’analyser le paysage des innovations digitales pour l’agriculture (D4Ag) et de fournir un aperçu de l’utilisation actuelle de ces solutions dans l’agriculture sur le continent (principalement l’Afrique subsaharienne), le rapport offre aussi des prévisions pour la période 2025-2030 – une première pour le secteur agricole. Le rapport montre aussi ce que les solutions digitales ont permis de réaliser à ce jour, présente les perspectives de croissance à court et moyen terme et, surtout, analyse l’impact que pourrait avoir l’exploitation de tout le potentiel du secteur. « La digitalisation peut changer la donne dans la transformation de l’agriculture à petite échelle, mais il faut lui accorder l’importance qu’elle mérite dans les politiques et investissements » Alors que la qualité des données s’améliore, le rapport note que le nombre d’entrepreneurs développant de nouvelles solutions digitales pour l’agriculture augmente de façon exponentielle. « En 2013, lorsque le CTA a organisé une grande conférence internationale sur les technologies de l’information et de la communication pour l’agriculture au Rwanda, il se passait peu de choses dans ce domaine. Mais ces cinq ou six dernières années ont vu une augmentation très importante des nouvelles solutions digitales apparaissant sur le marché », relève Michael Hailu, directeur du CTA, dans un récent entretien avec Spore. Un baromètre de l’agriculture digitale Le rapport du CTA et de Dalberg sera remis à jour tous les ans ou tous les deux ans, comme un baromètre. Les différents opérateurs disposent désormais d’une base compilant des données consolidées, plus pertinentes que des données isolées ou spécifiques à tel ou tel sujet. En tout, 17 institutions se sont coordonnées au sein d’un comité consultatif pour établir une méthodologie, collecter les données et les mettre en forme. Les solutions digitales destinées à l’agriculture ont été classées en cinq grandes catégories primaires (conseil, contacts commerciaux, accès au financement, gestion de la chaîne de valeur, intelligence macro), subdivisées en catégories
La technologie digitale peut être un facteur d’attraction ou de maintien des jeunes dans le secteur de l’agriculture. secondaires. Les experts proposent, de surcroît, d’utiliser de nouveaux termes – comme middleware – pour qualifier les infrastructures de données nécessaires au déploiement de solutions digitales concrètes comme les drones, les stations météorologiques, les équipements de diagnostic de qualité des sols, des maladies et des plants, ainsi que les capteurs de champ. Christian Merz, conseiller principal à l’Agence allemande de coopération internationale pour le développement (GIZ) et membre du conseil consultatif, déclare  : « Ce rapport historique fournit des informations extrêmement utiles sur le marché des solutions agricoles numériques en Afrique subsaharienne. Les parties prenantes du secteur, notamment les donateurs, les gouvernements et les investisseurs, mais aussi les responsables de la mise en œuvre et les fournisseurs de solutions, doivent avoir une bonne compréhension de l’ampleur, de la nature et de la couverture du marché pour optimiser les interventions, choisir la meilleure solution, définir les stratégies de déploiement et de commercialisation, etc. » Leonard Mizzi, chef d'unité au sein de la direction générale de la coopération internationale et du développement de la Commission européenne, partage cet avis  : « Nous vivons une époque de transformation et de changement technologique sans précédent. Le numérique peut contribuer à stimuler l'innovation pour développer des systèmes agroalimentaires durables et à produire des aliments de meilleure qualité et plus sûrs tout en préservant les ressources naturelles et la biodiversité. Mais nous devons en être conscients et soutenir des solutions durables, adaptées aux besoins des pays et intégrées dans des systèmes d'innovation plus vastes et mieux adaptés. Tout cela s’inscrit dans le droit fil des objectifs de la stratégie Digital4Development de l’UE et des ODD (Objectifs de développement durable) que nous sommes fiers de promouvoir. » Fracture numérique Malgré de considérables résultats dans la transformation digitale, les femmes ne comptent que pour un quart des inscrits aux solutions digitales, bien qu’elles représentent près de la moitié de la main-d’œuvre agricole en Afrique subsaharienne. Sachant qu’en Afrique un mégabyte de données mobiles coûte en moyenne 10% du revenu moyen mensuel, les femmes qui gagnent souvent moins que les hommes sont laissées de côté. Pourtant, les solutions digitales pourraient accentuer leur capacité à produire et vendre plus et de meilleure qualité. De leur côté, les jeunes sont surreprésentés parmi les utilisateurs (65%). Le numérique constitue d’ailleurs un levier pour les attirer ou les maintenir en agriculture. Cette donnée indique néanmoins un important fossé entre générations qui doit être dépassé afin d’impliquer une proportion significative d’agriculteurs parmi les plus âgés. Autre tendance remarquable  : les utilisateurs sont beaucoup plus nombreux en Afrique de l’Est, avec le Kenya en tête, tandis que les solutions se trouvent en plus grand nombre à l’Ouest du continent. L’Afrique centrale et l’Afrique australe restent globalement moins représentées. Enfin, malgré un grand nombre d’acteurs qui composent ce jeune marché, une quinzaine de solutions digitales, principalement dans l’univers du conseil, dominent le marché avec 70% des agriculteurs enregistrés. Passer à grande échelle Les auteurs du rapport se sont concentrés sur le nombre d'utilisateurs enregistrés – une donnée intéressante pour les donateurs – mais relèvent que le nombre d’utilisateurs actifs est SPORE 194 5 CTA ›



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