Spore n°194 sep/oct/nov 2019
Spore n°194 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°194 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre technique de coopération agricole et rurale

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5,5 Mo

  • Dans ce numéro : des services de conseils intelligents.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SYSTÈMES AGROALIMENTAIRES SEMENCES AMÉLIORÉES En Zambie, la production d’arachide dope les revenus des agriculteurs En Zambie, un meilleur accès aux semences d’arachide améliorées et aux formations à la gestion des cultures stimule la productivité des petits exploitants et renforce leur accès au marché. Doreen Chilumbu Dans les districts zambiens de Chipata, Katete, Minda, Nyimba et Petauke, des petits exploitants renoncent à la culture du coton, dont les prix sont à la baisse, au profit de nouvelles semences d’arachide améliorées. Ces variétés résistantes à la sécheresse et à haut rendement contribuent à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le pays, ainsi qu’à augmenter les rendements et le niveau de vie des petits agriculteurs. Les semences améliorées sont le fruit d’un projet de recherche et développement, Strengthening Food Legume Seed Delivery Systems in Malawi, Mozambique and Zambia (Renforcer les systèmes de fourniture de semences de légumineuses au Malawi, au Mozambique et en Zambie), financé par le Programme de productivité agricole pour l’Afrique australe (APPSA). Lancé en 2014, le projet a jusqu’à présent bénéficié à 1,4 million d’agriculteurs dans les trois pays. L’initiative fait proditer de marchés garantis aux agriculteurs auprès d’entreprises semencières. Ainsi, dans le district de Petauke, en Zambie, le partenariat entre agriculteurs et la Unit Seed Company depuis 2014 a fourni suffisamment de semences d’arachide de base pour planter 68 hectares. Avant la fin de la récolte 2015, l’entreprise avait déjà garanti aux petits exploitants l’achat des semences à un prix de 6,47 kwachas zambiens (0,45 € ) par kilo. « La production de semences d’arachide certifiées a amélioré mes revenus et m’a permis d’acheter du bétail, une charrue et 22 sacs d’engrais, ainsi que de construire une maison », explique Lenard Daka, 32 SPORE 194 Grâce à des semences améliorées d’arachide et des pratiques culturales de conservation, des petits producteurs de Zambie augmentent leur productivité et leurs revenus. agriculteur en chef dans le village de Felesiano, à Petauke. Avant le lancement du programme, la plupart des agriculteurs avaient du mal à vendre leurs récoltes de coton à des prix lucratifs sur le marché. « D’autres agriculteurs de mon groupe sont désormais en mesure de nourrir leur famille et d’acheter du matériel scolaire pour leurs enfants », poursuit-il. Emelia Chikubabe, elle aussi à Petauke, a été formée à l’entrepreneuriat, à la gestion des cultures et à l’agriculture de conservation. « Autrefois, je plantais chaque année la même chose, au lieu d’effectuer une rotation ou de planter des espèces différentes pour produire plus, préserver la santé du sol et diversifier le régime alimentaire de ma famille », raconte-t-elle. « Même si les semences indigènes sont importantes pour protéger la diversité génétique, les semences améliorées aident les agriculteurs à s’adapter aux modifications des conditions climatiques, à lutter contre les maladies des végétaux et à obtenir de meilleurs rendements. » 68 hectares de semences d’arachide semées en Zambie 40 variétés de semences ont été développées et mises à disposition Dans les trois pays, plus de 40 variétés de semences ont été développées et commercialisées pour d’autres cultures, comme les légumineuses, le maïs, le riz et le sorgho. « Certaines des variétés améliorées ont été conçues en mettant l’accent sur l’amélioration du rendement et de la qualité, la précocité, l’adaptation aux stress abiotique et biotique, mais aussi la résistance aux maladies et aux nuisibles principaux de l’espèce cultivée », conclut Monica Murata, coordinatrice de programme APPSA. DOREEN CHILUMBU
FAO PRODUCTION Tomates au Nigeria  : un concentré de bonnes pratiques Des cultivateurs au Nigeria apprennent à produire des tomates de bonne qualité afin de bénéficier de meilleurs débouchés commerciaux. Oluyinka Alawode et Sophie ReeveGrâce à des conseils sur les pratiques agricoles, à l’accès à des semences et à des engrais de qualité, ainsi qu’à la formation aux bonnes pratiques, des cultivateurs de tomates nigérians augmentent leurs rendements et réduisent leurs pertes post-récolte. Durant la saison, l’abondance de tomates sature les marchés et les agriculteurs n’ont d’autre choix que de laisser pourrir leurs invendus. Mais Tomato Jos, une entreprise sociale à but lucratif, forme les petits exploitants aux bonnes pratiques pour produire des tomates de qualité, utilisées dans leur concentré de tomates. Bien que le Nigeria produise 65% de toutes les tomates cultivées en Afrique de l’Ouest, il reste le principal importateur de concentré de tomates. Les tomates étant de piètre qualité, il existe peu d’ateliers de transformation. Faute d’acheteurs en vrac réguliers pour les producteurs, jusqu’à 1,35 million de tonnes de tomates fraîches sont perdues chaque année. Pour remédier à ce problème, Tomato Jos, fondée en 2014 par Mira Metha et Shane Kiernan, achète des tomates au moment de la récolte pour les transformer. L’entreprise enseigne à une centaine d’agriculteurs de la ceinture centrale du Nigeria de bonnes pratiques agricoles, comme la préparation du sol avant le semis et l’installation de systèmes d’irrigation goutte-à-goutte. Les cultivateurs formés qui vendent leur production à Tomato Jos gagnent environ En se formant aux bonnes pratiques agricoles, les producteurs de tomates au Nigeria améliorent leurs rendements et réduisent leurs pertes après récolte. cinq fois plus que s’ils vendaient sur les marchés locaux. L’entreprise a vu le jour à Panda, dans l’État de Nasarawa, et exploite désormais 500 hectares à Kaduna, au nord-est du pays. Faisant face, sur son site, aux mêmes difficultés que les autres exploitants – maladies, conditions météorologiques extrêmes et sécheresses – Tomato Jos comprend bien les problèmes rencontrés par les agriculteurs locaux et leur propose des solutions pratiques. Grâce aux adaptations qu’elle a réalisées face à ces défis, l’entreprise produit 40 à 50 tonnes de tomates par hectare, soit 10 fois la moyenne nationale. « Aujourd’hui, ils [les agriculteurs] produisent peut-être 7 tonnes par hectare. Nous pensons qu’ils peuvent aller jusque 30 tonnes par hectare s’ils suivent nos recommandations », affirme Mira Metha. Tomato Jos emploie plus de 20 personnes à temps plein, toutes passionnées par ce modèle qui contribue à augmenter la productivité des petits exploitants du Nigeria. Des jeunes issus des communautés travaillent aussi pour l’entreprise et aident à irriguer les champs et à épandre l’engrais. Mira Metha a annoncé, en avril 2019, que la production de concentré de tomates avait commencé et que la marque serait officiellement lancée en 2020. Pour l’heure, son concentré est vendu sur le marché local, en seaux de 25 kg à 7 500 nairas (18,5 € ) et en fûts de 250 kg destinés aux acheteurs internationaux. L’entreprise prévoit d’élargir son réseau d’agriculteurs afin de fournir 10% de la demande nigériane en concentré de tomates, estimée par les autorités nationales à 200 000 tonnes par an. SPORE 194 33



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