Spore n°194 sep/oct/nov 2019
Spore n°194 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°194 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre technique de coopération agricole et rurale

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5,5 Mo

  • Dans ce numéro : des services de conseils intelligents.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ABDOULAYE MAHAMADOU DÉBOUCHÉS COMMERCIAUX FORMATION Le coton transforme l’artisanat du textile au Mali Au Mali, premier producteur de coton du continent, de nouveaux équipements et la formation des artisans à la comptabilité ont permis de créer de nouvelles opportunités commerciales. Soumaïla Diarra En Afrique de l’Ouest, la chaîne de valeur du coton offre aux petits artisans de nouveaux débouchés commerciaux. Entre 2008 et 2013, le Projet d’appui à la filière coton-textile (PAFICOT), soutenu par le Fonds africain de développement (FAD) au Bénin, au Burkina Faso, au Mali et au Tchad, visait à diversifier le circuit commercial du coton en fournissant aux artisans des équipements de filature (cardes à main, rouets, quenouilles) et de tissage (différents types de métiers à tisser de grands diamètres), ainsi que de teinture (bassines, balances, matériels de protection). Les artisans ont aussi bénéficié de formations sur la création et la gestion d’entreprise. Au Mali, grâce au PAFICOT, 2 000 artisans (dont 1 413 femmes) ont pu renforcer leurs capacités de transformation, estime le ministère de l’Agriculture. 30 SPORE 194 Parmi eux figure Aïssata Camara, 57 ans, à la tête d’une entreprise de teinture employant six artisans. Le PAFICOT lui a permis de suivre une formation sur l’entrepreneuriat et de recevoir du matériel, dont des gants et des masques de protection. Elle vend le mètre de tissu teint à 2 000 FCFA (environ 3 € ) , ce qui lui permet de réaliser un bénéfice moyen de 400 000 FCFA (615 € ) par mois grâce à la teinture et la fabrication d’articles à base du coton local. « La vente des tissus en coton marche vraiment maintenant », constate-t-elle. « Depuis près de 8 ans, la transformation du coton connaît un boom et nous sommes à présent des professionnels réunis au sein du Réseau malien pour la transformation du coton bio », le REMATRAC Bio. Ce réseau a ouvert une boutique à Bamako pour mettre à la disposition des artisans des produits bio dont la chaîne de valeur a besoin  : colorants naturels, fils pour le tissage, et bien d’autres intrants. « Nous travaillons aussi avec des paysans qui cultivent du coton bio, le réseau leur offre ainsi un débouché commercial », précise Aïssata Camara. Les artisans étant mieux formés et équipés grâce au PAFICOT, Assan Gopé, une jeune entrepreneuse de 30 ans, a décidé de saisir sa chance en créant, Aïssata Camara fait partie des 2 000 artisans qui ont reçu des aides matérielles et en formation pour son entreprise de teinture. en 2017, Machallah Boutique, un site de vente en ligne. « Je peux vendre chaque jour pour 50 000 FCFA [90 € ] de vêtements à des clients qui viennent de France, du Sénégal et plus récemment des États-Unis. Ils apprécient les produits comme les robes, les chemises, les nappes et les coussins », explique Assan Gopé. 721 tonnes de coton ont été produites par le Mali en 2018. 2 000 artisans ont bénéficié d’un renforcement de capacité. Malgré ces progrès, près de 90% du coton ouest-africain est exporté vers l’Asie, dont 60% vers la Chine, et seulement 2% de la production est transformée dans le pays producteur. Le marché domestique reste en effet engorgé par des produits importés bon marché. « Aucun pays de la sous-région ne dépasse 5% de transformation », regrette Abdel Rahamane Sy, président de l’Association des jeunes pour la promotion du coton. C’est pourquoi, au Mali, le PAFICOT a été suivi de l’Agenda coton-textile, une initiative de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), financé par plusieurs organisations dont le Fonds africain de développement, et qui vise à transformer 25% du coton sur place pour la période 2011-2020.
TRANSFORMATION En Tanzanie, le bon filon des snacks à base de patate douce Une entreprise de transformation agricole produit des aliments nutritifs à base de patate douce et offre ainsi un marché direct aux agriculteurs – principalement des jeunes et des femmes – de la région. James Karuga À Tengeru, dans le nord de la Tanzanie, 12 groupes d’agriculteurs collaborent avec une entreprise de transformation de la patate douce en vue d’augmenter leurs revenus et d’améliorer la quantité de produits nutritifs pour les enfants et les adultes. Better Markets for Crops Products Limited (BMC) distribue aux petits producteurs jusqu’à 120 000 plants de patate douce à chair orange (PDCO) et, une fois les tubercules formés, l’entreprise les leur rachète entre 200 et 300 shillings tanzaniens par kilo (0,07-0,12 € ). Les tubercules sont ensuite transformés en farine, en boulettes de purée (pour nouilles ou pâtes à base de patate douce), en mélange d’épices « mchuzi mix » et en chips de patate douce. Fondée en 2016 par Zena Mshana, BMC travaille surtout avec des femmes et des jeunes. « J’avais l’ambition d’améliorer la nutrition en promouvant la consommation de produits biofortifiés en Tanzanie, où l’on observe de nombreux cas de retard de croissance parmi la population, en raison des carences en vitamine A », explique l’entrepreneuse, qui a suivi la formation du Centre international de la pomme de terre sur la sécurité et la qualité alimentaires dans la transformation à petite échelle en 2017. En plus d’augmenter leurs revenus, les petits exploitants qui travaillent avec BMC apprennent de bonnes pratiques post-récolte – comme le stockage des tubercules dans des boîtes en bois jusqu’à 3 mois pour éviter qu’ils ne se gâtent – et des recettes pour adultes et bébés à base de PDCO. Depuis 2018, Irene Robert Lukumai fournit ainsi entre 100 et 700 kilos de tubercules à l’entreprise chaque mois, en fonction de son niveau de production. Le fait de disposer d’un marché direct pour ses PDCO lui a permis d’augmenter ses revenus de 50%. « Ils m’ont aussi appris à m’occuper des plants de patate douce et à augmenter mes capacités de récolte. » BMC a acheté 20 tonnes de patates douces à son réseau d’agriculteurs en 2016, puis 70 tonnes en 2018. Entre janvier et avril 2019, ils ont en acheté 45 tonnes et, chaque mois, ils transforment en moyenne 8 à 10 tonnes de tubercules. La vente des produits transformés rapporte 10 à 17 millions de shillings tanzaniens (3 830-6 525 € ) par mois à l’entreprise. Environ 50% des produits de BMC sont vendus aux supermarchés, 30% aux écoles et 20% aux hôpitaux. L’entreprise emploie L'entreprise de Zena Mshana fournit des en-cas de qualité à la population locale et de meilleurs revenus pour les femmes et les jeunes. actuellement 14 personnes à temps plein (des femmes et des jeunes), chargées de la transformation, du conditionnement et de la distribution des produits, et 5 à 10 personnes à temps partiel, responsables de la commercialisation des marchandises. D’ici 2021, Zena Mshana veut vendre ses produits à base de PDCO dans cinq nouvelles régions de Tanzanie et approvisionner 100 écoles et 10 hôpitaux. L’entreprise voudrait aussi se lancer sur les marchés kényan, rwandais et ougandais d’ici 2025. « Quand on constate que la santé des personnes qui consomment nos produits à base de PDCO s’améliore, cela nous encourage à poursuivre nos efforts », se réjouit l’entrepreneuse. « La patience et le travail payent. » SPORE 194 31 BMC



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