Spore n°194 sep/oct/nov 2019
Spore n°194 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°194 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre technique de coopération agricole et rurale

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5,5 Mo

  • Dans ce numéro : des services de conseils intelligents.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ANALYSE › de savoir lire et écrire ni d’avoir une connexion Internet ou une télévision. Grâce aux téléphones portables, la radio est devenue beaucoup plus démocratique. Les auditeurs peuvent envoyer des messages de leurs portables et les agents de vulgarisation agricole avec qui nous travaillons en conviennent  : cela leur permet de toucher un public plus large. » Pour permettre aux agriculteurs de poser des questions, la SFSA a aussi créé des groupes d’auditeurs qui se réunissent autour d’un agent de vulgarisation après la diffusion d’un programme radio. Des réunions de planification sont également organisées avec des agents de vulgarisation et d’autres experts agricoles. « Ces stations définissent généralement leurs propres calendriers agricoles mais doivent aussi réagir avec souplesse en cas de menaces soudaines, comme une sécheresse. De cette manière, la radio peut être novatrice et avoir un véritable impact », note Paul Castle. Le nombre d’auditeurs appelant lors des émissions de radio a augmenté de 0,03 à 29% et l’audience est passée de 59 à 96% en trois ans. Les petites stations ont touché un public beaucoup plus large que prévu par la SFSA  : « Parce qu’elles diffusent en langues parlées des deux côtés des frontières, il y a des gens 20 SPORE 194 qui les écoutent par Internet en Ouganda et jusqu’au sud de l’Éthiopie », se félicite Paul Castle. Passer à la téléphonie mobile La téléphonie mobile joue aussi un rôle crucial. Pourtant, selon une étude de 2018 du Pew Research Centre, l’Afrique subsaharienne a toujours les taux les plus faibles de pénétration des smartphones par rapport au reste du monde. La connectivité reste un obstacle pour que les entreprises puissent utiliser des applications mobiles afin de développer les services de vulgarisation agricole. Les agriculteurs utilisant l’appli RiceAdvice obtiennent des gains de rendement de 0,6 à 1,8 t/ha. En Afrique subsaharienne, le nombre de ménages cultivant du riz pluvial et irrigué en plaine est estimé à environ 4,7 millions, mais la productivité rizicole est faible à cause des pratiques sous-optimales de gestion des cultures Avec une approche interactive intégrant la radio, les portables et les applis, FarmRadio International fournit des informations fiables pour améliorer les pratiques agricoles. des petits agriculteurs. RiceAdvice est une application bilingue sous Android permettant aux ONG, agents de vulgarisation et petits agriculteurs du Mali, Nigeria et Sénégal d’accéder directement à des recommandations adaptées à des champs particuliers. En plus de fournir des informations importantes en début de saison, RiceAdvice indique aussi les pratiques saisonnières essentielles (application d’engrais et désherbage). Comme de nombreux riziculteurs n’ont pas de smartphone, les agents de vulgarisation agricole (et aussi souvent des cultivateurs) leur offrent les recommandations de RiceAdvice après avoir saisi des informations détaillées telles que conditions de culture du riz, variétés, pratiques types, dates prévues d’ensemencement, disponibilité des engrais, cours des marchés. « Il est relativement facile de saisir les données car les questions sont formulées de manière à ce qu’il soit facile d’y répondre. Une fois les informations fournies, les agents de vulgarisation peuvent aider les petits riziculteurs à se fixer des objectifs de rendement en FARM RADIO INTERNATIONAL
fonction de leur budget ou des niveaux de productions désirés/recommandés. Lorsque les agriculteurs sont habitués à leurs smartphones et savent utiliser RiceAdvice, ils ont directement accès à des recommandations adaptées à leurs champs », explique le Dr Kazuki Saito, agronome pour AfricaRice. RiceAdvice se fonde sur les informations de bases de données issues de recherches, reformulées sous une forme utile et accessible pour les agriculteurs. Ces données sont recueillies par des interviews en personne et des enquêtes post-récolte, dont les résultats servent à améliorer l’application. De nouvelles consignes de riziculture sont proposées chaque saison pour que l’information fournie reste aussi exacte que possible. Ainsi, bien que l’application puisse être utilisée hors ligne, l’accès à Internet est indispensable pour recevoir les mises à jour régulières. « Les riziculteurs ont reçu des recommandations traditionnelles générales sur les pratiques de gestion de la fertilité des sols. Toutefois, ces recommandations n’ont pas été régulièrement mises à jour et ont par conséquent été rapidement dépassées », constate Kazuki Saito. Au cours d’un essai effectué au Mali, Nigeria et Sénégal en 2015-1017, les agriculteurs ayant utilisé l’application RiceAdvice ont obtenu des augmentations moyennes du rendement de 0,6 à 1,8 tonne par hectare. « Les études d’AfricaRice ont indiqué qu’en comparaison avec les pratiques des agriculteurs l’adoption des recommandations de RiceAdvice peut faire croître d’environ 20% les rendements rizicoles, ce qui procure une augmentation de la profitabilité d’environ 200 $ US [180 € ] par hectare et par saison », conclut Kazuki Saito. RiceAdvice touche environ 10 000 agriculteurs chaque saison. Miser sur le renforcement des capacités L’amélioration de la vulgarisation agricole par la formation, en personne ou par voie numérique, est l’objectif vers lequel travaille un service de fourniture de produits frais, Ojay Greene. Fondée par Yvette Ondachi, une scientifique kényane, cette entreprise s’est fixé pour mission d’augmenter les revenus des petits agriculteurs grâce à des interventions portant sur la nutrition et des technologies d’adaptation au changement climatique. Ojay Greene produit et collecte des fruits et légumes frais auprès de petits agriculteurs pour les vendre à des supermarchés, restaurants et hôtels des zones urbaines. L’entreprise élimine les intermédiaires en fournissant aux petits fermiers un marché pour leurs produits, ainsi que des technologies et stratégies pour améliorer leur production. Ils sont répartis en groupes de 10-200 agriculteurs par quartier ou communauté, avec un agronome référent. Celui-ci organise des réunions communautaires, communique par SMS avec les agriculteurs au sujet de leur production, des intrants et de la lutte contre les maladies. « Il ne s’agit pas juste d’enrichir la communauté, il faut enrichir le continent, changer le paysage de l’Afrique subsaharienne et nourrir le monde », affirme Yvette Ondachi. D’ici 2020, Ojay Greene espère toucher 20 000 fermes dans tout le Kenya et envisage de se développer dans les pays voisins. La vulgarisation au niveau national Au Ghana, où plus de 59% de la force de travail du pays est impliquée d’une manière ou d’une autre dans l’agriculture, ce secteur est prometteur pour la croissance de l’économie. Néanmoins, l’un des plus gros défis auxquels le pays est confronté est l’éducation des petits agriculteurs. Le Ghana a instauré en 2011 un système national d’e-agriculture mis en place par le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture. Cette plateforme permet aux agriculteurs, transformateurs et autres intervenants d’échanger leurs opinions et ressources. Elle comporte trois éléments. Le premier – e-FarmInformation – permet aux agriculteurs d’utiliser gratuitement le centre d’appels d’e-agriculture pour se renseigner en langue locale sur les meilleures pratiques agricoles. Ensuite, le e-Learning and Resource Centre offre des informations utiles à tous les acteurs de la chaîne de valeur agricole. Enfin, les agents de vulgarisation sont équipés d’outils numériques pour recueillir des données sur les exploitations et les agriculteurs et améliorer ainsi les conseils fournis à ces derniers. En Côte d'Ivoire, avec l’appui de la Banque mondiale, l’Agence nationale d’appui au développement rural a créé en 2018 un système électronique de services de vulgarisation agricole pour toucher le plus d’agriculteurs possible, › Des vidéos participatives pour la vulgarisation Digital Green produit et diffuse des vidéos sur l’agriculture pour amplifier les services de conseil en Éthiopie. Le défi  : 60 000 agents de vulgarisation, 60 millions de producteurs La solution  : Des vidéos présentées aux groupes de producteurs à l’aide de projecteurs mobiles et à batterie L’impact  : 6 000 vidéos contextualisées dans 50 langues et dialectes Plus de 2 millions de foyers ruraux touchés Cette approche est 10 fois plus rentable que la vulgarisation traditionnelle L’adoption de meilleures pratiques agricoles a été multipliée par 7. SOURCE  : DIGITAL GREEN SPORE 194 21



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