Spore n°194 sep/oct/nov 2019
Spore n°194 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°194 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre technique de coopération agricole et rurale

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5,5 Mo

  • Dans ce numéro : des services de conseils intelligents.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ANALYSE DIGITALISATION ET VULGARISATION Soutenir les services de conseils pour une agriculture intelligente La digitalisation améliore les systèmes de vulgarisation agricole en fournissant des services au moment opportun et en facilitant l'adoption de nouvelles pratiques agronomiques. Résultat  : les rendements et les revenus des producteurs augmentent. Tiane Cline Traditionnellement, les petits agriculteurs prennent leurs décisions en s’appuyant sur leur expérience, les pratiques courantes et les savoirs collectifs, mais cela ne se traduit pas nécessairement en productivité ou profits. « Les services concrets de vulgarisation, qui vont de la préparation des sols à la planification de l’irrigation en passant par la sélection de cultivars résistants et les stratégies intégrées de lutte contre les ravageurs dans l’agriculture africaine, sont cruciaux parce qu’il existe un potentiel latent pour garantir la sécurité alimentaire mondiale, mais les infrastructures, compétences et développements sociaux qui permettraient de déverrouiller ce potentiel sont encore inexistants », affirme Marili Mouton, une agronome qui travaille en Afrique du Sud. Pour que l’agriculture africaine se transforme, estime-t-elle, de nouvelles 18 SPORE 194 manières de travailler sont nécessaires. Cela passe par l’innovation en matière de services de vulgarisation avec l’utilisation des TIC. La vulgarisation par vidéo à l’échelle des villages Selon le bureau éthiopien de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), la vidéo, lorsqu’elle est utilisée pour la vulgarisation agricole, touche 24% d’agriculteurs en plus que d’autres formes de vulgarisation, et les agents qui s’en servent font davantage d’efforts pour visiter les fermes et fournir conseils et suivi. « Cette étude de l’IFPRI a débouché sur le développement de notre approche par vidéo, dont une évaluation contrôlée a montré qu’elle était sept fois plus efficace sur le plan de l’adoption de nouvelles pratiques et dix fois plus au regard du coût par adoption », explique Rikin Gandhi, directeur exécutif de Digital Green, une entreprise créée en 2008 en Inde, sans but lucratif, pour travailler avec les petits agriculteurs. En 2011, l’organisation a commencé à œuvrer en Éthiopie avec le système national de vulgarisation du ministère de l’Agriculture, où plus de 60 000 agents de vulgarisation sont chargés de toucher 60 millions d’agriculteurs. Les vidéos de Digital Green présentent des membres de communautés locales partageant des témoignages ou démontrant une pratique. « En permettant aux membres des communautés rurales de jouer un rôle actif dans la création et la définition des contenus, Digital Green donne voix au chapitre aux communautés, même isolées », ajoute Rikin Gandhi. Les agents de vulgarisation attachés aux villages (formés par Digital Green)
montrent les vidéos à des groupes de 20-25 agriculteurs grâce à des projecteurs portables à batterie. Des médiateurs organisent les projections, invitent les participants à discuter, répondent aux questions, recueillent les commentaires et encouragent la communauté à adopter la pratique présentée. L’analyse de données et commentaires des participants fournit des informations pour la production et la distribution de la prochaine série de vidéos. Cela permet de progressivement mieux répondre aux besoins des communautés. Les vidéos restent au cœur de l’approche de vulgarisation de Digital Green, mais l’entreprise explore maintenant des solutions fondées sur des applications mobiles pour relier les agriculteurs aux marchés, ainsi que des formations et systèmes d’assurance qualité aussi basés sur des applications mobiles pour les RiceAdvice, une appli pour Android en deux langues, fournit aux agents de vulgarisation et aux petits vulgarisateurs. « Nous incorporons des technologies numériques comme les systèmes interactifs de réponse vocale et les SMS pour envoyer des messages complémentaires ou de renforcement », explique Rikin Gandhi. Depuis 2009, Digital Green a permis la production de plus de 6 000 vidéos dans 50 langues et dialectes en Éthiopie, En Éthiopie, plus de 6 000 vidéos en plusieurs langues ont été présentées à 2 millions de foyers ruraux depuis 2009. producteurs du Mali, Nigeria et Sénégal des conseils contextualisés. qui ont été visionnées par 17 000 intervenants de première ligne et ont touché plus de deux millions de ménages ruraux. Toucher les agriculteurs par radio La radio est un moyen facilement accessible et abordable de pratiquer la vulgarisation agricole, mais qui vise à diffuser massivement l’information, pas nécessairement dans les langues minoritaires. La Fondation Syngenta pour une agriculture durable (SFSA) a donc développé un partenariat novateur avec Kilimo Media International (KiMI), au Kenya. « Diffuser en swahili est insuffisant », reconnaît Paul Castle, directeur des communications pour la SFSA, « c’est pourquoi la SFSA a décidé d’émettre les conseils agricoles au Kenya dans les langues vernaculaires (borana, kimeru, kikamba, kimaasai et kikuyu). » Paul Castle poursuit  : « Il n’est pas nécessaire › CTA SPORE 194 19



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