Spore n°194 sep/oct/nov 2019
Spore n°194 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°194 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre technique de coopération agricole et rurale

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5,5 Mo

  • Dans ce numéro : des services de conseils intelligents.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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OLIVIER EZRATTY INTERVIEWS Murielle Diaco L'économie circulaire en Afrique Lancée en 2016, la plateforme Djouman fait converger les start-up africaines et les investisseurs qui souhaitent travailler ensemble sur des projets de développement durable et d’innovation en Afrique. Vincent Defait Vous faites partie du Réseau africain d'économie circulaire. Selon vous, le développement vers un futur plus durable se faitil au bon rythme ? L’économie circulaire a toujours été présente en Afrique. De nombreuses pratiques sont ancrées dans les sociétés africaines, telles que la sobriété d’utilisation des matières premières, la réutilisation des produits, ou les tontines qui font partie de l’économie participative (un système tourné vers la mutualisation et le partage des connaissances et des services, NDLR). Aujourd’hui, on se met à l’économie consumériste, à la production et à la consommation de masse, avec énormément de pression sur les populations africaines et leurs dirigeants pour que l’Afrique consomme plus et de manière linéaire. La difficulté est de présenter d’autres modèles de développement plus inclusifs, plus soutenables. Nous expliquons qu’il s’agit de puiser dans ce que nous savions faire. 16 SPORE 194 La plateforme Djouman, fondée par Murielle Diaco, mise sur la formation des jeunes pour impulser de nouveaux modes de production vertueux, y compris en agriculture. Quels exemples de potentiel prometteur liés à l’agriculture ou l’agrobusiness ? On voit émerger beaucoup de projets dans la permaculture ou l’agroécologie. On repart donc sur une imitation des écosystèmes, au lieu de modèles de monoculture. Partout en Afrique, des associations et des petites entreprises ont développé des projets d’agroécologie. Ainsi, au Bénin, les jardins de l’Espoir, un incubateur de projets agricoles avec des fermes pédagogiques et de production, ont développé un compost à base de résidus de riz appelé Bokashi. En Afrique du Sud, il existe des initiatives pour assurer la sécurité alimentaire dans les bidonvilles où les populations cultivent leurs propres produits. L’objectif étant ici d’autonomiser ces populations. Qu’est-ce qui vous a inspiré à lancer Djouman et comment voyez-vous le futur de votre entreprise ? Ma principale motivation était d’aider à autonomiser les Africains. Il y a énormément de projets qui vont dans le sens de créer plus de développement durable en Afrique, mais ces projets sont rapidement limités parce qu’ils manquent de connexion avec des réseaux globaux, de financement, de compétences. L’idée, avec Djouman, est d’apporter tout cela à des acteurs qui font déjà des choses intéressantes sur le terrain, pour que ces acteurs africains puissent échanger entre eux et se nourrir les uns des autres pour avoir davantage d’impact. Concernant notre vision du futur, nous avons fait le choix de nous engager dans des projets de formation des jeunes. Nous voulons donner à ces générations les clés pour créer leurs propres activités génératrices de revenus à travers l’entrepreneuriat et mener des actions qui forgeront un futur plus vivable pour tout le monde. Les consommateurs commencent à donner plus d’importance à l’éthique, ce qui oblige l’agrobusiness à être plus durable et à utiliser les ressources de manière plus efficace, mais comment les décideurs politiques peuvent-ils soutenir cette dynamique ? Les décideurs politiques ont conscience que nous ne pouvons plus nous permettre d’épuiser toutes les ressources, de faire de l’agriculture hyper-intensive… Le passage à l’acte est plus lent à se mettre en place. L’idée, pour nous, est donc de les inciter à fixer des cadres réglementaires qui poussent les industriels à prendre davantage en compte leurs impacts et leurs responsabilités. Il faut s’appuyer sur les acteurs de la société civile pour être force de proposition et amener les décideurs politiques à imposer des cadres contraignants. Sans contrainte, il ne se passe rien. Aussi, il faut mettre en lumière les initiatives responsables, positives, durables et qui fonctionnement bien. Il faut créer un dialogue entre toutes les parties prenantes – secteurs privé et public, associations – pour trouver des solutions transitoires vers un développement durable.
Dossier DES SERVICES CONSULTATIFS NOVATEURS GRÂCE AUX TIC Pour permettre aux petits agriculteurs d’améliorer leur production, de réduire leurs pertes de récolte et d’augmenter leur productivité, il est crucial d’innover en matière de services de vulgarisation agricole avec des outils d’aide à la décision percutants et un savoir-faire numérique.



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