Spore n°194 sep/oct/nov 2019
Spore n°194 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°194 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre technique de coopération agricole et rurale

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5,5 Mo

  • Dans ce numéro : des services de conseils intelligents.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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KIZITO SHIGELA AGRICULTURE CLIMATO-INTELLIGENTE RESSOURCES NATURELLES En Tanzanie, moins d’eau pour de meilleurs rendements en riz Affectés par des sécheresses, des inondations récurrentes et de mauvaises récoltes, les riziculteurs tanzaniens adoptent des pratiques d’agriculture intelligente face au climat. Avec succès. Kizito Shigela En Tanzanie, les riziculteurs adoptent des techniques agricoles climato-intelligentes pour améliorer leurs rendements et réduire leurs impacts sur l'environnement. Dans le cadre d'un projet quinquennal, Strenghtening the Capacity for Climate Change Adaptation through Sustainable Land and Water Management (Renforcer la capacité d’adaptation au changement climatique grâce à une gestion durable des terres et de l’eau), les agriculteurs de la région de Morogoro, dans l’est du pays, adoptent des techniques innovantes pour prévenir l'érosion des sols et diminuer leurs besoins en eau et en bois. Lancé en 2016, le projet est géré par la Sokoine University of Agriculture (SUA), avec le soutien de la FAO. Dans le village de Kidugalo, plus de 3 000 agriculteurs ont adopté le système de riziculture intensive (SRI), Pour renforcer la résilience face au changement climatique en Tanzanie, les riziculteurs adoptent des techniques de gestion durable des terres et de l'eau. 12 SPORE 194 qui permet de cultiver plus de riz avec moins d'eau et moins de semences. La méthode consiste à repiquer des jeunes plants de 8 à 10 jours et non des plants de 30 jours, comme c’est habituellement le cas. Mwajuma Kassim, rizicultrice, utilise ainsi moins de semis et maintient les plants alternativement au sec et dans l’humidité, au lieu d’irriguer les rizières, ce qui garantit une meilleure oxygénation des plants. Cette technique réduit la concurrence entre les plants, tout en permettant de contrôler les quantités d’eau que les différents plants reçoivent, afin qu’ils puissent se développer aussi bien en milieu humide que sec. Leur résistance à la sécheresse et aux inondations s’en trouve ainsi améliorée. Mwajuma Kassim affirme que sa récolte de 2019 sera sa meilleure depuis plus de 10 ans et qu’elle pourrait avoir lieu trois semaines plus tôt que d’habitude. Dans le même village, Mwanaidi Msungu cultive aussi du riz avec la technique SRI sur sa parcelle de 4 hectares. Elle a été la risée des autres agriculteurs lorsqu’elle s’est mise au SRI, il y a deux ans. « Ceux qui se sont moqués de moi me supplient à présent de leur apprendre cette technique innovante. J’ai récolté 57 sacs de riz en 2019, alors que j’arrivais à peine à 15 sacs avec la méthode traditionnelle », confie-t-elle. Dans les terres hautes de Morogoro, des bacs de rétention ont été construits pour réduire le risque d’érosion et améliorer la rétention d’eau. Les agriculteurs ont suivi une formation pour apprendre à former des lignes de contour, à creuser des tranchées et à produire des plants d’ananas pour renforcer les bacs de rétention. Afin de lutter contre la déforestation et d’améliorer leur résilience face au changement climatique, ce projet encourage aussi les agriculteurs à adopter des fourneaux économes en énergie pour leurs cuissons, plus efficients et moins gourmands en bois que les méthodes traditionnelles. La Tanzanie affiche en effet l’un des taux de déforestation les plus élevés d'Afrique subsaharienne, avec environ 372 000 hectares de forêts détruits chaque année, selon l'Évaluation des ressources forestières mondiales (2015) de la FAO. « Malheureusement, beaucoup d’arbres sont abattus pour répondre à l’augmentation de la demande en bois alors qu’ils sont essentiels pour protéger le sol de l’érosion, purifier l’eau et l’air tout en réduisant l’impact du changement climatique », explique Godfrey Pyumpa, un ingénieur des eaux du district associé à la mise en œuvre du projet. À ce jour, environ 200 agriculteurs ont planté 4 308 plants d'arbres de différentes espèces. Les pépinières pour les arbres feuillus destinés à la production de bois et les arbres fruitiers assureront les futurs besoins en énergie et de nouvelles sources de revenus comme de sécurité alimentaire.
Apprentissage durable Inventaire des gaz à effet de serre UN COURS GRATUIT d’apprentissage en ligne, lancé en mars 2019, enseigne comment élaborer durablement un inventaire national des gaz à effet de serre (GES) et évaluer les émissions et les absorptions de GES résultant de l’utilisation des terres. Développé par la FAO, le cours reflète l’objectif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques visant à lutter contre le réchauffement planétaire, ainsi que les lignes directrices du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat « en vue de fournir une base scientifique solide et actualisée visant à soutenir la préparation et l’amélioration continue des inventaires nationaux de GES ». Pour en savoir plus, consultez  : https://tinyurl.com/yymeorkd Riz résilient Agriculture résistante à la sécheresse À MADAGASCAR, un programme de recherche a mené à la sélection d’une variété de riz, Fofifa 182, dont les rendements sont plus élevés de 0,5 t/ha que les semences traditionnelles. En deux ans, 40 agriculteurs ont collaboré avec des chercheurs du dispositif Systèmes de production d’altitude et durabilité au ministère de l’Agriculture et des agronomes du Groupement semis direct de Madagascar pour tester une cinquantaine de variétés de riz pluvial sur les hautes terres du pays. Les différentes variétés sont cultivées en conditions réelles par les petits exploitants, qui évaluent les plantations selon des critères précis  : taille des végétaux, productivité, adaptation au changement climatique, forme et goût, taille des grains, ainsi que résistance aux mauvaises herbes et aux maladies. PRÉVISIONS NUMÉRIQUES Au Malawi, les efforts climato-intelligents paient En réponse aux sécheresses, aux inondations et à l’émergence de nuisibles et de maladies, un projet de résilience face au climat propose des technologies météorologiques personnalisées aux agriculteurs. Busani Bafana L’assurance basée sur un indice climatique, les semences résistantes aux sécheresses et les services d’information météorologique basés sur les TIC font partie des approches et technologies promues et diffusées par un projet de résilience face au climat au Malawi. Avec le soutien du CTA, l’association nationale des petits exploitants du Malawi, la NASFAM, met en œuvre le projet CRS (Scaling-Up Climate-Resilient Solutions, Déployer des solutions résilientes face au climat) depuis 2017. Jusqu’à présent, 65 000 agriculteurs, dont une majorité de femmes, en ont bénéficié. Pour aider les agriculteurs à prendre conscience de ses avantages, le projet CRS a donc développé un prototype. « Ces assurances ont le potentiel de renforcer la résilience des petits exploitants en leur fournissant des indemnisations lors des mauvaises années, pour les aider à survivre et protéger leurs actifs. Grâce à la promotion des semences résistantes aux sécheresses, nous leur garantissons l’accès à des semences à prix abordable et soutenons leurs demandes respectives de semences », affirme Wycliffe Kumwenda, responsable des services agricoles de la NASFAM. Des prévisions météorologiques personnalisées et des services de conseils agricoles, envoyés aux agriculteurs sur leur téléphone portable, contribuent aussi à renforcer leur résilience climatique. Une fois inscrits numériquement, les petits exploitants peuvent utiliser ces informations pour planifier leurs activités agricoles. Des producteurs du Malawi augmentent leurs rendements de maïs en utilisant des variétés de semences résistantes à la sécheresse et des techniques agricoles de conservation. Au Malawi, les agriculteurs ont difficilement accès au maïs résistant à la sécheresse, la plupart des négociants agricoles opérant loin de leurs villages. Pour y remédier, la NASFAM soutient l’organisation de foires de semences dans les villages, ce qui a aussi permis aux négociants agricoles et aux entreprises semencières de prendre conscience de la demande pour ces variétés de semences. Depuis 2017, plus de 4 100 petits exploitants ont participé aux foires de semences organisées chaque année. Le projet propose par ailleurs des formations aux techniques de l’agriculture de conservation. « J’ai commencé à pratiquer l’agriculture de conservation en 2013, après avoir constaté une baisse de la fertilité de mon sol. L’utilisation de trous creusés dans le sol et le paillage m’ont permis d’améliorer mes rendements. Je récoltais 15 sacs [50 kg] de maïs sur ma parcelle, désormais, j’en récolte 40 », se réjouit Mme Mtonga, à la tête de 8 hectares de terre. SPORE 194 13 BUSANI BAFANA



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