Spore n°178 oct/nov 2015
Spore n°178 oct/nov 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°178 de oct/nov 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Centre technique de coopération agricole et rurale

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : une clientèle de proximité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER part la plus importante du commerce alimentaire intra-africain. Ces capitaux aideront les producteurs et les négociants zambiens à évoluer du miel en vrac au miel de table, soit une promesse de valeur ajoutée au sein de la ZLET. Aux îles Fidji, les nouvelles agro-entreprises s’emploient elles aussi à exporter la production nationale vers les pays voisins. Kaiming Agro Processing Ltd, spécialisée dans l’exportation de produits transformés du gingembre vers l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis (voir reportage pages 18-19), expédie également des racines vers d’autres pays insulaires du Pacifique. Rotuma Export Marketing Company (REMCOL), mise en place par le Premier ministre des Fidji pour exporter le taro, la patate douce et le manioc de Rotuma vers les îles de Tuvalu, relativement proches, est engagée dans un projet similaire. En mai 2015, REMCOL a acheminé sa première cargaison depuis la rupture en 2011 de l’accord bilatéral précédent, suscitant ainsi l’espoir d’une reprise durable des échanges commerciaux. Les producteurs du Pacifique pourraient aussi accroître leurs échanges commerciaux en exploitant les marchés liés au tourisme. La part du tourisme dans le PIB des îles du Pacifique augmente d’environ 3,5% par an, mais COMMERCE INTRA-RÉGIONAL DANS LE MONDE Malgré son énorme potentiel en termes de création d’emplois, de génération d’investissements et de stimulation de la croissance en Afrique et dans les États insulaires du Pacifique, le commerce intra-régional reste extrêmement peu développé dans ces régions, autour de 11 et 3% respectivement, contre 70% en Europe. L’importance des échanges intraafricains varie néanmoins significativement d’une économie à l’autre. 80 70 60 50 40 30 20 10% Pays africains en développement Amérique latine et Caraïbes Pays asiatiques en développement 16 SPORE 178 OCTOBRE-NOVEMBRE 2015 États insulaires du Pacifique Europe Commerce intra-régional entre 2001 et 2006 Commerce intra-régional entre 2007 et 2011 Le commerce régional ne se développera que si les pays produisent des marchandises dont leurs voisins ont besoin. COMPARAISON DE LA COMPÉTITIVITÉ DE L’AFRIQUE EN TERMES DE PRODUCTION ET DE COMMERCE Parmi les facteurs qui limitent la croissance des échanges africains, on trouve la densité du réseau routier, le taux de pénétration d’internet et son utilisation, la production électrique et les coûts de transaction. Jusqu’à présent, les approches en matière d’intégration régionale sur le continent se sont davantage concentrées sur l’élimination des barrières commerciales que sur le développement des capacités de production nécessaires aux échanges. DENSITÉ DU RÉSEAU ROUTIER 7,2 km pour 100 km 2 de terres arables en Afrique, contre 127 km pour 100 km 2 hors de l’Afrique. PRODUCTION ÉLECTRIQUE 398 MW par million d’habitants en Afrique, contre 2 475 MW par million d’habitants hors de l’Afrique. N Palmer TAUX DE PÉNÉTRATION D’INTERNET 3% en Afrique contre une moyenne mondiale de 14%. COÛTS DE TRANSACTION 0,10 € en Afrique centrale, contre 0,04 € en Europe occidentale et 0,02 € au Pakistan. UNCTAD http://tinyurl.com/lc2xlwo
ce secteur très demandeur importe encore jusqu’à 80% des aliments qu’il consomme. Le CTA, l’Organisation du secteur privé des Îles du Pacifique et le Secrétariat de la Communauté du Pacifique (SPC) ont organisé en juillet dernier, à Nadi, dans les îles Fidji, un premier forum de l’industrie agroalimentaire sur le thème Relier l’agroalimentaire et les marchés du tourisme, dans la perspective d’inverser cette tendance. L’entreprise Fiji Crab offre un bel exemple de réussite en la matière, puisqu’en quatre ans elle est parvenue à fournir 2 000 crabes par mois aux hôtels et restaurants fidjiens et recherche d’autres clients dans la région. Ces succès pourraient se multiplier si les secteurs se rapprochaient. « Dans bien des cas, les problèmes que nous rencontrons se résoudraient par une meilleure communication entre acheteurs et vendeurs de l’agriculture et du tourisme », estime Ken Cokanasiga, directeur adjoint de la division Ressources terrestres du SPC. Qui plus est, l’enjeu va bien au-delà du tourisme  : « La promotion d’aliments locaux met en valeur des choix alimentaires sains et intensifie le commerce régional. » Routes, voies ferrées et poignées de main En Afrique, les contrôles frontaliers, les barrages routiers et l’état même des routes freinent le commerce régional. Une étude de 2005 a montré que les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine – déjà bien intégrés et partageant une monnaie commune – pourraient tripler leurs échanges mutuels en dotant d’un revêtement toutes les routes qui les relient. Le chemin de fer est une autre option possible. Il est encourageant de constater que le Bénin et le Niger ont récemment conclu un accord d’un milliard d’euros portant sur la construction d’un réseau ferroviaire de 2 800 km qui les reliera en passant par la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Les enseignements tirés des expériences récentes de commerce agricole en Afrique, dans les Caraïbes et dans le Pacifique montrent que développer le commerce régional n’est pas nécessairement moins coûteux, plus rapide ou plus sûr que s’implanter sur les marchés internationaux. Le succès est au rendez-vous quand il existe une solide coordination – entre tous les pays de la région, entre l’agriculture, le commerce et le tourisme ainsi qu’entre les négociateurs des accords et le secteur public. Les agro-entreprises souhaitant s’orienter vers le commerce régional doivent participer à la coordination, mais il est indispensable de mettre en place des facilités de crédit et des aides financières à la production et au transport des marchandises. Les grandes zones d’échange regroupant des économies très diverses, comme la ZLET, se heurteront vraisemblablement à l’opposition des petites économies moins développées, à moins que les partenaires les plus riches ne s’engagent financièrement à développer les indispensables infrastructures régionales. Il est par exemple évident que l’Afrique du Sud, avec sa forte capacité productive, sera la première à bénéficier de l’accord. Il faudrait qu’une partie de ses bénéfices serve à renforcer les capacités d’autres pays afin que la région puisse prospérer dans son ensemble. T. Paul Cox Point de vue Le Dr. Ousmane Badiane est le Directeur de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) pour l’Afrique et supervise les bureaux régionaux de Dakar et d’Addis-Abeba. DOSSIER Une meilleure compétitivité en Afrique Quel sera l’impact de la modification de l’environnement commercial et de l’accord de libreéchange continental et régional sur les échanges intra régionaux en Afrique ? L’environnement commercial s’est amélioré par rapport aux années 80 et 90. En revanche ce qui n’a pas beaucoup changé, c’est la difficulté de faire circuler les marchandises entre les pays. Harcèlement des négociants et transporteurs, contrôles innombrables, règlementations contradictoires sont toujours d’actualité. Les infrastructures constituent un autre problème qu’il faudra résoudre. Au-delà des intentions exprimées par les chefs d’État dans la Déclaration de Malabo de 2014 sur la croissance et la transformation accélérée de l’agriculture en Afrique, il faut maintenant agir. Si c’est le cas, l’objectif du triplement des échanges interafricains pourrait être atteint. Ces changements se traduiront-ils par une amélioration significative de la croissance et des emplois, particulièrement au bénéfice des PME locales et d’un accroissement de l’industrialisation ? Oui, les travaux commandés lorsque je travaillais au Secrétariat du NEPAD prévoyaient que la demande régionale de produits alimentaires de base allait augmenter de 92 milliards d’euros supplémentaires entre 2005 et 2030. La croissance de la classe moyenne urbaine crée des opportunités pour les petits entrepreneurs agricoles. La manière dont les gens mangent aujourd’hui le manioc ou le millet en Afrique de l’Ouest ou la semoule de maïs en Afrique de l’Est et australe n’a plus rien à voir avec la façon traditionnelle de les consommer. Ces aliments sont maintenant transformés et emballés à un stade relativement avancé ce qui crée de nouvelles opportunités pour les petits entrepreneurs et les industries locales. Existe-t-il des exemples de marchés intérieurs des produits alimentaires à la fois résilients et en expansion ? La résilience et l’expansion ne sont pas nécessairement liées mais si par résilience on entend que les marchés se sont élargis malgré les crises traversées, la réponse est oui. Si l’on considère toutes les marchandises échangées à l’échelle régionale, l’augmentation est assez importante. La plupart des denrées de base ont connu une hausse des volumes échangés, à la fois au niveau interne et transfrontalier, en particulier pour le millet, les fruits et légumes, le manioc et le maïs. Mais, pour le riz, la situation n’a guère progressé. IFPRI OCTOBRE-NOVEMBRE 2015 SPORE 178 17



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