Spécial Enquêtes n°4 mai/jun/jui 2012
Spécial Enquêtes n°4 mai/jun/jui 2012
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°4 de mai/jun/jui 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 33,5 Mo

  • Dans ce numéro : les scandales de la République.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Economie millions d'euros sur 5 ans ». La mesure est effective fin 2010... quand le cours du blé a retrouvé des sommets historiques. Résultat : une nouvelle subvention de 300 millions d'euros, plus de bureaucratie pour des agriculteurs qui n'avaient sans doute pas attendu le ministère pour savoir La seule véritable loi d'orientation de l'agriculture est celle de 1960- 1962, qui a mis en place les fondements de l'organisation actuelle de ce secteur. Ni « La Fin des paysans », le livre d'Henri Mendras publié en 1967, ni le rapport Vedel de 1969 n'ont été écoutés. Malheureusement, la loi de 1962 a envoyé l'agriculture française dans la mauvaise direction, celle du corporatisme dirigé par le syndicalisme agricole avec la bénédiction de l'État. En croyant les protéger, cette loi a conduit les agriculteurs dans une impasse. C'est un phénomène courant, les dockers ou les ouvriers du livre parisien ont aussi défendu leurs statuts, mais ont mis en danger leurs entreprises, l'économie française et leur avenir personnel. Certains attribuent à l'organisation de 1962 la hausse de la production agricole et la fin de la pénurie alimentaire. Autant féliciter le coq pour le lever du soleil. Tout comme les industriels (par exemple l’automobile) ou les commerçants (par exemple les hypermarchés), les agriculteurs ont su tirer parti des formidables progrès techniques devenus soudain disponibles pour répondre à la demande des consommateurs. Mais très loin d'avoir optimisé la restructuration du tissu agricole, cette loi l'a ralentie ou orientée dans une mauvaise direction. Elle constitue maintenant un terrible handicap dans le monde dynamique et mouvant du XXI ème siècle diamétralement opposé à la planification. C'est ce que constate la Cour des comptes dans un rapport très critique sur l'efficacité et la transparence des organismes publics et semi-publics en charge de définir l'avenir de l'agriculture française et de guider les agriculteurs : « Dans le reste de 86 - SPECIAL ENQUETES N°4 quels assolements sont préférables, plus de fonctionnaires pour vérifier que ceux qui touchent la prime respectent bien ces rotations. Et le risque de voir cultiver certaines céréales dont ce sera « le tour » même si les consommateurs ont besoin d'autres sortes cette année-là. 5. Quel avenir pour l'agriculture française ? l'Europe, le développement agricole est de plus en plus souvent une activité privée et concurrentielle avec paiement par les agriculteurs des conseils qui leur sont donnés. À défaut de suivre cette voie qui a des avantages non négligeables, il conviendrait, comme y invite le Conseil économique et social dans son avis du 14 février 2007, de reposer la question des objectifs de cette politique et de l'organisation et des moyens à mettre en place pour les atteindre ». Comme tous les entrepreneurs, les agriculteurs sont les mieux placés pour découvrir seuls quels sont les produits voulus par les clients et le type et le nombre d'exploitations permettant à terme à ces entreprises de vivre sans subventions. Ce ne sont surtout pas les 100.000 conseilleurs des organisations agricoles qui pourront les sauver, et encore moins des lois d'orientation destinées à protéger les strates d'administration en place. Ce qu’il faut faire - Relever fortement les seuils des exploitations agricoles professionnelles et non professionnelles de façon à clairement séparer les véritables entreprises agricoles des activités agricoles marginales. - Traiter les problèmes sociaux des Des subventions cachées Les listes des « concours » publiées dans les documents officiels recensent les subventions versées directement (prime à l'hectare). Par rapport aux autres activités économiques, l'agriculture bénéficie de nombreuses et discrètes exemptions. Certaines exploitants agricoles non professionnels par des mesures sociales classiques (RSA, allocation vieillesse...) et non plus par des subventions agricoles. - Déréglementer le marché des terres et des exploitations agricoles pour que les installations et extensions se fassent selon des critères économiques et non plus selon des critères sociaux qui enferment l'agriculture dans la dépendance aux subventions ou, pire, selon des critères opaques qui jettent ainsi le discrédit sur le système. - Appliquer complètement la réforme de la forfaitisation (découplage) des aides. - Réduire le nombre et la taille des structures de support publiques et parapubliques en prenant en compte la réduction du nombre d'exploitations – 4 fois moins nombreuses en 50 ans – et les simplifications apportées par l'application des 4 propositions ci-dessus. La Fondation iFRAP a été reconnue d'utilité publique en 2009. Financée uniquement sur fonds privés, elle a pour but d’effectuer des L’iFRAP études et des recherches scientifiques sur l’efficacité des politiques publiques, notamment celles sont financées par la collectivité, entre 3 et 4 milliards d'euros, d'autres par des membres de la société civile et d'autres encore par les consommateurs. Elles sont nombreuses et difficiles à recenser, mais leur montant total dépasse les 6 milliards d'euros par an. - Annoncer et réduire le niveau des subventions existantes de 4% par an en euros constants de façon que les candidats à l'installation sachent clairement dans quel type de contrat ils s'engagent avec la société : pratiquement zéro subvention dans 40 ans. Maintenir les aides sociales liées au déséquilibre démographique. - Conserver un filet de sécurité sous la forme d'un régime d'intervention précisément défini à l'avance en cas de crise imprévisible et exceptionnelle dépassant ce qui est normalement supportable par une entreprise intégrant déjà les aléas naturels du secteur agricole, et ce qui est assurable par les compagnies d'assurances. - Ouvrir les métiers du conseil et de l'orientation du secteur agricole au secteur privé et concurrentiel, et supprimer les subventions aux organismes publics et semi-publics fournissant ces services. - Confier à la MSA la gestion sociale de tout le monde rural (y compris les non-agriculteurs) ou l'intégrer dans le régime général. Avec la disparition des générations les plus nombreuses d'agriculteurs à la retraite et la baisse du nombre d'actifs, la situation de la Mutualité sociale agricole va s'aggraver : perte de son utilité et perte des recettes. Philippe François (Dossier de l’iFRAP) visant le développement économique. Fondation iFRAP – 5 rue Cadet – 75009 PARIS www.ifrap.org
Enquête Confessions d’un exilé Jean-Claude Sensemat,P-DG de Lip,est un grand entrepreneur. Après fortune et infortune,il s'exile au Canada d'où il nous livre sa vision de la vie économique,sociale et politique de la France. Jean-Claude Sensemat a été dans les années 90 le plus grand entrepreneur du département du Gers, avec son entreprise d’import-export d’outillage et le sauveur des montres LIP qu’il rachète en 1990. Immigré au Canada depuis 2006, c’est désormais depuis Montréal, avec la Société Gestion Geneen Inc. (Compagnie de Gestion d’Affaires) que l’homme d’affaires développe ses activités. En 2007, le gouvernement canadien lui accorde, ainsi qu’à sa famille, le statut de résidents permanents en qualité de « Gens d’Affaires Investisseurs ». Une occasion pour lui de porter un regard critique sur notre pays « moquée pour son incompréhension et sa méconnaissance du jeu mondial ». Quel bilan faites-vous de votre carrière d'homme d'affaires en France ? J’ai toujours eu envie de créer et de faire prospérer mes affaires. J’ai rencontré le succès très jeune. Mon entreprise a d’ailleurs été classée par la presse dans les plus performantes de France. Puis, à titre d'entrepreneur, j’ai été classé 150 ème fortune professionnelle dans les années 90. Mon bilan a été des plus positifs jusqu’en 2000. J’ai créé des emplois et des richesses pour mon département le Gers, CréatiolilEntréfe ma région et mon neigiike, " pays. Mais cet élan a SANS RISQUES- 2rmee.L ** » Création d’entreprise Les filons 94 Entreprendre magazine, le magazine Lafont presse pour entreprendre été stoppé en 2000 par un juge et un auxiliaire de justice. Cet auxiliaire de justice corrompu a été radié à vie et condamné à quatre ans de prison. Vous avez connu succès, distinctions mais aussi attaques diverses... La jalousie est un fléau français des plus graves. Réussir est un péché dans l’esprit des Français car, pour une majorité, il ne peut y avoir d’entrepreneurs qui réussissent honnêtement. Ce défaut d’image est grave pour les futures générations. Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’acharnement aveugle de la justice française même lorsqu’elle a tord. L’irresponsabilité dans laquelle elle se drape, sous couvert de son corporatisme et en toute impunité, est très dommageable pour l’Hexagone. En quoi est-ce différent de ce que vous vivez et construisez au Canada ? Le Canada, c’est l’Amérique du Nord, le Québec, une terre d’accueil à peupler et sûrement un nouvel eldorado. Ici, tout est possible. L’entrepreneur est fêté parce qu’il crée des emplois et personne ne trouve à redire sur ce qu’il gagne. Le principal est de travailler pour nourrir sa famille et faire de l’argent pour vivre. Pour ma part, j’y développe mes affaires en harmonie avec mes partenaires bancaires. J’ai également investi dans l’immobilier de luxe en plein centre de Montréal, ville d’avenir, qui n’est qu’à 1 heure d’avion de New York. Au Québec, tout est fait pour aider, pour faire avancer. L’administration est là, pour l’homme d’affaires comme pour le particulier afin de vous maintenir au milieu de la route, alors que dans certains cas, en France, on se plaît à vous pousser dans le fossé. Quel regard portez-vous sur l'image des entrepreneurs français ? L’entrepreneur français reste un créatif. Mais, désormais, pour entreprendre en France, il faut être masochiste et avoir la capacité à être mal aimé dans son pays, parce qu'entreprendre dans l'Hexagone est un acte qui marginalise. Pourtant, la France a un grand besoin d’entrepreneurs. Le citoyen français doit impérativement comprendre et assimiler que rien ne peut se faire sans entrepreneur et que son futur dépend de ceux qu’il critique. Pourquoi sont-ils autant mal aimés selon vous ? Les années socialistes de la France ont détruit la réalité de ce qu’étaient l’économie et le travail en faisant croire au peuple que l’État pouvait tout, qu'il avait des finances sans fin alors que la réalité est tout autre. Il est aisé de s’en apercevoir en voyageant, en vivant ou en travaillant à l’étranger. La pensée populaire française reste une exception culturelle erronée quant à sa vision économique du monde. Les médias portent aussi une lourde responsabilité. Qu'en est-il au Canada ? Au Canada, il n’y a pas de romantisme dans la vie ou dans les affaires. Les choses vont vite. L’entrepreneur est un peu comme un cow-boy, lorsqu’il dégaine vite, il est fêté. S’il est trop lent, il est mort. Ici, l’essentiel est de travailler et faire travailler. Le repos et les loisirs, institués dans la pensée collective française comme une priorité, ne sont qu'un superflu d’un pays qui se croit riche. Ce sché- SPECIAL ENQUETES N°4 - 87



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