Spécial Enquêtes n°4 mai/jun/jui 2012
Spécial Enquêtes n°4 mai/jun/jui 2012
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°4 de mai/jun/jui 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 33,5 Mo

  • Dans ce numéro : les scandales de la République.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Monde OR NOIR 78 - SPECIAL ENQUETES N°4 MONDE Le 25 octobre 2010, le parquet de Paris requiert un non-lieu pour Charles Pasqua et Total. L’enquête conclut que rien ne démontrait que le patron de Total, Christophe de Margerie, se soit rendu complice d’abus de biens sociaux, ni que M. Pasqua se soit livré à du trafic d’influence. Les dix neuf personnes suspectées d’avoir tenu un rôle dans le programme devraient être entendues. Un procès devrait se tenir à Paris dans le courant de l’année 2012. Afrique : la malédiction du pétrole ? Paradoxalement, malgré tous les profits engendrés, certains pays exportateurs restent encore empêtrés dans le sous-développement et la pauvreté. On parle alors de « malédiction du pétrole ». A lire « Le dernier siècle du pétrole ? La vérité sur les réserves mondiales » par Yves Mathieu, Editions Technip, 138 pages. Le dernier siècle du pétrole ? La vérité sur les réserves mondiales Le poinr de vue d'un gén,gue Fleuve du Delta, au Nigeria. Avant de parler de ces pays qui ne savent mettre à profit cette manne financière colossale, il convient de préciser que la situation n’est bien évidemment pas la même pour les pays producteurs de pétrole. Dans certains Etats, comme le Koweït, les Emirats arabes unis, le Qatar, Brunei ou même la Norvège, les recettes générées par l’or noir ont pu être largement redistribuées dans des secteurs tels que l’éducation ou la santé ou utilisées pour la construction d’infrastructures. Cette bonne gestion reste minoritaire car dans la grande majorité des pays producteurs, en particulier en Afrique, en Amérique latine ou en Asie centrale, les pétrodollars ne servent qu’au financement des dépenses courantes et à l’entretien d’une clientèle politique nécessaire à la stabilité de régimes souvent peu démocratiques. Tout cela contribue à faire régner une grande opacité sur les circuits de l’or noir. Dans ces pays, on assiste le plus souvent à une accentuation de la dépendance de l’Etat vis-à-vis de la rente pétrolière. D’importants effets pervers en découlent. Si l’on se place au niveau économique, le phénomène décrit est celui de « maladie hollandaise » (dutch disease) : l’existence de la rente pétrolière et les recettes qu’elle génère tend inéluctablement à rendre non compétitives toutes les autres activités des secteurs économiques, industriels et agricoles, et à les faire disparaître. Un cercle vicieux Toute motivation en faveur d’une diversification de l’activité économique est annulée par la génération quasi-automatique des immenses revenus du pétrole. Le cercle est d’autant plus vicieux que l’industrie pétrolière offre peu de travail. Du point de vue politique, la dépendance profonde vis-à-vis des revenus du pétrole favorise la création d’un Etat rentier, entièrement dévolu à la captation de ces revenus et dont la survie finit donc pas en dépendre. Plus grave encore, le pétrole agit comme facteur décisif de déconnexion des régimes avec leur population. Le besoin de légitimation populaire étant
A lire « Histoire du pétrole » de Pierre Juhel, Editions Vuibert, 208 pages (2011). dispensé par les ressources de la rente, il faut craindre une forme d’immobilisme politique, voire l’exposition à des luttes dégénérant souvent en guerre ouverte. L’appareil d’Etat, en tant qu’unique accès à la richesse générée par le pétrole, devient alors un lieu de toutes les convoitises. Ce triste portrait correspond malheureusement à la majorité des pays africains dont les revenus reposent essentiellement sur le pétrole. Au Nigeria, pourtant premier producteur d’Afrique, la pauvreté touche 70% de la population alors qu’elle n’était que de 30% en 1970. Sur le delta du fleuve Niger, là où se concentrent les gisements d’hydrocarbures du pays, règne l’instabilité sociale et la pollution. Les ethnies du delta se sentent dépossédées de leur environnement, entièrement aux mains des grandes compagnies occidentales. Elles multiplient alors les actions pacifistes ou armées afin de revendiquer davantage de revenus pour les communautés locales. La situation est tout aussi dramatique au Tchad, qui malgré une exploitation pétrolière commencée en 2003, voit sa population souffrir de famine. Ces ressources naturelles ne réussissent pas pour le moment à arracher le Tchad d’une douloureuse place parmi les nations les plus pauvres du monde. Le peuple ne voit pas encore arriver les bénéfices du pétrole… Vers plus de transparence Fortement touchée par les affaires de corruption, l’industrie pétrolière est désormais capable de se munir d’armes efficaces pour en éviter la réapparition. Lancé à l’initiative de Tony Blair, l’ex-premier ministre anglais, l’EITI (l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) soumet dorénavant les compagnies pétrolières et minières à un devoir nécessaire de transparence sur leurs activités financières. Cette coalition d’organisations internationales, de gouvernements, d’entreprises et de représentants de la société civile a développé un standard volontaire destiné aux compagnies souhaitant publier ce qu’elles versent aux gouvernements. Les Etats sont également invités à communiquer les revenus provenant des activités d’extraction. Aujourd’hui, cinquante des plus grandes entreprises extractives, dont Total, sont engagées dans ce processus d’assainissement de leurs pratiques. Conçu comme un volontariat, rien n’engage néanmoins ces entreprises à faire cette démarche pour le moment. Par son action, l’EITI a permis l’émergence d’une loi aux Etats-Unis soumettant toutes les sociétés extractives cotées à la Bourse américaine à une vigilance accrue en termes de transparence. Intégrée au paquet des PÉNURIE Le fameux « pic de Huber » mesures « Dodd-Franck Act », et en attendant de pouvoir mesurer son efficacité réelle, l’initiative opère une véritable révolution dans les eaux troubles où a trop longtemps barboté l’industrie pétrolière. La fin du pétrole a déjà été annoncée. On sait que cette matière première n’existe pas en quantité infinie et que, tôt ou tard, nous serons confrontés à une pénurie. Cette peur se nomme « pic de Huber », et désigne le moment où l’augmentation de la consommation l’emportera sur celle de la production. Si les prévisions sont disparates, une chose demeure certaine, l’humanité doit préparer dès maintenant, ce qu’il faut bien nommer : « l’après-pétrole ». M.L. En ce début de XXI e siècle, un scénario à la mode démontre la fin du pétrole. Cette peur a un nom : le « pic de Huber », qui désigne le moment où l’augmentation de la consommation l’emportera sur celle de la production. Certains annoncent l’arrivée de ce « pic » pour 2010-2015, d’autres pour 2025-2030. Une telle disparité dans les prévisions s’explique par le fait que les chiffres sont toujours relatifs et évolutifs. De nouvelles découvertes de gisements sont toujours possibles et, de décennie en décennie, on sait mieux prolonger la durée d’exploitation des gisements. Par ailleurs, les chiffres des réserves sont souvent sujets à caution puisqu’ils sont fournis par des compagnies privées, qui ont intérêt, par rapport à la Bourse, à annoncer des statistiques favorables. La planète doit-elle se préparer d’ores et déjà à un « aprèspétrole » ? SPECIAL ENQUETES N°4 - 79



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