Spécial Enquêtes n°4 mai/jun/jui 2012
Spécial Enquêtes n°4 mai/jun/jui 2012
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°4 de mai/jun/jui 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 33,5 Mo

  • Dans ce numéro : les scandales de la République.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 76 - 77  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
76 77
Monde Kofi Annan au siège de l’ONU pendant l’affaire « pétrole contre nourriture ». 76 - SPECIAL ENQUETES N°4 conflit a pris fin en 2009 et aura coûté huit cents millions de dollars à l’Etat américain. « Pétrole contre nourriture » … Avant d’être le théâtre d’une guerre guidée quasi-exclusivement par des intérêts financiers, l’Irak fut au cours des années 1990 au cœur d’un immense scandale lié au commerce du pétrole. Du fait de son invasion du Koweït en août 1990, le pays se trouve soumis à un embargo très strict ayant pour effet rendre les conditions de vie de la population de plus en plus difficiles. Ces hommes et femmes vivent à ce moment les heures les plus sombres du régime de Saddam Hussein. Conscient de cette situation et cherchant à soulager le peuple irakien, l’ONU adopte le 14 avril 1995 la résolution 986. Elle consent à laisser l’Irak vendre du pétrole pour acheter de la nourriture et des médicaments. Ce programme humanitaire a pour nom « Pétrole contre nourriture ». Il est mis en place en 1996 et autorise Bagdad à vendre du brut tous les six mois, à hauteur de deux millions de dollars, équivalent à environ cinq cent mille barils. Toutes les opérations sont supervisées par l’ONU, de l’exportation du pétrole à la distribution des vivres et médicaments, en passant bien évidemment par l’utilisation des revenus. Tous les mouvements financiers sont opérés sur un compte séquestre ouvert par les Nations Unies à la BNP, à New York. …un scandale à échelle internationale Le système va être rapidement détourné par le régime irakien, qui mettra en place un vaste réseau de corruption et d’influence international, reposant sur des rétro-commissions et des surcharges renvoyées vers De tout temps, la conquête de l’or noir a généré de la corruption.
l’Etat. Et cela, en parallèle de la filiale légale profitant à trois mille neuf cents entreprises. Il impose à ses clients et fournisseurs le versement d’excédents (allant jusqu’à trente cents par baril) sur les ventes de brut, et des commissions occultes de 10% sur le volet humanitaire. Cellesci deviendront alors systématiques en 2000. Aux frontières, du pétrole de contrebande est également vendu. Le gouvernement procède au prélèvement des sommes détournées (1,8 milliards de dollars) sur les produits vendus par les entreprises de soixante-six pays. Elles sont ensuite transférées dans des ambassades irakiennes à l’étranger ou bien déposées sur des comptes offshore afin d’être retirées en cash. Le circuit se termine lorsque l’argent liquide est rapatrié en Irak et mis en sûreté à la banque centrale. Dans le but de favoriser la levée de sanctions frappant l’Irak, Saddam Hussein délivre des bons de pétroles à des personnalités chargées de pratiquer un lobbying agressif en sa faveur. Des Russes et des Français sont notamment approchés. Le programme « Pétrole contre nourriture » (prévu pour durer jusqu’en novembre 2003) s’arrête abruptement avec l’intervention américaine, en mars de la même année. Retrouver les milliards détournés Lorsque le scandale éclate, le Trésor américain est chargé de retrouver les milliards détournés sous la dictature. En janvier 2004, le journal irakien « Al-Mada » fait paraître une liste de deux cent soixante-dix personnalités trempées dans l’affaire. Plusieurs français sont cités, et parmi eux, Charles Pasqua et son conseiller diplomatique, Bernard Guillet. Le Government Accountability Office (GAO), l’équivalent américain de la Cour des comptes, révèle que plus de dix milliards auraient été détournés dans le cadre du programme. Au lendemain de cette annonce, le L’ex-ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, dont le nom est cité dans l’affaire des malversations présumées liées au programme « Pétrole contre nourriture » dans l’Irak de Saddam Hussein, le 17 octobre 2005 à Paris. 19 mars 2004, le secrétaire de l’ONU, Kofi Annan annonce la création d’une commission indépendante, chargée d’enquêter sur la gestion de ce programme par l’ONU. Sa démission est fréquemment demandée lors de virulentes campagnes de dénigrement. Le 3 janvier 2005, la commission met en cause le responsable du programme, Benon Sevan, pour « conflit d’intérêt sérieux et persistant ». Début 2005, le juge Philippe Courroye saisit des documents de la commission à New York afin d’enquêter sur les pots-de-vin qu’aurait versés Total au régime de Saddam Hussein dans le but de contourner l’embargo pétrolier. Ces documents mettent en ARGENT cause Charles Pasqua et Bernard Guillet en fournissant des détails sur les mécanismes qui leur auraient permis de toucher des fonds. L’ancien ministre de l’Intérieur aurait été autorisé par le régime baasiste à revendre 10,8 millions de barils et M. Guillet, 2 millions. Bien que niant toute responsabilité, les deux hommes sont mis en examen. La justice procède aussi à l’examen du rôle de dix-neuf autres personnes et de deux entreprises, Total et Vitol. La BNP est également pointée du doigt en tant que banquière du programme, « en position d’avoir une connaissance de première main » des paiements illégaux réclamés par le régime de Saddam Hussein, selon un rapport définitif. Des recettes exponentielles Depuis la flambée des prix du pétrole, occasionnée par le premier choc pétrolier de 1973, les recettes des pays producteurs se sont accrues exponentiellement. Sur la période 1999-2005, les revenus tirés de la production du pétrole étaient évalués à deux mille milliards de dollars. Ce chiffre ne cesse d’augmenter, dès lors que la demande et la consommation montent dans les pays importateurs et que l’on découvre de nouveaux gisements. SPECIAL ENQUETES N°4 - 77



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 1Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 2-3Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 4-5Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 6-7Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 8-9Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 10-11Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 12-13Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 14-15Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 16-17Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 18-19Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 20-21Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 22-23Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 24-25Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 26-27Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 28-29Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 30-31Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 32-33Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 34-35Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 36-37Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 38-39Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 40-41Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 42-43Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 44-45Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 46-47Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 48-49Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 50-51Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 52-53Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 54-55Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 56-57Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 58-59Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 60-61Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 62-63Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 64-65Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 66-67Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 68-69Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 70-71Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 72-73Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 74-75Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 76-77Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 78-79Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 80-81Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 82-83Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 84-85Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 86-87Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 88-89Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 90-91Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 92-93Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 94-95Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 96-97Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 98-99Spécial Enquêtes numéro 4 mai/jun/jui 2012 Page 100