Spécial Enquêtes n°4 mai/jun/jui 2012
Spécial Enquêtes n°4 mai/jun/jui 2012
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°4 de mai/jun/jui 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 33,5 Mo

  • Dans ce numéro : les scandales de la République.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Les réseaux politiques Maitre Olivier Morice, l’avocat des familles de victimes. 30 - SPECIAL ENQUETES N°4 Ziad Takieddine. Ce personnage aurait été l’intermédiaire par lequel sont passés 33 millions d’euros de commissions occultes. De l’argent qui aurait ensuite servi à financer la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995. Le versement de commissions à des intermédiaires est totalement légal dans ce type de contrat. Par contre, les rétro-commissions, c’est-à-dire le retour de cet argent pour financer une campagne d’un homme politique, est totalement illégal. C’est ce que soupçonne la justice dans le cadre de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995. Les accusations viennent principalement des ex-épouses de deux des personnages principaux de l’affaire Karachi. Il y a d’abord l’ex-épouse de l’intermédiaire supposé des contrats d’armements, Ziad Takieddine. Elle aurait expliqué au juge Van Ruymbeke (chargé du dossier) les liens qui unissaient son ex-époux à plusieurs hommes politiques. Vient ensuite l’exépouse de Thierry Gaubert : la princesse Hélène de Yougoslavie, qui aurait elle aussi décidé de tout balancer. Selon Mediapart et Le Nouvel Observateur, elle accuse son ex-mari de s’être rendu en Suisse lors de la campagne présidentielle de Balladur en 1995. Thierry Gaubert aurait, avec Takieddine, récupéré des valises « volumineuses de billets ». Des fonds remis ensuite à Nicolas Bazire (le directeur de cabinet de Balladur), qui les auraient utilisés pour le financement de la campagne. La seule piste crédible… Le 18 juin 2009, Marc Trévidic réunit à Paris les familles françaises des victimes, accompagnées de leur avocat, Me Olivier Morice. Il leur explique alors que la nouvelle piste politico-financière est « cruellement logique » et qu’elle est « la seule piste crédible », et se plaint également des entraves qu’il rencontre dans son enquête. Me Morice, lui, explique alors que l’arrêt du versement des commissions était lié à l’hypothèse de rétro-commissions destinées à alimenter la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995. Et ouvre un second front judiciaire, en décembre 2009, en portant notamment plainte pour corruption contre le club politique de l’ancien Premier Takieddine et son avocat. ministre et en accusant Nicolas Sarkozy d’être « au cœur » de l’affaire. Fin août 2010, une information judiciaire est confiée au juge Renaud Van Ruymbeke sur des faits d’entrave à la justice et de faux témoignage, avant d’être élargie par le magistrat en octobre aux soupçons de rétro-commissions. Depuis, l’affaire Karachi tourne autour de deux procédures : celle du juge Trévidic sur les causes de l’attentat du 8 mai 2002 et celle du juge Van Ruymbeke sur les soupçons de financement politique illégal. Le 10 novembre 2010, le juge Van Ruymbeke ne tarde pas à s’intéresser aux hommes politiques. Renaud Donnedieu de Vabres, collaborateur du ministre de la Défense François Léotard au moment de la signature du contrat, est le premier à être auditionné. Suivent Charles Millon, lui aussi ex-ministre, puis Dominique de Villepin. L’avocat des familles de victimes, Me Olivier Morice, demande sans succès que soient entendus Nicolas Sarkozy ou encore Alain Juppé. A plusieurs reprises, les investigations du juge se heurtent au secret-défense. D’autres dirigeants politiques avaient déjà été entendus par une mission d’information parlementaire, début 2010.
Des comptes de campagne en question Pour se défendre face aux accusations de financement illégal, Edouard Balladur a notamment argué de la validation de ses comptes de campagne, le 11 octobre 1995, par le Conseil constitutionnel, présidé à l’époque par Roland Dumas. Ce dernier y avait cependant opéré la plus grosse régularisation de tous les candidats : avec 6 millions de francs réintégrés, les dépenses furent au final inférieures d’un rien au plafond légal de 90 millions. Takieddine a été mis en examen le 14 septembre 2011 pour « complicité et recel d’abus de biens sociaux ». Il est soupçonné d’avoir perçu des commissions illégales lors de la vente de trois sous-marins français au Pakistan en 1994. Des commissions qui auraient été ensuite utilisées pour financer la campagne d’Édouard Balladur en 1995. Ce milliardaire est proche de plusieurs personnalités politiques comme Claude Guéant, Jean- François Copé, François Léotard, Brice Hortefeux mais aussi de Nicolas Bazire et de Thierry Gaubert. Ces deux derniers ont aussi été mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi. L’ex-femme de Ziad Takieddine, l’anglaise Nicola Johnson, s’est exprimée pour la première fois, début novembre 2011, dans les colonnes de l’Express et de Mediapart. Après 24 ans de mariage avec l’intermédiaire en contrats d’armement - soupçonné par les juges Le Loire et Van Ruymbeke d’être directement mêlé à un système de rétro-commissions qui auraient illégalement financé la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995 -, Nicola Johnson livre un portrait très détaillé et sans concession de celui qu’elle a d’abord connu comme directeur de la station de ski d’Isola 2000. Elle affirme, en outre, que Ziad Takieddine « a été arrêté à son retour de Libye, en mars dernier, avec une mallette contenant 1,5 million d’euros en espèces ». Mi-novembre dernier, Takieddine riposte : « Je vous demande avec toute la force et la solennité nécessaires de bien vouloir satisfaire à la demande du juge d’instruction et de délivrer sans délai un réquisitoire supplétif pour les faits concernés ». Ziad Takieddine a ainsi adressé un courrier au procureur de le République de Paris. Le franco-libanais affirme avoir été écarté et remplacé dans le contrat Sawari II par d’autres intermédiaires après l’élection de Jacques Chirac en 1995. Les juges ont demandé au parquet d’élargir leurs investigations aux faits postérieurs à 1995 mais n’ont pas encore obtenu de réponse. Dans un document remis aux aux juges d’instruction financiers Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire, Ziad Takieddine cite des sommes, des Les principaux protagonistes de l’affaire Karachi. sociétés et des noms, dont celui d’un homme qu’il serait, selon lui, « connu pour sa proximité avec l’homme d’affaires français Alexandre Djouhri ». Ce dernier a annoncé récemment qu’il allait engager une procédure en dénonciation calomnieuse contre Takieddine en raison de sa mise en cause dans ces contrats. Une bombe à retardement ? Persuadé d’être victime d’un complot, l’homme d’affaires franco-libanais n’hésite plus à appeler lui-même certains journalistes pour mettre les choses au clair. Après des mois de menaces feutrées, la contre-attaque est donc bel et bien lancée. Ses dernières révélations, réservées aux juges Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke, n’ont d’ailleurs pas mis longtemps à sortir dans la presse… et elles sont explosives ! Alors que les deux magistrats du pôle financier cherchent depuis des mois à comprendre comment des rétro-commissions ont pu servir à financer la campagne d’Edouard Balladur en 1995, Takieddine explique aujourd’hui que ce système occulte n’a jamais pris fin. Et qu’il aurait au contraire continué à alimenter les caisses du clan ennemi, celui formé par les réseaux chiraco-villepinistes. Une véritable bombe à retardement quelques mois avant l’élection présidentielle de 2012. Affaire à suivre… S.M. En novembre 2011, l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine s’explique sur le plateau du Grand Journal de Canal+. SPECIAL ENQUETES N°4 - 31



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