Spécial Enquêtes n°4 mai/jun/jui 2012
Spécial Enquêtes n°4 mai/jun/jui 2012
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°4 de mai/jun/jui 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 33,5 Mo

  • Dans ce numéro : les scandales de la République.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Les scandales sanitaires L Quatre scandales, des centa a LA THALIDOMIDE Mise au point par Chemie Grünenthal, entreprise ouest-allemande, elle est commercialisée sous différentes appellations à partir d’octobre 1957 dans une cinquantaine de pays, sauf aux États-Unis. Dès 1960, le centre d’épidémiologie de Hambourg (Allemagne) a démontré l’effet tératogène de la molécule sur le développement fœtal par une augmentation de la fréquence des anomalies des membres chez les nouveaux-nés. Fait corroboré par un obstétricien écossais qui prouvait que sur dix mères ayant donné naissance à un enfant ayant ce type de malformations, neuf avaient pris de la Thalidomide. En décembre 1961 le laboratoire demandait le retrait au niveau mondial de la molécule. On estime que plus de 12 000 bébés sont nés handicapés (membres absents ou atrophiés, absence d’extrémité d’un membre, cécité, surdité, malformation du cœur ou des reins…) tout simplement parce que leur mère avait consommé le produit. 4 000 d’entre eux sont morts avant d’atteindre l’âge de un an. Parmi les survivants, certains transmettraient leurs malformations à leurs propres enfants via leur ADN modifié. ■ 12 - SPECIAL ENQUETES N°4 D.R. D.R. Les médicaments et les traitements sont censés soigner. scandales de santé publique, dont LE DISTILBÈNE un œstrogène de synthèse mis au point en 1938 par Charles Dodds. La pilule du médecin et chimiste anglais est C’est censée faire baisser de 15 à 25% le nombre de fausses couches enregistrées chaque année. Comme il n’a pas déposé de brevet, des centaines de labos s’en emparent, d’autant qu’il est beaucoup plus puissant qu’un œstrogène naturel et peu coûteux à fabriquer, et le commercialisent dans de nombreux pays où il sera largement prescrit. Le médicament arrivera en France au début des années 1950 sous deux noms, Distilbène (laboratoire Ucépha, qui sera racheté par UCB Pharma) et Stilboestrol-Borne (labo Borne devenu Novartis). En 1971, aux États-Unis, à la suite de rapports faisant état d’une incidence accrue de cancers du vagin d’un type particulier chez les filles de mères ayant été traitées par le produit pendant leur grossesses (on les appelles les « filles DES », abrégé de diéthylstilboestrol, dénomination commune internationale), la Food and Drug Administration (équivalent de l’Afssaps en France) l’interdit dans ses indications obstétricales. La France ne le fera qu’en 1977. On estime que 4 millions d’Américaines, 300 000 Hollandaises, 8 000 Britanniques, et 200 000 Françaises l’auraient consommé. Ces dernières ont donné naissance à 160 000 bébés, dont la moitié de sexe féminin. Pour toutes ces femmes (« mères DES ») le risque de développer un cancer du sein est accru de 35% par rapport à la population générale. Au milieu des années 1970 on constate que la moitié des filles exposées inutero au Distilbène rencontraient des problèmes : fausses couches tardives, infertilité, grossesses extra-utérines, accouchements prématurés, malformations génitales… On découvre ensuite que les « filles DES » de plus de 40 ans présentent un risque accru de développer un cancer du sein de 90% par rapport à un groupe témoin. Leur risque d’avoir un cancer du col de l’utérus ou du vagin est plus élevé de 35% par rapport à la population qui n’a pas consommé le médoc. Chez les « fils de DES » des malformations fréquentes de l’appareil génital (testicules peu développés, absence de l’un ou des deux testicules) sont constatées. D.R. illam illieczca telrne,nrobe. Distilbène ■■■•"'" Le médicament a encore des répercussions chez la 3 e génération. Pour les « petites-filles DES », l’observation chez l’animal (de 3 e génération lui aussi) de cas de cancers de l’ovaire incite à une grande vigilance. Chez les « petits-fils DES » on note une plus grande fréquence d’une anomalie de la verge, l’hypospadias (orifice urinaire situé sous la verge et non à l’extrémité). ■ LE VIOXX Cet anti-inflammatoire du groupe américain Merck a été commercialisé à partir de 1999 (mai 2000 pour la France). Vioxx a été prescrit dans le traitement de l’arthrose à des millions de personnes dans le monde (environ 20 millions rien qu’aux États-Unis), rapportant au laboratoire 2 milliards de dollars par an (1,3 milliard d’euros). En 2004, le médicament est retiré du marché mondial par Merck, à la suite d’une étude de la Food and Drug Administration révélant que sa prise à long terme doublait les risques d’infarctus du myocarde. Selon les autorités de santé américaines la molécule a été responsable de 88 000 à 140 000 crises cardiaques, dont 30 à 40% probablement mortelles, en cinq ans de commercialisation. Aujourd’hui on sait que les essais cliniques décrits par le docteur Scott Reuben, chercheur anesthésiste et praticien américain, n’ont jamais été réalisés dans au moins 21 de ses 72 articles scientifiques publiés depuis 1996, parmi eux certains concernaient le Vioxx. On sait aussi que les résultats de l’étude remis par le laboratoire à la FDA et autres agences de santé démontrant que la molécule était moins toxique pour l’es-
ines de milliers de victimes Pourtant, P il leur arrive de briser des vies. Bref retour sur quatre trois t continuent à faire des victimes. L’HORMONE DE CROISSANCE Cette protéine naturelle sécrétée par la glande pituitaire (ou hypophyse), glande de la taille d’un petit poids située dans une petite cavité à la base du cerveau), est essentielle à la croissance, des os et muscles notamment. En 1956, un médecin américain isole et utilise pour la première fois l’hormone de croissance (aussi appelée GH, de l’anglais Growth Hormone, ou somatotropine). Il a démontré qu’il était possible de faire grandir des enfants menacés de nanisme hypophysaire (taille à l’âge adulte ne dépassant pas 1,40 mètre) ou jugés de trop petite taille, en leur injectant régulièrement et pendant des années de l’hormone de croissance extraite d’hypophyses prélevées sur des cadavres humains. Le traitement est disponible en France à partir de 1973, via un dispositif. France- Hypophyse (association loi 1901 créée pour la circonstance) tomac que d’autres anti-inflammatoires existants, raison pour laquelle elle avait obtenu une AMM, ont été signés de treize médecins et chercheurs dont onze avaient des liens financiers avec Merck et deux y étaient salariés. On sait encore que les risques cardiovasculaires et de décès liés au médicament étaient connus dès 2000. ■ D.R. "B5029.fab:315 HUMAINE DE 4U.I./FI ACDN est chargée de la collecte des hypophyses et du contrôle de l’attribution du produit, l’Institut Pasteur de la production, la Pharmacie centrale des hôpitaux de l’Assistance publique de Paris du conditionnement et de la distribution. Aucun de ces organismes n’a jamais demandé une autorisation de mise sur le marché de l’hormone d’extraction. La France détient un bien triste record Le premier cas de maladie de Creutzfeldt-Jacob (MCJ), pathologie neurodégénérative incurable et mortelle, est décelé aux États-Unis chez un jeune Californien de 21 ans, qui en meurt en novembre 1984. En février 1985, c’est un patient de 33 ans qui en décède. Tous deux avaient pris l’hormone de croissance pendant plusieurs années. Le 19 avril 1985, les autorités de santé américaines informent les 150 médecins prescripteurs de la suspension de la délivrance de l’hormone de croissance, sans oublier de prévenir la communauté scientifique. Le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie et quelques autres pays font de même. Pas la France, qui continue à inoculer l’hormone extraite de cadavres humains aux enfants jusqu’à son remplacement, en avril 1988, par une hormone de croissance de synthèse. Et ce en dépit d’autres alertes, dont celle du Prof. Luc Montagnier qui dès 1980 pointait du doigt les risques de contamination infectieuse liés à l’hormone d’origine humaine. Depuis que le scandale a éclaté en France (décembre 1991), après la première plainte déposée par les parents d’un jeune homme décédé de MCJ, pratiques aberrantes et anomalies ont été révélées. Ce n’est qu’à partir de 1985 D.R. que l’hormone de croissance a été traitée à l’urée, méthode censée annihiler le prion de la protéine. Pourtant, en toute connaissance de cause, les lots contaminés précédemment ont continué à être écoulés. Quant à la collecte des hypophyses, il y a de quoi frémir. Pour un meilleur rendement -il fallait 133 hypophyses pour obtenir 1 g d’hormone de croissance- les glandes étaient prélevées par des garçons de salle, y compris dans des établissements non autorisés ou à risques (neurologie, maladies infectieuses, géronto-psychiatrie, etc.), rémunérés de quelques dizaines de francs par prélèvement, sans l’accord et en l’absence du chef de service bien souvent, hors de tout contrôle. Toujours pour des questions de rendement, les glandes étaient extraites par voie nasale (dite technique de Balouet), méthode d’extraction simple et rapide évitant d’ouvrir le crâne, qui présente un inconvénient majeur, celui de collecter aussi des tissus nerveux. Pour satisfaire une demande en augmentation, des dizaines de milliers de glandes ont aussi été importées de Bulgarie, de Hongrie et de Belgique, sans que quiconque s’assure de leur innocuité. Pour masquer des agissements inqualifiables, des responsables n’ont pas hésité à faire disparaître dossiers, résultats de tests, bordereaux de fabrication et autres pièces, y compris financières. Ce qui est sûr c’est qu’avec le décès de 120 jeunes, la France détient un bien triste record : elle compte plus de la moitié des cas de maladie de Creutzfeldt-Jacob liés à l’hormone de croissance dans le monde. ■ D.R. L'affaire des hormones de croissance cp. Prescriptions d'hormones de croissance d'origine humaine pour traiter les enfants de petite taille. Relation établie entre hormones de croissance et la mort d'un américain atteint de la maladie de Creutzfeldtnlacob (MCJ). Des stocks suspects d'hormones ► continuent a étre écoulés. 10,0 plainte contre médecins et fabricants (homicide involontaire). IIIKNOMESEE11ère condamnation de l'Institut Pasteur e8t0dcea adsesomccl ait el onnFFrarannccee-li y po p hy se. Nouvelles mises en examen pour• tromperies. (12 personnes poursuivies en France). Pour leurs avocats, le délit est prescrit. Déc. 2004 Décès de la 1000 victime. La cour d'appel de Paris confirme do délit de droropene•. Fin de l'Instruction notifiée Nouvelles mises en examen pour•homIcIde involontaire.• tromperie aggravée. Prunes a Paris SPECIAL ENQUETES N°4 - 13



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