Soldats de France n°9 sep/oct 2018
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Cas concret 8/I Un gros travail de cohésion peut être adopté par l’ensemble du dispositif pour lutter plus efficacement contre les snipers comme le rappelle le colonel Michel Goya  : « Nous adoptons un réseau radio commun, et je demande que les sentinelles signalent le plus précisément possible les agressions. Les personnels du bataillon reçoivent la consigne de transmettre tout renseignement à la garde. Mais nous nous heurtons à un nouveau problème  : les désignations d’objectifs par radio, en ambiance de stress, sont des plus imprécises. Il nous faut plusieurs minutes pour comprendre ce que nous annoncent les sentinelles et identifier à peu près d’où viennent les tirs. Il faut donc trouver un moyen de supprimer ces distorsions. Je fais alors appel à un bon dessinateur et lui demande de dessiner tous les alentours du bâtiment de Skanderja, à la fenêtre près. Chaque bâtiment est baptisé d’un prénom, et chaque fenêtre reçoit un numéro. Je prends un télémètre laser et calcule les distances de tous les bâtiments environnants. Le croquis est Sur Sniper avenue, les Français du bataillon d’infanterie n°4 protègent la population civile des snipers en accompagnant les passants avec un VAB (véhicule de l’avant blindé). Xavier Pellizzari. ECPAD. La surveillance des zones les plus convoitées par l’ennemi est renforcée. Il s’agit souvent de secteurs propices aux embuscades et au camouflage. Les horaires des tirs et le calibre utilisé sont également étudiés pour connaître au maximum les possibilités de l’ennemi. Des tendances sont donc dégagées  : les tirs sont plus intenses pendant la nuit et pendant les heures de repas. Enfin, la protection des éléments français repose sur l’utilisation de containers entourant les zones de vie et l’installation d’écrans comme des bâches en plastique de part et d’autre des rues, le tout renforcé par des patrouilles nocturnes. ensuite photocopié en de multiples exemplaires et largement distribués, avec une version réduite pour les sentinelles. » Panneau d’avertissement « Attention snipers » dans une rue de Sarajevo en 1994. Photo Dominique Viola. ECPAD. L’armement est sans cesse en adaptation. Les Français disposent d’armes plus sophistiquées et plus puissantes comme le fusil américain Mac Millan calibré en 12.7 millimètres avec une précision jusqu’à 1000 mètres de distance, capable de percer les murs ou encore le véhicule de l’avant blindé (VAB) équipé d’un canon de 20 millimètres. Comme le souligne le colonel Michel Goya, les tactiques les plus simples, à l’image de la lutte anti-snipers appliquée à Sarajevo en 1993, sont souvent les plus longues à mettre en place et à optimiser.
Matériel Le véhicule blindé léger (VBL) Panhard en Bosnie Enfants bosniaques regardant passer un véhicule blindé léger (VBL) de l’Implementation Force (IFOR) en déplacement vers Sokolaca. Août-octobre 1996. Didier Charre. ECPAD. Contrairement à tous les véhicules 4x4 qui l’avaient précédé au sein des unités d’éclairage et de reconnaissance, le VBL, entièrement habillé d’acier THD (très haute dureté) de 5 à 11 millimètres, met ses équipages à l’abri de toute la « ferraille » d’un théâtre instable et de basse intensité telle que la Bosnie. En outre, ses concepteurs lui ont ménagé des capacités de mobilité et de franchissement qui le placent très honorablement dans sa lignée d’éclaireurs off-road  : ses quatre roues motrices permanentes, sa bonne garde au sol et son débattement respectable lui permettent, propulsé par son moteur turbo diesel Peugeot de 2,4 litres, d’atteindre les 95 km/h sur les mauvaises routes de la Bosnie et d’attaquer des pentes à 50% ou d’affronter 30% de devers. 9 Commandant Julien Monange Alors que les bataillons français (BATFRA), principalement équipés de véhicules de l’avant blindé (VAB) et de VBL, sont déployés dans le cadre de la FORPRONU depuis 1991 en ex-Yougoslavie, sous une livrée blanche aux sérigraphies noires, leur mission d’interposition entre belligérants serbes, croates et bosniaques confiée aux unités françaises a, jusquelà, donné des premiers résultats concrets. Essentiellement, il s’agit de patrouiller afin de sécuriser des axes logistiques ou des pénétrantes d’accès à des sites stratégiques  : des procédés d’exécution particulièrement adaptés au VBL, dont la conception en fait le premier véhicule blindé ultraléger moderne. Véhicule blindé léger (VBL) et silhouette de soldats du 2 e régiment étranger d’infanterie (REI) rejoignant le camp ONU de Razalié installé sur le mont Igman, en Bosnie-Herzégovine. Août-novembre 1995. Janick Marcès. ECPAD. Autant d’atouts qui facilitent à la fois les infiltrations en terrain difficile, l’observation tactique et l’esquive rapide en cas de nécessité. Dans Sarajevo en particulier, le VBL se révèle rapidement comme le véhicule idéal pour les liaisons  : silhouette basse, motorisation puissante (« pas assez », diront cependant certains) et blindage robuste mettent les soldats français à l’abri des snipers de toutes factions. 1



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