Soldats de France n°3 sep/oct 2017
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Carte du Liban d'après les reconnaissances de la brigade topographique du Corps Expéditionnaire de Syrie en 1860-61, archive d’officiers d’état-major Opérations À 1311. L’intervention française au Liban en 1860 À la suite de massacres qui se répètent entre Druses et Maronites dans la montagne libanaise depuis le mois de mars 1860, la France décide d’intervenir à des fins « d’humanité ». Première intervention humanitaire de l’Histoire, la projection de force française au Levant – c'est-à-dire en Syrie et dans la montagne libanaise – s’effectue avec l’autorisation des autres puissances européennes, reconnaissant ainsi à la France son titre traditionnel de protectrice des chrétiens d’Orient. Des massacres confessionnels 4 Julie d’Andurain Le Mont-Liban est un étroit corridor étendu le long de la côte méditerranéenne de Syrie. Depuis le Moyen-Age, Maronites et Druses se partagent le territoire. Venus de la vallée de l’Oronte, les Maronites sont des agriculteurs qui suivent les enseignements de Maron, un ermite chrétien du V e siècle. Les Druses, communauté rurale et guerrière, appartiennent à l’une des branches du chiisme qui s’est installée dans la région au XI e siècle. Les populations se fixent au nord pour les Maronites (chrétiens), au sud pour les Druzes (musulmans). Se tenant à l’écart des autres populations, elles vivent globalement dans une bonne entente. Mais une première fracture communautaire apparaît en 1840 quand la Syrie, passée sous tutelle égyptienne, se révolte contre les innovations introduites par les occupants. En réaction, le pouvoir ottoman – ou Sublime Porte - décide de placer l’ensemble du territoire sous son administration directe en coupant la région en deux parties, deux caïmacamats. Aux Maronites, il réserve le Kesrouan au nord, aux Druzes le Chouf dans le sud. Mais les réformes imposées par le sultan ottoman, en particulier le principe de l’égalité entre les communautés, promulgué par le fameux Hatt-i-Humayun de 1856, brise l’équilibre précaire
Opérations existant précédemment. Une querelle interne à la communauté maronite se fait jour en octobre 1858 dans la province du Kesrouan. Elle oppose les paysans maronites soutenus par leur clergé aux féodaux druses, les cheikhs Khâzen. La rébellion paysanne se durcit et se transforme bientôt en jacquerie. S’étendant aux régions mixtes et au sud, l’agitation prend rapidement un caractère confessionnel. Un incident met aux prises Druzes et Maronites à Beit-Mery dans le Metn le 15 août 1859. Dans la mesure où sunnites et chiites se rapprochent des Druzes et que les Melchites et les Grecs catholiques se rapprochent des Maronites, tous les observateurs ont l’impression d’une rivalité qui oppose les musulmans aux chrétiens. En août et septembre 1859, une réaction druze se produit au nord des districts mixtes ; des violences et des vols commis à l’encontre de chrétiens attisent les craintes et la haine. Les Druzes du Chouf puis ceux de la Bekaa se ruent sur leurs voisins chrétiens. En juin 1860, la ville de Zahlé, entre Beyrouth et Damas, symbole de l’ascension d’une nouvelle classe moyenne de chrétiens, est attaquée. D’autres villes sont attaquées pour les mêmes raisons  : Jezzine, Deir al-Qamar où les Druzes tuent tous LA CAMPAGNE DE L'ARMÉE FRANÇAISE EN 18E10 MER MÉDITERRANÉE Beyrouth mETN Départ Le 4109 ii..rao 0 Deir et 1(3rrar 26/09 CHOUF Btater 13/10 hicsukhta(a je) 22109 lezzine 24/09 JABAL AM1L Debut oC.tobee Mt09 Et Barouk o It.farnabrakb jiee"""/Nahrg-ieZ330,409 41adayou n eFoyers de révolte druzes m ». Itinéraire de l'armée française et du général Beaufort jusqu'aux premiers jours d'octobre 5 ti drEl gar noix, Zahlé Qab Rias 02110 BÉKAA Jobb Iannine 29/09 echayb 111ADI AL-TAYM o H a s baya) 111. innerwre de l'armée 4MM-1MM e du commissaire Fouad Pacha Point de rencontre présumé entre FOU-21Z1 Pacha et te encrai Beaufort 4ir- Opérations de l'armée française contre tes Druzes ceux qu’ils trouvent dans les maisons. Dans un premier temps, les autorités ottomanes n’interviennent pas ou peu, voire même participent indirectement aux massacres. Ainsi au début de juin 1860 à Hasbaya et Rashaya, des soldats turcs livrent des populations chrétiennes désarmées aux druzes. Le nombre de tués et de réfugiés se multiplie de façon vertigineuse. À Deir el-Kamar 2600 hommes sont tués, 1500 à Jezzine, 1000 à Hasbaya et 800 à Rashaya. En moins de trois mois, plus de 12 000 personnes sont assassinées. Des milliers de réfugiés sont sur les routes. Mais le massacre ne s’arrête pas là. Du 9 au 18 juillet 1860, la ville de Damas connaît des attaques sans précédent. Les chrétiens qui habitent intra-muros sont pourchassés dans les rues et massacrés. 3 000 maisons sont ravagées de même que le consulat de Russie mis à sac, les employés massacrés. Au cours de ces massacres, l’émir Abd-el-Kader – qui s’est installé en Syrie après avoir quitté l’Algérie - aidé par sa famille et tous ceux l’ayant rejoint en exil, multiplie les efforts pour sauver des vies humaines. Il réussit à ramener chez lui ou à la citadelle des centaines de familles dont les consuls de France, de Russie, de Grèce, les sœurs de la Charité et Carte extraite du livre Devoir d'intervenir ? L’expédition'humanitaire'française au Liban, 1860 de YannBouyrat



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