Soldats de France n°13H jui/aoû 2019
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La guerre en Méditerranée et la Libération 1940-1945 le front devient continu lorsque la 8 e Armée rejoint enfin le 4 février et une offensive allemande en direction de Tébessa est stoppée à Kasserine le 28. L’organisation alliée est alors remaniée et des ensembles plus homogènes sont constitués, tandis que les troupes françaises reçoivent un peu du matériel moderne qui leur fait cruellement défaut. Les villes tombent ensuite une à une  : Gabès le 30 mars, Sousse le 12 avril, Tunis et Bizerte le 7 mai... Toute l’Afrique est maintenant aux mains des Alliés. Mais, plus important, les Américains se sont engagés résolument dans la guerre et ils pèsent dès lors sur la stratégie alliée de tout le poids de leurs armées et de leur industrie. Quant aux Français, ils ont montré qu’ils se battaient désormais sans ambiguïté aux côtés des Alliés. Réarmement de l’armée française À la conférence d’Anfa, en janvier 1943, le général Giraud obtient du Président Roosevelt que onze divisions dont trois blindées, soient dotées de matériel américain. Les premiers convois arrivent ainsi à Alger en avril, avec de quoi équiper trois divisions d’infanterie et une partie de la première blindée constituant un « 1er corps de débarquement » dont le réarmement s’achève en septembre. Les Américains apportent toute leur aide à une armée qui doit brusquement se motoriser. Ils reçoivent les cadres dans leurs unités, fournissent des instructeurs, ouvrent les portes de leurs centres d’instruction, en particulier celui d’Arzew où les régiments s’initient aux opérations amphibies. Mais en dépit de l’engagement de volontaires féminines dans le Train ou les Transmissions, et de l’arrivée de nombreux évadés de France par l’Espagne, les Français rencontrent de grandes difficultés pour honorer les effectifs en Européens et mettre sur pied les Services nécessaires. À cela viennent s’ajouter les Français Libres qu’il faut inclure dans le plan de réarmement. C’est ainsi que sont finalement équipées cinq divisions d’infanterie, trois blindées et diverses formations dites « hors programme », dont les goums marocains. 4 La campagne d’Italie En septembre 1943, la division marocaine de montagne est engagée en Corse. Trois mois plus tard, 2 e marocaine et 3 e algérienne sont dans les Abruzzes, au nord de Naples, où les combats se déroulent dans des conditions éprouvantes, face à un ennemi redoutable. Les pertes, au combat ou par maladie, sont considérables. Mais le front allemand n’est pas percé et Cassino tient toujours. Au début du printemps, le dispositif allié est remanié et le corps expéditionnaire français se retrouve sur le Garigliano, derrière la tête de pont conquise par les Anglais. Maintenant à quatre divisions plus les goums marocains, il attaque le 11 mai 1944 et force les défenses de la ligne Gustav. Les contournant ensuite, il surprend l’ennemi sur ses arrières et repousse ses contre-attaques, ouvrant ainsi aux Alliés la route de Rome. Après la traversée triomphale de la Ville éternelle, le CEF progresse vers Sienne qu’il libère intacte le 3 juillet. Puis les divisions font mouvement vers Naples pour se préparer à débarquer en Provence et Soldats de France Spécial commémorations n°1 - Été 2019
La guerre en Méditerranée et la Libération 1940-1945 la poursuite s’arrête ainsi en vue de Florence. Au cours de ces six mois de combat meurtriers, l’Armée française montre au monde qu’elle sait se servir des armes modernes qu’elle a reçues et gagne le droit de participer à la libération de la France. La Résistance Après l’armistice de juin 1940, la Résistance débute en zone non occupée par la création de mouvements, notamment Combat dont les groupes de choc deviennent l’Armée secrète. Parallèlement, des réseaux de renseignement ou d’évasion se mettent sur pied spontanément ou sous l’égide des services spéciaux. Cependant, à la suite du débarquement en AFN, les forces de l’Axe occupent la zone sud et désormais les résistants sont pourchassés par les Italiens de l’OVRA ou les Allemands. Ces derniers, appliquant alors le Service du Travail Obligatoire, contraignent de nombreux réfractaires à fuir et se regrouper dans des « maquis » qu’encadrent parfois des transfuges de l’armée de l’armistice dissoute. La répression contre les réseaux et les maquis est dès lors terrible. Pris les armes à la main ou manipulant un poste radio, le maquisard ou l’agent est interrogé brutalement, puis fusillé ou déporté vers un camp de concentration en Allemagne. Après de nombreuses arrestations en 1943, la police allemande parvient en juin 1944 à décapiter l’état-major des Forces françaises de l’Intérieur de la Région R-2. Néanmoins, au moment du débarquement de Provence, les FFI armés et soutenus depuis Alger jouent un rôle important sur les arrières ennemis. Le débarquement de Provence Après bien des hésitations, la décision est prise par les Alliés en juillet 1944 de débarquer dans le sud de la France. Les Britanniques sont en effet hostiles  : ils préféreraient poursuivre en Italie et atteindre le Reich par le Danube. Les Américains, au contraire, comptent soutenir ainsi leurs forces en Normandie et disposer du port de Marseille. Après une longue préparation aérienne et le renforcement des maquis, les Américains débarquent le 15 août 1944 5 entre Cavalaire et Anthéor, couverts sur leurs ailes par des commandos américains et français, tandis que les troupes aéroportées déposées autour du Muy, bloquent toute velléité ennemie d’agir contre les plages. Le PC du corps d’armée de Draguignan est dès lors neutralisé. De toute manière, les Allemands ne peuvent réagir. Sans réserves, fragilisés par les ponctions opérées au profit de la Normandie et la présence de volontaires de l’Est sur la côte, ils battent en retraite par la vallée du Rhône, laissant à Toulon et Marseille les forces suffisantes pour tenir un siège. Mais leurs espoirs sont déçus  : le 26 août, les deux garnisons tombent aux mains des Français. Puis Grenoble est libérée le 28, Nice deux jours plus tard. Et le fleuve franchi, Lyon est investie le 2 septembre. La libération de la France Paris libérée le 24 août 1944, c’est en Bourgogne que, le 12 septembre, les forces débarquées en Normandie font leur jonction avec celles venues de Provence. Mais à l’approche du Reich, la résistance allemande se Soldats de France Spécial commémorations n°1 - Été 2019

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