Soldats de France n°10 nov/déc 2018
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Uniforme Protège-nuque spécial, modèle 14 pour troupes d’Afrique et Légion. Collection particulière. 22 ii Inspirée de la Légion étrangère française, cette Légion d’Orient présente une symbolique et une uniformologie extrêmement proches. Le règlement de novembre 1916 de la Légion d’Orient stipule que les volontaires de cette « troupe auxiliaire d’origine ottomane » doivent être encadrés par des officiers et sous-officiers français ou servant à titre étranger, « auxquels pourront être adjoints des cadres auxiliaires pris parmi les Légionnaires eux-mêmes », comme dans le système « Légion ». La Légion d’Orient est dotée d’un état-major propre, de services administratifs, de compagnies de dépôt et d’instruction, et enfin de bataillons de combat. Les exemples de la Légion étrangère et de l’armée d’Orient marchent à plein régime, en particulier dans l’articulation en unités créées ad hoc  : la Légion d’Orient est censée incorporer des « régiments de marche », comprenant plusieurs bataillons de « type armée d’Orient », c’est-à-dire à trois compagnies d’infanterie et une compagnie de mitrailleuses à quatre sections. Le recrutement fait l’objet d’une directive claire, stipulant que les volontaires arméniens ou syriens doivent être recommandés par les comités accrédités de leurs diasporas respectives ou « venir de la Légion étrangère ». Par ailleurs, leur connaissance de la langue française est vivement souhaitée et encouragée par l’octroi de primes et d’un avancement au mérite qui ne dépasse pas, pour les volontaires servant à titre étranger, le grade de « capitaine auxiliaire ». L’influence de la Légion étrangère et de l’armée d’Afrique est remarquable jusque dans le détail des uniformes  : Soldats et cadres de la Légion d’Orient au drill, Cilicie. 1916. ECPAD. « La tenue des officiers et des adjudants est celle des tirailleurs algériens (drap et toile kaki), les numéros étant remplacés par une grenade d’or sur écusson rouge. Les officiers et légionnaires auxiliaires porteront des écussons en drap rouge avec étoile à cinq branches en or pour les Officiers, sinon en laine jaune. La coiffure comportera, pour les Légionnaires chrétiens, le casque et le bonnet de police de couleur kaki ; pour les Légionnaires musulmans, le Tarbouch. Les insignes de grade des officiers auxiliaires sont les mêmes que ceux des officiers français. ». En effet, le kaki a résisté et supplanté le bleu horizon en 1915 sur les tenues de la Légion étrangère, à l’instar de ce qui existait déjà depuis 1901 pour les zouaves et des tirailleurs, puis dans l’ensemble de l’armée d’Afrique. Son maintien dans les unités non métropolitaines alors que toute l’armée française passe en bleu horizon crée un « style africain » et un imaginaire des troupes indigènes, assimilées à des troupes de choc, prestige dont bénéficie la Légion d’Orient. Cette dernière ne doit cependant pas demeurer une simple unité « d’affichage », mais doit être déployée aux ordres de son chef, le commandant Romieu, dans la zone des combats, afin d’affirmer la présence militaire française sur le front d’Orient. La dotation en casques Adrian et en fusils Lebel (ou selon les cas en mousqueton Berthier) identique à l’infanterie de ligne ne signifie pas autre chose. Son histoire sur le front, au sein du détachement français de Palestine-Syrie du colonel de Piépape, ne fait alors que commencer.
Unité Décoration Insigne du 152 e RI. Collection particulière. « Le plus beau fleuron de l’armée française » Du premier ; grenadier soenadSeso des des Vosges… Voszes... 1er août 1914, le tocsin des cloches de France trouve le 152 e RI à Gérardmer où il est recréé après soixante-dix ans de sommeil en 1887. Le Quinze-Deux n’attend pas l’ordre de mobilisation générale pour gagner ses positions de couverture sur les crêtes vosgiennes. L’idéal qui l’anime alors est la reconquête de l’Alsace. Il mène un très exigeant entraînement au combat en moyenne montagne. Aussi, celui qui quitte le quartier Kléber dans la nuit du 31 juillet 1914 estil surnommé « premier grenadier des Vosges ». L’ennemi ne va pas tarder à faire sa connaissance. Une demi-heure après que la déclaration de guerre lui ait été notifiée, le régiment s’empare du col de la Schlucht, le déborde et rencontre l’ennemi, faisant ses premiers prisonniers dont le lieutenant von Bietrolff. Interrogé par le caporal Waltz (dit « Hansi », le fameux caricaturiste) que ce même officier avait condamné deux mois plus tôt à Colmar pour insulte à l’armée allemande… Avec la 82 e brigade, le Quinze-Deux conquiert Munster bousculant les positions allemandes, surprises par l’agilité de ces fantassins qui vont et viennent dans un terrain montagneux où ils sont en parfaite osmose. 23 Lieutenant-colonel Rémi Scarpa Depuis un siècle, le destin de l’Alsace et celui de la ville de Colmar se mêlent à celui du 152 e régiment d’infanterie (RI). Celui que tous surnomment affectueusement le Quinze-Deux s’enorgueillit de deux des plus beaux titres de gloire que les sacrifices et souffrances de la Grande Guerre aient pu conférer à une collectivité militaire. À la fois craint et respecté par ses adversaires, le régiment sera successivement baptisé par l’ennemi allemand les « renards de la montagne » puis le « Teufelsregiment » ou « régiment du diable ». La France et son armée vont aussi lui rendre l’hommage qui lui est dû en faisant du 152 e RI le « premier des régiments de France ». Ces surnoms mettent en relief la personnalité d’un régiment d’élite que le maréchal Pétain considéra comme « le plus beau fleuron de l’armée française ». Drapeau du 152 e RI. Collection particulière.



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