Soldats de France n°10 nov/déc 2018
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Symbolique Monument aux morts à Muron, www.defense.gouv.fr. Les monuments aux morts  : « À nous le souvenir, à eux l’immortalité » Le premier acte fondateur du monument aux morts tel que nous le connaissons se trouve dans la loi du 25 octobre 1919 visant à la « commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande Guerre ». Ce corpus réglementaire instaure le principe d’une allocation de l’État pour les communes qui souhaiteraient honorer la mémoire de leurs habitants morts au combat. C’est avec la loi de finance du 31 juillet 1920 que l’ensemble des barèmes est défini et les crédits débloqués. Dans la France du début des années 1920, un peu plus de 36 000 monuments aux morts sont érigés. Les noms inscrits à même la structure ou sur des plaques de marbre sont ceux des enfants de la commune ayant eu la mention « Mort pour la France » (lois du 2 juillet 1915 et du 22 février 1922). La commune de Thierville (Eure) n’a pas de monument car aucun habitant de la commune n’est mort au combat depuis la fin du second Empire. 16 Capitaine Jean-Baptiste Pétrequin Appartenant à l’environnement de nos villes et villages, les monuments aux morts témoignent encore aujourd’hui du sacrifice de nos aînés durant les conflits qui ont émaillé le XX e siècle. Avant toutes choses, faisons un peu de sémantique  : les monuments aux morts appartiennent à un ensemble plus grand de monuments funéraires ne contenant pas le ou les corps des défunts, le cénotaphe. Ce vocable regroupe, outre les monuments aux morts, mémoriaux des champs de bataille et les vitraux du souvenir. À l’époque moderne, les premiers monuments sont issus de la volonté du Souvenir français qui juste après la défaite de 1871, souhaite que la mémoire du sacrifice des soldats français, principalement des gardes nationaux, perdure. Cette initiative a, dans les faits, très peu été suivie et il n’existe que de rares exemplaires dont celui de Louhans (Saône-et-Loire). Durant la Première Guerre mondiale, le besoin de conserver le souvenir des disparus au combat apparaît avant même la fin des hostilités. Ainsi des stèles ou des plaques voient le jour, souvent sur des initiatives municipales voire familiales. En effet, en l’absence de corps, le cénotaphe accomplit la fonction cathartique de concrétisation du deuil. Monuments aux morts à Étretat. cheminsdememoire.gouv.fr.
Symbolique Monument de la commune de Chaux-des-Crotenay dans le Jura. Collection de l’auteur. des monuments dits « pacifistes » tel que celui de Gentioux (Creuse) où un enfant montre l’inscription « Maudite soit la guerre ». La situation des soldats alsaciens, français ou allemands, a conduit à leur inscription sans distinction de pays sur des monuments généralement très sobres. Le monument aux morts pour la Patrie de Champagnol dans le Jura. Collection de l’auteur. 17/I Du point de vue de la typologie, il est possible de dégager quelques grandes tendances. Les communes les moins argentées ou les moins touchées dans leur chair optent pour des plaques ou des stèles. La plus marquante demeure le statuaire  : représentation du soldat destinée à (ré) humaniser le défunt. Elle vise généralement la glorification du combat ou de la mort héroïque. Le plus courant reste « le poilu triomphant » du sculpteur Eugène Benêt. La présence d’allégories féminines représentant la patrie, la victoire, la reconnaissance ou la compassion est intéressante à noter. Dans le contexte de l’entre-deux-guerres, il naît Monument aux morts de Cousance dans le Jura, Collection de l’auteur. Les monuments aux morts accueillent souvent les combattants des conflits suivants  : Seconde Guerre mondiale, Indochine, Algérie. Ils continuent leur œuvre mémorielle en gardant les noms des soldats français morts en opération extérieure. Le village de Saint-Christol d’Albion (Vaucluse) a la particularité de porter les noms des légionnaires, d’origine étrangère, du 2 e régiment étranger de génie dont le domicile était le quartier Maréchal Koenig, sis sur le territoire communal. Originellement érigés pour un seul conflit, les monuments aux morts ont traversé le XX e siècle en perpétuant le souvenir des soldats français morts pour la France. Cette longévité s’explique de par leur fonction. Du poilu de 1914 au soldat d’aujourd’hui, elle n’a pas changé  : garder vivant dans les esprits la mémoire de ceux ayant donné leur vie dans l’exercice de leur mission.



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