Soldats de France n°10 nov/déc 2018
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Matériel Carte postale « Nos sonneries. À la soupe ! » Delcampe. En hommage au clairon Pierre SELLIER qui sonna ici le 7 novembre 1918 le premier "CESSEZ-LE-FEU" Il reprend l'uniforme de 1939 à 1941}. Il mène très vite des actions de résistance. Le 31 août 1944, il rejoint le maquis du LQMONT. Engagé au 3— R.T.A. de la D.I.A., il participe aux campagnes d'Alsace et d'Allemagne. 14 En dehors de leurs missions, les clairons font régulièrement office de brancardiers et sont chargés de tâches diverses au profit des états-majors de régiment telles que le port des messages ou l’approvisionnement en munitions. Et à chaque mouvement vers l’arrière, en fonction des demandes du commandement et du contexte, les clairons peuvent être amenés à donner des concerts plus ou moins élaborés avec les autres musiciens de leur formation. Ce qui nécessite d’inclure des périodes de répétition dans leurs activités. Le clairon est une figure populaire, à l’instar de Guillaume Rolland, l’un des héros des combats de Sidi- Brahim en septembre 1845. Cet amour perdure jusqu’à la Première Guerre mondiale. Le clairon incarne l’idée du sacrifice ultime au profit de la mission. « À la première décharge, Le Clairon sonnant la charge Tombe frappé sans recours. Mais, par un effort suprême, Menant le combat quand même, Le Clairon sonne toujours. Et cependant le sang coule, Mais sa main, qui le refoule, Suspend un instant la mort, Et de sa note affolée Précipitant la mêlée, Le vieux Clairon sonne encore » (Le clairon, chanson des années 1870). Ancien de la lare Armée en 1918 Ancien de la I èr'Armée en 1944 11 meurt le 16 mai 1949 en fidèle "RFIIN ET DANUBE" Plaque commémorative, La Capelle, Picardie. Damien Charlier La Grande Guerre va être le théâtre de coups d’éclats dans cette veine. Par exemple, en avril 1918 sur le Mont Noir, Alfred Parens du 59 e régiment d’infanterie (RI) s’époumone à sonner l’offensive et les demandes d’appui pour faire barrage à l’attaque allemande, avant de succomber. D’autres clairons trouveront une gloire plus ou moins éphémère liée à l’acte hautement symbolique de sonner la fin du conflit, qu’il s’agisse d’un « cessez-le-feu » partiel pour laisser les plénipotentiaires allemands lors des négociations de l’armistice (Pierre Sellier du 171 e régiment d’infanterie ou Georges Labroche du 19 e bataillon de chasseurs à pied) ou de la fin officielle du conflit, le 11 novembre 1918 à Rethondes (Octave Delalucque du 415 e régiment d’infanterie). Longtemps relégués au rang d’acteurs secondaires, la recherche la plus récente permet désormais de mettre ces destins en avant.
Portrait Photo de Pierre Sellier. Collection particulière. Pierre Sellier, le « clairon de l’Armistice » Ce survivant connaît son heure de gloire lors du passage des plénipotentiaires allemands venus négocier l’armistice. C’est lui qui sonne le « cessezle-feu » temporaire lors de leur passage de la ligne française au lieu-dit de la pierre d’Haudroy le 7 novembre. Cet acte hautement symbolique, et tant attendu, lui vaut d’être mis à l’honneur dans les années d’après-guerre. Fait chevalier de la Légion d’honneur en 1926, il devient la coqueluche des anciens combattants  : « C’est un souvenir qui vit, tandis que tant d’autres ont déjà sombré ». Bien qu’aspirant à une vie anonyme, sa renommée est internationale ; les prestations et les hommages originaux (figuration dans des films, représentation sur un vitrail) se multiplient de son vivant. 15 Commandant Éva Renucci et Adjudant Damien Charlier Pierre François Sellier est né en 1892 d’une famille modeste à Beaucourt (territoire de Belfort), ville métallurgique prospère. Ayant très tôt perdu sa mère, doté des rudiments de l’éducation, il rejoint rapidement le monde ouvrier. En parallèle, il s’adonne à sa passion pour la musique en jouant du clairon. Pourtant, lorsqu’il est incorporé en 1913 au 172 e régiment d’infanterie (RI) à Belfort, ses qualités de musicien ne sont pas mises en avant. Avec la marche à la guerre, le 2 e classe découvre les manœuvres  : l’Alsace puis la Meuse. Là, il est victime d’éclats de grenade lors des premiers engagements. Peu après sa convalescence, il est nommé clairon. Septembre 1915, son régiment et son binôme, le 171 e RI, se trouvent en Champagne (Souain). Ce dernier subit une hécatombe ; Sellier fait partie des renforts transfuges. La suite de son parcours est marquée par la participation à toutes les phases majeures du conflit et de multiples blessures par éclats (4, par grenade ou obus) qui lui vaudront plusieurs citations. Remise de décorations aux Invalides à Pierre Sellier. Agence Rol Source  : gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France. La Seconde Guerre mondiale change pourtant la donne. Malgré un engagement de résistant (maquis du Lomont) puis au sein de la Première Armée, la Nation se fabrique d’autres héros ; son souvenir demeure surtout au niveau local et régional.



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