SilverAge n°8 septembre 2015
SilverAge n°8 septembre 2015
  • Prix facial : 3,50 €

  • Parution : n°8 de septembre 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : S&B Media Group

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 21,4 Mo

  • Dans ce numéro : garde-temps, l'art des complications.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 22 - 23  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
22 23
PAPILLES CHEMIN DE TRAVERSE Champagne  : la « w IL FALLAIT ÊTRE SOURD POUR PASSER À CÔTÉ DE L’INFO DURANT LES VACANCES. APRÈS 8 ANS D’EXAMEN, L’UNESCO VIENT D’INSCRIRE LE CHAMPAGNE, OU PLUTÔT LES COTEAUX, MAISONS ET CAVES DE CHAMPAGNE, À SON PATRIMOINE MONDIAL. COCORICO ! MAIS ÊTES-VOUS CERTAIN DE CONNAÎTRE CE VIN AUSSI BIEN QUE CELA ? PETIT QUIZ DE CONTRÔLE. Par Pierrick Bourgault 22 SilverAge #8/Septembre 2015
PAPILLES CHEMIN DE TRAVERSE orld » consécration Combien de cols ? On dit « le champagne », comme s’il n’en existait qu’un seul. En réalité, plus de 15 000 vignerons et 300 maisons de négoce interviennent dans l’appellation en expédiant chaque année plus de 300 millions de bouteilles, sous d’innombrables marques et noms de cuvées. Les bulles, une invention anglaise ? Au Moyen-Âge, les moines plantent des vignes en Champagne pour élaborer leur vin de messe. Ils utilisent les mêmes cépages qu’en Bourgogne, pinot noir et chardonnay. Pas de chance  : plus septentrional, le climat permet difficilement aux raisins de mûrir. Résultat  : le vin de Champagne reste passablement acide… jusqu’à ce que des clients anglais n’aient l’idée de rajouter un peu de sucre de canne de leurs colonies au french wine… qui se mit à faire des bulles et à mousser ! Dès 1676, Londres chante « le champagne, sparkling wine effervescent, qui ranime rapidement les pauvres amants languissants » … La bouteille aussi ? Même topo au niveau des bouteilles. Qui dit bulles dit pression et explosion. Heureusement, dixit la légende, vint ce bon chanoine dom Pérignon… Plus prosaïquement, avec leur charbon, les Anglais réussissaient à fondre des bouteilles plus solides que celles des verriers français utilisant du bois. Ces deux « coups de pouce » laissent à penser que le champagne est une invention anglaise plutôt que française… Aujourd’hui, la Grande-Bretagne demeure d’ailleurs le premier client à l’export. Millésime or not millésime ? En appellation, on ne mélange pas les vins d’années différentes. Or les Champenois assemblent différentes récoltes pour produire des cuvées régulières et millésiment seulement leurs meilleures années. Certains pratiquent même la solera, méthode ancestrale pratiquée en Espagne pour le xérès qui consiste à ajouter dans le même tonneau des vins d’années successives, par exemple de 1997 à 2009 chez Pouillon. Raisin noir mais champagne blanc… Comment expliquer que le vignoble champenois planté à 70% de raisins noirs (pinot noir et pinot meunier) produise 90% de vins blancs ? Ne serait-il pas plus logique d’élaborer un vin blanc avec un cépage blanc tel le chardonnay ? Certes, mais le pinot noir donne structure et bouquet. Par conséquent, pour obtenir ce « blanc de noirs » la machine à vendanger est interdite, car elle aspirerait les baies dont la peau colorerait les jus. La vendange s’effectue à la main, en grappes entières. « Un champagne bien blanc montre le savoir-faire du vigneron. » L’appellation autorise d’autres cépages rares  : arbane, petit meslier, pinot blanc et pinot gris. Le blanc de blancs vient du chardonnay qui couvre les 30% restants du vignoble. Mais d’où vient le champagne rosé ? « Pendant longtemps, le champagne rosé a été considéré comme une hérésie » se souvient Hubert de Billy chez Pol Roger. Mais les consommateurs appréciant le rosé, l’appellation a dû revoir sa copie  : 90% du champagne rosé est obtenu en mélangeant vin blanc et vin rouge. Totalement interdite dans les autres appellations, ce mélange de couleurs est permis en Champagne car une seconde fermentation s’effectue en bouteille. Avantage pour les Champenois  : un contrôle ultra-précis de la couleur, fortement apprécié pour ce produit de luxe et de mode. 10% seulement est issu d’une brève macération. Pour préparer le « vin d’une nuit », le vigneron est censé dormir dans son chai. Concrètement, on charge le pressoir, on donne un coup de pression… et on attend que la peau noire du pinot noir (ou du meunier) colore un peu les jus. On arrivait à un résultat égal dans l’ancien temps, avec la technique dite du « rosé de saignée ». Chuttt… Surtout ne pas confondre avec le bouzy, qui est un vin rouge local sans bulles. En secret, quelques vignerons rebelles produisent un champagne rouge qu’ils nomment malicieusement « rosé très foncé ». On ne citera personne, car le Comité interprofessionnel du vin de Champagne n’apprécie guère et risquerait de retirer leur agrément… En savoir plus  : Dans sa rubrique « Découvrir la Champagne, visite de cave et dégustation », www.champagne.fr publie les coordonnées des 382 vignerons, 33 maisons et 21 coopératives accueillant le public. Voir aussi le site indépendant www.winetourisminfrance.com SilverAge #8/Septembre 2015 23 Michel Jolyot



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :