Signé Barrière n°5 mar/avr/mai 2013
Signé Barrière n°5 mar/avr/mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de mar/avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : O2C

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 10 Mo

  • Dans ce numéro : talent... Bruce Toussaint, Bisounours ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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tendances S Si les voitures à deux moteurs ou les smartphone poly-tâches font partie de notre langage courant, les sanglochons (sangliers cochons) ou zébrânes (zèbres ânes) heurtent notre compréhension et nos oreilles… Pourtant, ils sont liés par ce qu’il est désormais commun de nommer « hybridité ». Selon le dictionnaire, ce terme venu de la science botanique désigne « une plante issue du croisement entre des parents nettement différents, appartenant à la même espèce ou à des espèces voisines » ou encore « un animal issu du croisement entre des lignées sélectionnées […] à l'intérieur d'une même espèce » mais surtout [ce] « qui est composé d'éléments disparates ». Par une sorte de génie génétique, l’hybridité serait le mariage de deux univers, de deux éléments voire de deux personnes pour créer un objet qui ne revêtirait pas tout à fait les caractéristiques de l’un, l'un, ni exactement les traits de l'autre. l’autre. Un oxymore  : comme la brûlure du froid. Comme le zébrâne qui n'est n’est pas tout à fait zèbre ni tout-à-fait âne. Ou comme le loupgarou dont la réputation de siècles d'histoires continue de faire frissonner - le pauvre - des soirées parfumées d'odeurs de biscuits... Des biscuits qui sont d'ailleurs plus hybrides qu'on ne l'imagine. Car toutes et tous, à vrai dire, nous sommes hybrides  : nés de deux corps étrangers. Mais qui ont su se comprendre avec d'autant plus d'affinités. Le hasard de la reproduction animale conduit à la venue au monde de nouvelles espèces ni plus résistantes ou « optimisées ». L’hybridité appliquée au monde technologique serait donc tournée vers le développement d’objets « correctifs » ? Exemple  : la voiture et son moteur à essence polluant ? C’est ballot. Le développement des voitures électriques reste embourbé dans un échec commercial. Fi ! Couplons les deux  : imaginons une voiture "hybride" équipée d‘un moteur électrique et d‘un moteur à essence. Plus écologique, moins polluante, la voiture "hybride" est la voiture du milieu. Du non-choix ou du pari ? L’hybridité, c’est étonnamment un choix qui conduit c à une dualité qui vaut neutralité. Puisque, au z final, 1 + 1 = 1. Le mieux mais donc pas l'idéal. I. Il est VOL une, idée.. dans le réel. C'est VOL.. la... même vieille... histoire qui donne la mi portion de la figue une saveur qui n'a, sans certitude du demi de la figue sans la certitude du raisin. Le « je ne pollue pas » c'est-à-dire « enfin pas tout à fait » installe les voitures hybrides dans la catégorie des fourre-tout du prêt à militer pour le mieux se sentir en accord avec... Avec quoi ? L'hybridité, L‘hybridité, un mot tout terrain pour en dire plus que les simples, 40 | Printemps 2013 - SignéBarrière
tendances tendances apparences  : comme la "céli-battante" qui lutte contre le célibat, l'"adul-escent" qui ferraille chez papa et maman contre un acné tenace malgré une majorité avérée. L'hybride est la contraction de deux univers  : en valorisant l’un et l’autre, il ne privilégie pas l’un sur l’autre. Comme le signe d'un temps qui ne se résigne pas à choisir entre hier et demain ? Le 21 ème siècle sera-t-il hybride ? Signé Barrière a recueilli les propos d’Etienne Candel, Maître de conférences au CELSA Paris-Sorbonne et Chercheur au GRIPIC (Groupe de recherches interdisciplinaires sur les processus d’information et de communication) Sur le fond, en tant que phénomène, l’hybridité a toujours existé, dans le vivant, mais aussi dans la culture  : un objet culturel est toujours un objet hybride, c’est même en tant que tel qu’il est hybride, qu’il est culturel… Pas de culture sans circulation entre les hommes, pas de circulation sans que les idées et les valeurs se transforment par hybridation ; et dès qu’il y a production, échange, circulation, il y a processus de transformation. Le terme lui-même d’hybridité apparaît au XIXe siècle, d’abord pour catégoriser et classer les espèces en sciences naturelles. Par extension, il a ensuite glissé du domaine scientifique pour définir aujourd’hui au figuré ce qui a une origine ou une composition mal définie, et ce qui participe d’origines hétérogènes. S’il s’agit donc d’un phénomène qui a toujours existé, c’est la valeur que le monde contemporain donne à l’hybridité comme notion qui est plus spécialement significative. Le monde d’aujourd’hui investit positivement la notion d’hybridité, le processus d’hybridation, et cela signale quelque chose… Ainsi par exemple, nous avons tendance à nous approprier des objets « d’ailleurs », à consommer du métissage, à engager donc par notre consommation des mises en image du mélange, de l’hétérogénéité, de la création composite. La consommation nous offre ainsi un lieu de réalisation commode et facile de formes d’hybridité mises en spectacle. Baudrillard pourrait dire que nous sur-jouons l’acquisition d’éléments de cultures étrangères sans jamais véritablement les accepter  : le Phô que nous dégustons dans un restaurant Vietnamien ne contient déjà plus les tripes du plat original, le fait qu’il contienne du bœuf-muscle pour s’adapter au palais français est le signe d’une d’hybridation assez satisfaisante culturellement, et tout à la fois assez sécurisante. Dans l’univers du marketing et de la communication, la valorisation de l’hybridité permet de dresser l’image d’un consommateur touche-à-tout, cultivé, cosmopolite, qui « butinera » ici et là ses objets de consommation. Construire sur la notion d’hybridité une pratique de consommation, c’est donner de lui-même à ce consommateur avide de diversité et de contact une image positive, faite de curiosité, d’hédonisme, d’élégance, de facilité, etc. Des images qui correspondent très bien aux univers urbains contemporains, par exemple  : le réinvestissement de quartiers populaires par les bourgeois bohème en est un bon exemple. A la question « l’hybridité est elle une valeur d’avenir ? » on ne peut pas vraiment répondre, ou de façon tautologique  : l’hybridité n’a aujourd’hui pour pouvoir spécifique que celui que lui donne le marketing dans ses arguments et sa stratégie. Il pourra se tourner par exemple vers des notions de liberté ou de responsabilité avec la même vigueur. SignéBarrière - Printemps 2013 | 41



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