Science & Santé n°44 sep/oct/nov 2019
Science & Santé n°44 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°44 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 13,5 Mo

  • Dans ce numéro : dépasser l'incertitude.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Insermle magazine 22 #44 têtes chercheuses L’instant où... En France, un enfant de moins de trois ans sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté, et présente un risque accru de surpoids. L’épidémiologiste Sandrine Lioret étudie ce qui peut être fait dès la grossesse pour enrayer ces inégalités sociales. Une démarche saluée par le prix Guy-Demarle Enfance & Bien-manger, sous l’égide de la Fondation de France. Après ma thèse en épidémiologie, je souhaitais étudier les déterminants précoces – avant l’âge de trois ans – des inégalités sociales du surpoids de l’enfant, et m’orienter vers des actions de santé publique. En 2010, pour mon post-doctorat, j’ai donc rejoint l’Institute for Physical Activity and Nutrition de l’université Deakin en Australie, un pays dynamique en « recherche-action ». J’y ai collaboré notamment à l’étude InFANT, qui a évalué l’efficacité d’un programme nutritionnel mis en œuvre pendant quinze mois auprès de parents et de leur premier enfant âgé de 4 mois à l’inclusion. Cette expérience a conforté mon intérêt pour la prévention précoce des inégalités sociales et la recherche interventionnelle en santé publique. C’est pourquoi, lors de mon retour en France en 2013, j’ai rejoint l’équipe de Marie-Aline Charles au Centre de recherche en épidémiologie et statistiques (CRESS) à Paris, pionnière dans la recherche sur les origines précoces de la santé, afin d’y déployer l’Étude clinique alimentation infantile (Ecail). Cet essai vise à évaluer un programme existant d’accompagnement nutritionnel de familles en situation de précarité. Un groupe bénéficie du programme, l’autre non, ce qui permettra d’établir son efficacité. Au total, 800 futures mamans seront recrutées lors de leur troisième trimestre de grossesse et suivies jusqu’aux deux ans de leur enfant. D’ores et déjà, le quart des familles a été inclus, mais il faudra attendre encore plusieurs années avant de « Cette expérience a conforté mon intérêt pour la prévention précoce des inégalités sociales » Coll. privée Sandrine Lioret unité 1153 Inserm/Université Paris Diderot/Université Paris 13/Université Paris Descartes/Inra, CRESS publier les résultats de l’essai. Le prix de la fondation Guy-Demarle Enfance & Bien-manger est donc bienvenu car c’est la reconnaissance de notre investissement dans un projet très long. Propos recueillis par Françoise Dupuy Maury Marie-Aline Charles  : unité 1153 Inserm/Université Paris Diderot/Université Paris 13/Université Paris Descartes/Inra 2S. Lioret et al. Int J Behav Nutr Phys Act., 28 août 2012 ; doi  : 10.1186/1479-5868-9-100 2K. J. Campbell et al. Pediatrics, 4 mars 2013 ; doi  : 10.1542/peds.2012-2576 A. Borkowski/Adobe Stock
RAJEUNIR LA MÉMOIRE VIEILLISSANTE, C’EST POSSIBLE ! En stimulant le système d’autonettoyage de nos cellules cérébrales, Manon Rivagorda a réussi à rajeunir la mémoire déclinante de souris âgées. Ces résultats lui ont valu le prix Jeune Chercheur « Bien vieillir, bien vivre » 2018 de la fondation Paris Descartes. En vieillissant, la mémoire décline. La faute à quoi ? Sans doute à une baisse de l’autophagie, le système d’auto-nettoyage de nos cellules qui évite l’accumulation toxique de protéines malformées, dans l’hippocampe, une région clé du cerveau pour la mémoire. Un phénomène observé par Manon Rivagorda, étudiante en thèse dans l’équipe de Franck Oury à l’Institut Necker-Enfants malades, et dont elle a montré, en outre, la réversibilité. « Avec Mélissa Glatigny, ingénieure de recherche, et Stéphanie Moriceau, post-doctorante, nous avons tout d’abord réussi à améliorer la mémoire de souris âgées en leur injectant dans l’hippocampe une petite protéine – TAT-Beclin 1 (transactivator of transcription-Beclin 1) – connue pour déclencher l’autophagie, explique la chercheuse. Puis, nous avons utilisé l’ostéocalcine, une hormone produite par les os. Le laboratoire avait déjà établi que celle-ci rajeunissait la mémoire, mais on ne savait pas comment. Or, nos travaux montrent qu’elle booste l’autophagie dans l’hippocampe. À l’inverse, quand on bloque l’autophagie chez les souris, l’hormone est sans effet sur leur mémoire. » Ces résultats ont donné lieu à une publication et ont été salués par le prix Jeune Chercheur « Bien vieillir, bien vivre » 2018 de la fondation Paris Descartes. En à têtes chercheuses premier succès Manon Rivagorda unité 1151 Inserm/CNRS/Université Paris Descartes, Institut Necker-Enfants malades peine deux années de thèse, cosigner un article et obtenir un prix, « c’est très encourageant ! Les 2 000 euros de la dotation vont notamment me permettre de participer à un grand congrès à l’étranger, reconnaît Manon Rivagorda ravie. Mais ma thèse n’est pas finie. Nous allons maintenant tenter d’identifier la cascade d’évènements induite par l’ostéocalcine, qui aboutit à une augmentation de l’autophagie. » Françoise Dupuy Maury Franck Oury, Mélissa Glatigny, Stéphanie Moriceau  : unité 1151 Inserm/CNRS/Université Paris Descartes 2M. Glatigny et al. Curr Biol., 17 janvier 2019 ; doi  : 10.1016/j.cub.2018.12.021 Insermle magazine #44 23 Inserm/François Guénet



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