Science & Santé n°43 jun/jui/aoû 2019
Science & Santé n°43 jun/jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de jun/jui/aoû 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 15 Mo

  • Dans ce numéro : le coeur, un organe sensible.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Insermle magazine 44 #43 Vie de l’insermInserm/Frédérique Koulikoff d’après Fotolia INFORMATION SCIENTIFIQUE Pour une communication éthique À l’heure où les informations scientifiques erronées ou mensongères se transmettent librement, le comité d’éthique de l’Insermconsacre sa sixième journée annuelle à l’éthique de la communication. À cette occasion, Hervé Chneiweiss, chercheur en neurobiologie et président du comité d’éthique de l’Inserm, et Didier Pourquery, président du site d’information et d’analyse de l’actualité The Conversation France*, partagent ici leur vision sur le rôle des médias et des revues scientifiques. Pourquoi l’éthique de la communication est-elle un enjeu aujourd’hui ? Hervé Chneiweiss  : La communication des résultats scientifiques a toujours été au cœur de l’activité des chercheurs  : c’est par elle que nos résultats sont validés lorsqu’ils sont reproductibles. Mais publier dans de grandes revues scientifiques facilite aussi le financement de nouveaux projets et la reconnaissance des pairs. Ce qui a pu inciter à des fraudes ou à des arrangements avec la science. De tels manquements à l’intégrité minent la confiance de la société à l’égard des chercheurs. Didier Pourquery  : Or la société vit un moment paradoxal de son histoire  : elle n’a jamais eu accès à autant de savoirs, mais elle est en même temps assaillie d’affirmations « alternatives » sur les acquis de la science. Dans cette ère de post-vérité, qui profite de la vitesse des réseaux sociaux, une information honnête et de qualité est indispensable, surtout dans les domaines qui touchent à la santé ou à la planète. La presse et les revues scientifiques peuvent-elles jouer ce rôle ? D. P.  : Oui. La curiosité est un pilier du journalisme. Notre responsabilité est de questionner sans cesse les données et leur interprétation en sollicitant modestement les spécialistes les plus à même de répondre à nos questions. Les journalistes qui le font éclairent leur public. Tandis que ceux qui jouent aux experts accroissent la méfiance envers les médias. H.C.  : Une bonne revue scientifique garantit en principe une expertise plurielle et de qualité par les pairs, dont l’analyse critique mériterait par ailleurs d’être publiée. Ce filtre permet aussi de hiérarchiser la valeur des résultats. D’ailleurs, si tout devient accessible Le comité d’éthique de l’Inserma organisé, le 12 juin dernier, sa 6 e journée sur le thème « L’éthique de la communication scientifique ; construction, diffusion, usage et valorisation ». k Inserm/François Guénet Hervé Chneiweiss président du comité d’éthique de l’InsermDidier Pourquery président de The Conversation France Philippe Matsas/Opale/Leemage/Ed. Robert Laffont sans évaluation préalable dans des archives ouvertes, comment nous orienterons-nous ? C’est une vraie question. Alors comment transmettre la complexité des résultats scientifiques ? D. P.  : Avec générosité ! Le journaliste a pour immense défi de trouver pour son public des formes d’expression simples, fiables et captivantes  : blogs, infographies, chaînes vidéo… Il peut aussi s’allier aux chercheurs pour diffuser la science et l’esprit critique – comme le font les 70 000 enseignants-chercheurs et les 100 journalistes qui collaborent sur la plateforme mondiale The Conversation. H.C.  : Quel langage commun adopter pour parler de science avec le public ? Journalistes, public et chercheurs doivent être mieux formés à nos méthodes et toujours garder un œil critique, notamment sur les statistiques. Prudence  : ne donnons pas de faux espoirs en négligeant la complexité du vivant et des questions de santé ! Ces problématiques multidisciplinaires nécessitent des recherches en communication de la complexité. Propos recueillis par Nicolas Rigaud * Le partenariat entre l’Insermet The Conversation France offre un canal médiatique aux chercheurs de l’Institut. inserm.fr theconversation.com/fr
Associations de malades Comprendre le corps exposé Le 12 avril, une nouvelle session du séminaire Inserma eu lieu sur le thème « Santé et environnement ». Retour sur un événement unique en son genre avec Marion Mathieu, biologiste et formatrice scientifique au sein de l’association Tous chercheurs. « Former les personnes malades est indispensable pour qu’elles puissent s’approprier l’actualité de la recherche et en accepter les incertitudes. Pour cela, nous leur fournissons des clés de compréhension, des outils qui leur permettent de prendre la mesure de la complexité des relations qui unissent le corps humain et son environnement », explique Marion Mathieu, qui organise des formations pour les représentants d’associations depuis 2005. Le propre du séminaire est d’abord d’interroger les préjugés des participants sur les facteurs environnementaux et les modes de vie dont l’effet délétère sur la santé est avéré. « Ils ont été surpris d’apprendre que le stress Cette année, pour la première fois, l’Insermintègre les risques psychosociaux dans le cadre de sa campagne annuelle d’évaluation des risques. Audelà de cette obligation légale, les directeurs d’unité pourront instaurer une politique de prévention primaire sur leur site. Courant juin, ils enverront aux agents de leur structure un n’est pas cancérogène, contrairement à l’alcool, poursuit-elle. Cette approche permet d’introduire les notions de facteur de risque et de niveau de preuve, indispensables pour s’orienter dans la manne d’informations sur les maladies d’origine environnementale en gardant un œil critique. » Le séminaire jette les bases d’une classification des agents biologiques, physiques, chimiques responsables de ces maladies – ainsi que leurs modes d’action. Mais ce n’est pas suffisant pour comprendre, par exemple, l’effet des polluants sur les populations. « Nous ne pouvons pas nous contenter d’aborder les problématiques épidémiologiques comme si elles étaient distinctes des questions de société. Pour cela, j’utilise des exemples historiques pour expliquer la survenue des crises sanitaires, ou encore les effets du lobbying industriel sur la recherche et le marché du PRÉVENTION DES RISQUES PSYCHOSOCIAUX L’Inserms’engage questionnaire en ligne, accessible via un lien garantissant l’anonymat des participants. Les réponses aux 55 items extraits du questionnaire du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation feront l’objet d’un traitement automatique. Au final, chaque directeur disposera d’un diagnostic de Adobe Stock médicament », précise Marion Mathieu. Outre un éclairage terminologique et scientifique, l’événement permet à des associations représentant des maladies différentes de se rencontrer. Grâce à ce temps d’échange, elles peuvent se faire bénéficier mutuellement de leur expérience juridique, scientifique, politique, ce qui contribue parfois au développement de fédérations ou de systèmes de tutorat. Un bénéfice aussi important, sans doute, que celui qui dérive de l’érudition. M. S. touschercheurs.fr inserm.fr/information-en-sante/seminaires la situation de sa structure, qui constituera l’onglet « risques psychosociaux » de son document unique d’évaluation des risques professionnels. Grâce à cet état des lieux, les agents travailleront ensuite collectivement sur un plan d’action afin d’améliorer leurs conditions de travail. Un guide méthodologique les accompagnera durant cette étape. Tout au long de la démarche, les structures de recherche trouveront appui et conseil auprès de leur délégation régionale. M.-C. F. intranet.inserm.fr EN BREF Plan stratégique Le travail collectif est engagé Le plan stratégique Inserm2020 s’achève bientôt et la réflexion collective pour bâtir le prochain plan s’engage. Le nouveau document guidera l’action scientifique et institutionnelle de l’Insermpour les prochaines années. Le conseil de direction et les délégués régionaux ont formulé neuf thématiques et créé autant de groupes de réflexion. La rubrique dédiée sur l’intranet de l’Institut sera le carrefour des informations enrichies jusqu’à la fin du travail en décembre 2019. N’hésitez pas à la consulter régulièrement pour contribuer à cet exercice collectif. M.-C. F. intranet.inserm.fr À paraître Rapport d’activité 2018 Le rapport d’activité 2018 paraîtra début juillet. Audelà du bilan des actions de l’année écoulée, vous y retrouverez des thématiques stratégiques et sociétales ainsi que les grandes découvertes scientifiques. Bonne lecture ! M.-C. F. Disponible début juillet sur inserm.fr Insermle magazine #43 45



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