Science & Santé n°43 jun/jui/aoû 2019
Science & Santé n°43 jun/jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de jun/jui/aoû 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 15 Mo

  • Dans ce numéro : le coeur, un organe sensible.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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36 Insermle magazine #43 reportage Alice Bomboy Photos  : François Guénet RÉPONSES IMMUNITAIRES CHEZ LES MOUSTIQUES DES MOUSTIQUES ET DES HOMMES À Strasbourg, l’insectarium du laboratoire Moustiques est flambant neuf. Inauguré en 2018, il accueille une dizaine de scientifiques… et des milliers de moustiques. Ceux-ci sont principalement du genre Anopheles, connu pour être le vecteur de Plasmodium, un ensemble de parasites à l’origine du paludisme. Cette maladie, une des « trois grandes tueuses », aux côtés du sida et de la tuberculose, a affecté pas moins de 219 millions de personnes et tué 435 000 malades en 2017, notamment en Afrique subsaharienne. L’insectarium héberge également des colonies d’Aedes, vecteur des virus de la dengue, Zika et Chikungunya. Ces moustiques ne sont pas de simples seringues volantes, offrant des parasites ou des virus aux humains en échange d’un repas de sang. « Ils combattent aussi les pathogènes, explique Stéphanie Blandin, directrice de l’équipe Réponses immunitaires chez les moustiques. Grâce à leurs particularités génétiques, certains sont capables de bloquer le développement des pathogènes dès le début de l’infection. Ainsi, lors du repas suivant, ils ne transmettent pas la maladie ». Ces capacités de neutralisation des pathogènes intéressent les spécialistes strasbourgeois. « L’idée est d’étudier quels gènes sont impliqués dans la résistance ou la sensibilité parasitaire chez les anophèles, et dans la réponse antivirale des Aedes. Une fois ces gènes identifiés, nous mettons au point des outils permettant de modifier génétiquement les moustiques – on parle de transgénèse – pour comprendre comment ceux-ci interagissent avec les pathogènes en fonction de leur bagage génétique », poursuit la chercheuse. À terme, on peut envisager la production de moustiques incapables de transmettre la maladie aux humains, et que l’on lâcherait dans la nature afin de supplanter les moustiques infectieux. Cette approche, encore jamais testée grandeur nature, devra avant tout montrer qu’elle est aussi efficace qu’inoffensive. Réponses immunitaires chez les moustiques  : unité 1257 Inserm/Université de Strasbourg/CNRS
Observée à la loupe binoculaire, cette larve de moustique apparaît fluorescente  : c’est la preuve que c’est un spécimen transgénique, car lors de l’insertion ou de la suppression d’un gène dans son génome, elle a aussi reçu un gène codant pour une protéine fluorescente. Celle-ci peut être rouge, verte ou bleue – une différence qui permet aux chercheurs de classer les individus suivant la modification génétique qu’ils ont subie. Insermle magazine #43 37 Éric Marois, chargé de recherche, aux côtés de Stéphanie Blandin, qui dirige l’équipe Réponses immunitaires chez les moustiques du laboratoire strasbourgeois. Ces chercheurs travaillent depuis 2006 sur la réponse antiparasitaire d’Anopheles gambiae, un des moustiques vecteurs du paludisme. L’élevage des anophèles est au cœur du travail du laboratoire. Nathalie Schallon, technicienne, porte une des cages contenant les moustiques adultes. Ceux-ci sont élevés dans des chambres climatiques maintenues à 26-27°C avec une humidité de 75% reproduisant les conditions naturelles des zones intertropicales où ils vivent habituellement.



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