Science & Santé n°43 jun/jui/aoû 2019
Science & Santé n°43 jun/jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de jun/jui/aoû 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 15 Mo

  • Dans ce numéro : le coeur, un organe sensible.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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18 Insermle magazine #43 + ISRAËL GREFFE CARDIAQUE Un mini-cœur imprimé en 3D à partir de cellules humaines Transplanter un cœur chez une personne en insuffisance cardiaque terminale est complexe, compte tenu de la rareté des dons et du risque de rejet de greffon. Tal Dvir, du département des sciences des matériaux et d’ingénierie de l’université de Tel-Aviv, et ses collègues ont montré que le projet de synthétiser BÉBÉ BULLE Un vecteur thérapeutique issu du VIH Chaque année, un enfant sur 200 000 naît avec un déficit immunitaire combiné sévère lié à l’X (DICS-XI) le rendant vulnérable à tout type de microbes. Comme la greffe de moelle osseuse n’est possible que pour 20% d’entre eux, les chercheurs investissent la piste de la thérapie génique. Ici, l’enjeu est d’insérer une copie normale du gène déficitaire IL2RG dans l’ADN des cellules souches du sang pour restaurer l’immunité du patient tout en le préservant d’effets secondaires graves, comme la survenue d’une leucémie. L’équipe de Brian Sorrentino de l’hôpital pour enfants Saint-Jude de Memphis a montré, dans un essai clinique incluant 8 nourrissons âgés de 2 à 14 mois, que le vecteur lentiviral LVXSCID-ND, une version modifiée et inoffensive du VIH, transférait efficacement le gène thérapeutique. Si les enfants sont en bonne santé plus de 18 mois après la thérapie, ils devront être suivis sur le long terme pour vérifier, entre autres, la persistance du gène transféré. 2E. Mamcarz et al. N Engl J Med., 18 avril 2019 ; doi  : 10.1056/NEJMoa1815408 NorGal/Adobe Stock actualités c’est ailleurs page réalisée par Julie Paysant in vitro un cœur vivant fonctionnel et compatible n’est peut-être pas une utopie. De manière inédite, ils ont réussi à imprimer un cœur vascularisé, de 1,4 centimètre de diamètre, à partir de cellules prélevées au niveau du tissu adipeux d’un donneur. Après une reprogrammation puis une différenciation + + ÉTATS-UNIS ROYAUME-UNI SCLÉROSE EN PLAQUES Du cacao pour l’endurance Neuf personnes sur dix diagnostiquées avec une sclérose en plaques ressentent une faiblesse physique et mentale. Comment lutter contre cette fatigue le plus naturellement possible ? Selon Helen Dawes du centre de nutrition et de santé de l’université Brookes d’Oxford et ses collègues, manger du chocolat noir, riche en molécules anti-oxydantes comme les flavonoïdes, pourrait être un bon réflexe diététique. Leur étude sur 40 patients pendant 6 semaines a montré qu’une consommation journalière de boisson chocolatée diminuait la fatigue et améliorait la résistance à l’effort. Reste à valider ces résultats sur un nombre plus important de patients. 2S. Coe et al. J Neurol Neurosurg Psychiatry, 4 mars 2019 ; doi  : 10.1136/jnnp-2018-319496 cellulaire, ils ont obtenu des cardiomyocytes, ou cellules musculaires cardiaques, et des cellules endothéliales, dont le rôle est de tapisser la face interne des artères et d’assurer des fonctions vasculaires. En associant ces deux types cellulaires avec un gel aqueux composé de molécules du donneur, ils ont obtenu deux encres biologiques prêtes à prendre la forme d’un prototype de cœur grâce à l’impression 3D. Prochaine étape  : vasculariser plus finement le mini cœur et améliorer la synchronisation Sushytska/Adobe Stock de l’activité contractile des cardiomyocytes. 2N. Noor et al. Adv Sci., 15 avril 2019 ; doi  : 10.1002/advs.201900344 Mini-cœur réalisé grâce à une imprimante 3D à partir des cellules d’un patient ALLEMAGNE SANTÉ CARDIORESPIRATOIRE La pollution de l’air plus meurtrière que prévu Pour chiffrer précisément l’impact de la pollution de l’air sur la santé, l’équipe de Thomas Münzel, du centre médical universitaire Johannes-Gutenberg et du centre allemand de recherche cardiovasculaire de Mayence, a utilisé un nouvel outil statistique fondé sur une quarantaine d’études épidémiologiques réalisées dans 16 pays. En combinant ce modèle mathématique des risques de mortalité avec des données d’exposition à la pollution de l’air dans l’Union européenne, elle a déduit que 659 000 personnes décédaient chaque année à cause de cet air vicié, dont 132 000 de maladies respiratoires. Ainsi, la surmortalité globale est 65% supérieure aux dernières estimations de l’Agence européenne de l’environnement. En outre, 15 à 28% des décès liés aux maladies cardiovasculaires en Europe seraient provoqués par l’air que l’on respire. Plus de la moitié de cette surmortalité serait évitable sans les énergies fossiles. 2J. Lelieveld et al. Eur Heart J., 12 mars 2019 ; doi  : 10.1093/eurheartj/ehz135 k Noor et al./Adv. Sci. 2019-CC BY 4.0
EBOLA Un talon d’Achille dans les trois souches létales du virus Pour lutter contre le virus Ebola, l’une des pistes est de développer un anticorps neutralisant qui inhiberait sa réplication chez les malades, quelle que soit la souche. C’est dans cet espoir que l’équipe de Kartik Chandran à l’université de médecine Albert-Einstein de New York s’est penchée sur la structure de l’anticorps ADI-15946 isolé chez un survivant de l’épidémie de 2013-2016 en Afrique de l’Ouest. Celui-ci parvient à neutraliser les souches Zaïre et Bundibugyo, mais pas la souche Soudan. Pourquoi ? LE POINT AVEC A. WiedemannAurélie Wiedemannchercheuse au Vaccine Research Institute et à l’Institut Mondor de recherche biomédicale En quoi la découverte de cet anticorps chez ce survivant représente un véritable enjeu médical ? Aurélie Wiedemann  : Il faut savoir que les stratégies thérapeutiques actuelles, qui consistent à injecter des anticorps neutralisants, comme le ZMapp, ne sont efficaces que sur la souche virale Zaïre, En caractérisant par cristallographie l’agencement de l’ADI-15946 avec les virus, les chercheurs ont identifié une région virale communément ciblée. En se fixant au niveau de cette poche encastrée d’une protéine de surface du virus, l’ADI-15946 empêche l’infection de la cellule hôte. Pour aller plus loin, les chercheurs ont réussi à le modifier pour lui donner la capacité de bloquer aussi la souche Soudan. Reste à exploiter cette faille virale dans un objectif thérapeutique. 2B. R. West et al. Nat Struct Mol Biol., 4 mars 2019 ; doi  : 10.1038/s41594-019-0191-4 Brandyn R. West et al. 2019, Springer Nature responsable de l’épidémie de 2013-2016 et de celle qui sévit actuellement en République démocratique du Congo. Les deux autres souches, Bundibugyo et Soudan, à l’origine d’autres épidémies par le passé, sont toujours susceptibles de réémerger. Aujourd’hui, le besoin médical est de générer des anticorps in vitro capables de lutter contre plusieurs souches. Ici, les chercheurs ont réussi une première étape qui pourra répondre à ce besoin  : modifier in vitro un anticorps de survivant et montrer son efficacité dans des conditions artificielles. Peut-on espérer de prochaines applications cliniques ? A. W.  : Deux stratégies sont envisageables  : l’injection d’anticorps neutralisants pour traiter les malades et le développement d’un vaccin préventif afin de limiter la propagation du virus pendant l’épidémie. Dans un but curatif, il faudra s’assurer d’être capable de produire l’anticorps in vitro à grande échelle et de l’intégrer dans une combinaison d’anticorps qui agissent en synergie contre le virus. Les chercheurs montrent d’ailleurs que son association avec l’anticorps FVM09 permet d’accroître sa capacité de neutralisation. Ceci serait dû au fait que ce dernier rend plus accessible le site ciblé par l’ADI-15946. Pour développer un vaccin, il sera nécessaire de trouver des antigènes qui permettront, une fois injectés dans k l’organisme, de produire naturellement ce type d’anticorps neutralisant. Les chercheurs suggèrent d’ailleurs, entre autres, de développer des antigènes capables de mimer la région qui fait écran au site ciblé par l’ADI-15946. Au sein du consortium de recherche sur les maladies infectieuses REACTing, vous étudiez également de nouvelles pistes thérapeutiques. Quelles sont-elles ? A. W.  : Notre équipe se focalise sur l’étude des lymphocytes T qui jouent un rôle important dans la réponse immunitaire contre le virus. Un vaccin efficace devrait induire la production d’anticorps mais aussi une réaction spécifique des lymphocytes T. Actuellement, nous étudions cette réponse dans un sous-groupe de participants de l’essai clinique PREVAC/PREVAC-up après vaccination, ainsi que chez des survivants de l’épidémie (cohorte Postebogui en Guinée). L’essai clinique PREVAC en Guinée évalue la tolérance et la réponse immunitaire de deux vaccins préventifs. Dans sa continuité, le projet PREVAC-up va suivre, pendant 5 ans, 2 800 participants de Guinée, du Libéria, de Sierra Leone et du Mali. Propos recueillis par Julie Paysant Aurélie Wiedemann  : unité 955 Inserm/Université Paris-Est Créteil – CNRS/EFS/ENS/ENV, Institut Mondor de recherche biomédicale, équipe Physiopathologie et immunothérapies dans l’infection VIH + Insermle magazine #43 19 ÉTATS-UNIS L’anticorps ADI-15946 (à gauche, en jaune) vient se fixer dans une poche encastrée de la sous-unité (bleu foncé) de la glycoprotéine de surface.



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